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Recherches santé · Tête et moral

Stress

Aussi : stress chronique, surmenage, épuisement professionnel, burn-out

Le stress est une réaction normale et utile, qui devient un problème quand il s'installe sans répit. Voici ce qui aide selon les études, ce qui reste fragile et les signes d'épuisement qui doivent faire consulter.

🔬 Ce que dit la science

Bouger régulièrement chaque semaine

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande une activité physique régulière à tous les adultes et cite parmi ses bénéfices la baisse des symptômes d'anxiété et de dépression. Une vaste synthèse de 2023 confirme un effet sur la détresse psychologique, quel que soit le type d'activité.

Recommandé · OMS 2020

Repérer l'épuisement professionnel tôt

La Haute Autorité de santé (HAS) décrit le burn-out comme un épuisement physique, émotionnel et mental lié à un investissement prolongé dans un travail exigeant. Elle recommande un repérage par le médecin traitant, qui coordonne la prise en charge et agit aussi sur les conditions de travail.

Recommandé · HAS 2017

Méditation de pleine conscience (MBSR)

Une méta-analyse de 29 études chez des adultes en bonne santé montre que le programme de réduction du stress par la pleine conscience (MBSR, huit semaines) diminue le stress perçu, avec un effet modéré. Les études étaient de qualité variable.

Étudié · Khoury 2015

Exercices de respiration

Une méta-analyse de 12 essais (785 adultes) associe les exercices de respiration à un stress ressenti plus bas, avec un effet faible à moyen. Mais un grand essai des mêmes auteurs n'a pas trouvé la « cohérence cardiaque » supérieure à une respiration placebo : le rythme précis compte sans doute peu.

Étudié · Fincham 2023

Ashwagandha, des essais mais des réserves

Une méta-analyse de 12 essais (environ 1 000 adultes) rapporte une baisse du stress et de l'anxiété, sur des durées courtes et avec des essais souvent petits. L'ANSES déconseille l'ashwagandha pendant la grossesse et l'allaitement, avant 18 ans, en cas de maladie de la thyroïde, du foie ou du cœur, ou avec un traitement sédatif.

Étudié · Akhgarjand 2022, ANSES 2024

Magnésium contre le stress

Une revue systématique trouve des résultats suggestifs chez les personnes anxieuses ou stressées, mais à partir d'études peu nombreuses et de faible qualité. L'effet du magnésium sur le stress n'est donc pas établi.

Peu étudié · Boyle 2017

🥗 Dans l’assiette · NutriLoupe

Magnésium pour une portion, fruits et légumes de saison en novembre (Ciqual, ADEME). Légumes verts, légumes secs, oléagineux et céréales complètes apportent du magnésium : un apport suffisant est utile, même si son effet sur le stress reste peu

🔎 Les plus riches en magnésium

☯️ La médecine chinoise

La tradition relie d'abord le stress à la stagnation du Qi du Foie : l'énergie circule mal, d'où irritabilité, soupirs, tension dans la poitrine ou les côtes. Prolongée, elle peut se transformer en Feu du Foie ou épuiser la Rate et le Cœur, qui « abrite » l'esprit, le Shen.

Buplèvre (racine) (chai hu)

Amer, piquantLégèrement froidFoie · Vésicule biliaire

Science : peu étudié

Rose de Chine (bouton floral) (mei gui hua)

Doux, légèrement amerTièdeFoie · Rate

Science : peu étudié

Albizzia (écorce) (he huan pi)

DouxNeutreCœur · Foie · Poumon

Science : peu étudié
Tradition · pas une preuve d’efficacité

Consultez sans attendre Si vous avez des idées de suicide, appelez le 3114 (prévention du suicide, 24 h/24) ou le 15 ; appelez aussi le 15 si le stress s'accompagne d'une douleur dans la poitrine, d'un essoufflement ou d'un malaise ; consultez rapidement si l'épuisement vous empêche de travailler ou de dormir depuis plusieurs semaines, ou si vous recourez de plus en plus à l'alcool, aux médicaments ou à d'autres substances.

Ce qui se passe dans le corps

Le stress est une réaction d’adaptation. Face à une menace ou à une exigence, le cerveau active deux systèmes. Le premier, rapide, libère l’adrénaline : le cœur accélère, la respiration s’emballe, les muscles se tendent. Le second, plus lent, passe par l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien, une chaîne de glandes qui aboutit à la sécrétion de cortisol, l’hormone qui mobilise l’énergie.

