Ce qui se passe dans le corps
La plupart des maux de tête du quotidien sont des céphalées de tension. Le mot « céphalée » désigne simplement une douleur de la tête. Celle-ci touche le plus souvent les deux côtés, en étau ou en casque, avec une intensité légère à modérée. Elle ne s’aggrave pas en montant un escalier et donne rarement des nausées. C’est ce qui la distingue de la migraine.
Son mécanisme reste imparfaitement compris. On évoque une sensibilité accrue des muscles du crâne et de la nuque, et une moindre capacité du système nerveux à filtrer les signaux douloureux, surtout quand les épisodes deviennent fréquents. La classification internationale des céphalées (ICHD-3) parle de forme épisodique en dessous de 15 jours par mois, et de forme chronique au-delà, pendant plus de trois mois.
Les causes les plus fréquentes
Les déclencheurs varient d’une personne à l’autre. Les plus souvent cités sont le stress, le manque de sommeil, les longues heures d’écran ou de posture figée, un repas sauté. L’alcool est une cause reconnue : la classification internationale décrit une céphalée induite par l’alcool, immédiate ou du lendemain.
Un piège est fréquent : la céphalée par abus médicamenteux. Prendre des antidouleurs trop souvent, au-delà de 10 à 15 jours par mois selon le produit, peut entretenir les maux de tête au lieu de les calmer. Enfin, une petite part des maux de tête révèle une autre maladie. C’est l’objet des signes d’alerte décrits plus bas.
Ce qui aide, selon les études
Tenir un agenda. Le NICE, l’institut britannique qui publie des recommandations médicales, conseille de noter pendant au moins huit semaines la fréquence, la durée et l’intensité des maux de tête, les médicaments pris et les déclencheurs possibles. C’est l’outil le plus simple pour repérer un abus d’antalgiques ou un facteur récurrent.
L’acupuncture dans la forme chronique. Une revue Cochrane de 2016 conclut que l’acupuncture réduit la fréquence des céphalées de tension fréquentes ou chroniques. Le NICE propose d’envisager jusqu’à dix séances sur cinq à huit semaines.
Les antalgiques courants, ponctuellement. Pour une crise, le NICE retient l’aspirine, le paracétamol ou un anti-inflammatoire. Il déconseille l’aspirine avant 16 ans et les opioïdes dans tous les cas. L’effet du paracétamol reste modeste selon la revue Cochrane de 2016 : il ne supprime la douleur à deux heures que chez une petite partie des personnes de plus qu’un placebo. Le choix se discute avec un médecin ou un pharmacien.
La menthe poivrée sur les tempes. Un petit essai allemand de 1996, mené sur 41 patients, a montré qu’une solution diluée d’huile essentielle de menthe poivrée, appliquée sur le front et les tempes, réduisait l’intensité de la douleur mieux qu’un placebo. C’est encourageant, mais les données restent peu nombreuses.
Boire plus d’eau. Le conseil est très répandu. Pourtant, un essai néerlandais de 2012 sur 102 patients n’a pas montré moins de jours de mal de tête chez ceux qui buvaient davantage, malgré une petite amélioration ressentie de la qualité de vie. Bien s’hydrater reste sain, mais ce n’est pas une solution démontrée.