Ce système est utile sur une courte durée. Le problème naît quand il reste allumé des semaines ou des mois, sans phase de récupération. On parle alors de stress chronique. Il s’accompagne souvent de troubles du sommeil, d’irritabilité, de tensions musculaires, de maux de tête et de difficultés de concentration.

Les causes les plus fréquentes

Le travail arrive en tête : charge élevée, manque d’autonomie, conflits, absence de reconnaissance. S’y ajoutent les difficultés financières, les problèmes de couple ou de famille, la maladie d’un proche. Quand le stress lié au travail s’installe, il peut évoluer vers le syndrome d’épuisement professionnel, ou burn-out. La Haute Autorité de santé (HAS) le décrit comme un épuisement physique, émotionnel et mental lié à un investissement prolongé dans un travail exigeant. Ce n’est pas une maladie au sens des classifications, mais il peut cacher ou entraîner une dépression ou un trouble anxieux.

Ce qui aide, selon les études

Bouger. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande à tous les adultes une activité physique régulière. Elle cite parmi les bénéfices la baisse des symptômes d’anxiété et de dépression. Une vaste synthèse de 2023, qui regroupe près d’une centaine de revues, confirme une amélioration de la détresse psychologique, avec la marche, le renforcement musculaire ou le yoga.

La pleine conscience. Le programme MBSR, pour mindfulness-based stress reduction, dure huit semaines. Il associe méditation, attention au corps et exercices doux. Une méta-analyse de 2015 chez des adultes en bonne santé montre une baisse modérée du stress perçu.

La respiration. Une méta-analyse de 2023 associe les exercices de respiration à un stress ressenti plus bas, avec un effet faible à moyen. Un grand essai mené ensuite par la même équipe nuance ce résultat : la « cohérence cardiaque », qui ralentit la respiration à environ cinq cycles par minute, n’a pas fait mieux qu’une respiration placebo. Prendre un temps calme pour respirer peut aider, mais le rythme exact compte sans doute peu.

L’ashwagandha. Cette plante de la médecine ayurvédique est très en vogue. Une méta-analyse de 2022 réunissant 12 essais rapporte une baisse du stress et de l’anxiété, sur des durées courtes et avec des essais souvent petits. L’ANSES, l’agence française de sécurité sanitaire, la déconseille dans un avis de 2024 pendant la grossesse et l’allaitement, avant 18 ans, en cas de maladie de la thyroïde, du foie ou du cœur, ou avec un traitement sédatif. Les données ne permettent pas de définir une consommation sans risque.

Le magnésium. C’est le complément « anti-stress » le plus vendu. Une revue systématique de 2017 trouve des résultats suggestifs, mais à partir d’études peu nombreuses et de faible qualité. Son effet sur le stress n’est donc pas établi. Une alimentation riche en légumes, légumes secs, oléagineux et céréales complètes couvre en général les besoins.

Ce que propose la médecine chinoise

La médecine chinoise est présentée ici comme une tradition, non comme un traitement validé. Elle relie le stress à la stagnation du Qi du Foie : l’énergie circule mal, d’où irritabilité, soupirs et tension dans la poitrine. Prolongée, cette stagnation peut se transformer en Feu ou épuiser la Rate et le Cœur, qui abrite l’esprit, le Shen.

Les plantes classiques sont la racine de buplèvre (chai hu), le bouton de rose de Chine (mei gui hua) et l’écorce d’albizzia (he huan pi). Elles restent peu étudiées selon les standards actuels. Demandez un avis médical avant d’en prendre.

Quand consulter

Parlez-en à votre médecin traitant si le stress dure, abîme votre sommeil ou votre santé, ou si vous vous sentez à bout. La HAS lui confie le repérage du burn-out et la coordination de la prise en charge, y compris sur le plan du travail. Si vous avez des idées de suicide, appelez le 3114, numéro national de prévention du suicide joignable 24 h/24, ou le 15. Appelez aussi le 15 en cas de douleur dans la poitrine, d’essoufflement ou de malaise. Consultez rapidement si l’épuisement vous empêche de travailler ou de dormir depuis plusieurs semaines, ou si vous recourez de plus en plus à l’alcool ou aux médicaments.

À retenir

  • Le stress est utile à court terme ; c’est sa chronicité qui pose problème.
  • L’activité physique est recommandée par l’OMS et aide aussi le moral.
  • La pleine conscience a fait ses preuves ; la respiration aide, sans technique « magique ».
  • Ashwagandha et magnésium : preuves limitées, et des mises en garde pour l’ashwagandha.
  • Épuisement durable ou idées noires : parlez-en sans attendre, le 3114 répond 24 h/24.

Testez-vous

5 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01L'activité physique aide-t-elle à mieux gérer le stress ?

  2. 02La méditation de pleine conscience a-t-elle été étudiée contre le stress ?

  3. 03Le magnésium a-t-il fait ses preuves contre le stress ?

  4. 04L'ashwagandha convient-elle à tout le monde ?

  5. 05Que faire en cas d'idées de suicide ?

Pour aller plus loin

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Envoyez-la : ce que dit la science, ce qui aide dans l’assiette, ce qu’en dit la tradition chinoise et les signes qui doivent faire consulter.

Sources

  1. Bull FC, Al-Ansari SS, Biddle S, et al. World Health Organization 2020 guidelines on physical activity and sedentary behaviour. Br J Sports Med. 2020;54(24):1451-1462. doi:10.1136/bjsports-2020-102955
  2. Singh B, Olds T, Curtis R, et al. Effectiveness of physical activity interventions for improving depression, anxiety and distress: an overview of systematic reviews. Br J Sports Med. 2023;57(18):1203-1209. doi:10.1136/bjsports-2022-106195
  3. HAS. Repérage et prise en charge cliniques du syndrome d'épuisement professionnel ou burnout. Fiche mémo, mars 2017
  4. Khoury B, Sharma M, Rush SE, Fournier C. Mindfulness-based stress reduction for healthy individuals: a meta-analysis. J Psychosom Res. 2015;78(6):519-528. doi:10.1016/j.jpsychores.2015.03.009
  5. Fincham GW, Strauss C, Montero-Marin J, Cavanagh K. Effect of breathwork on stress and mental health: a meta-analysis of randomised-controlled trials. Sci Rep. 2023;13:432. doi:10.1038/s41598-022-27247-y
  6. Fincham GW, Strauss C, Cavanagh K. Effect of coherent breathing on mental health and wellbeing: a randomised placebo-controlled trial. Sci Rep. 2023;13. doi:10.1038/s41598-023-49279-8
  7. Akhgarjand C, Asoudeh F, Bagheri A, et al. Does Ashwagandha supplementation have a beneficial effect on the management of anxiety and stress? A systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. Phytother Res. 2022;36(11):4115-4124. doi:10.1002/ptr.7598
  8. ANSES. Avis relatif aux risques liés à l'utilisation des préparations de Withania somnifera (L.) Dunal dans les compléments alimentaires. Saisine n° 2021-SA-0077, avril 2024 — https://www.anses.fr (rechercher « 2021-SA-0077 »)
  9. Boyle NB, Lawton C, Dye L. The effects of magnesium supplementation on subjective anxiety and stress — a systematic review. Nutrients. 2017;9(5):429. doi:10.3390/nu9050429
  10. Maciocia G. The Psyche in Chinese Medicine: Treatment of Emotional and Mental Disharmonies with Acupuncture and Chinese Herbs. Édimbourg : Churchill Livingstone Elsevier ; 2009.
  11. Bensky D, Clavey S, Stöger E. Chinese Herbal Medicine: Materia Medica. 3e éd. Seattle : Eastland Press ; 2004.
  12. Commission de la Pharmacopée chinoise. Pharmacopée de la République populaire de Chine, édition 2020, volume I. Pékin : China Medical Science Press ; 2020.
  13. OMS. CIM-11, chapitre 26 : Affections de la médecine traditionnelle, module I
  14. OMS. Classification internationale des maladies, 11e révision (CIM-11), chapitre 26 : Affections de la médecine traditionnelle, module I

Cette page explique, elle ne remplace pas l’avis d’un médecin. La médecine chinoise y est présentée comme une tradition, pas comme une preuve d’efficacité.

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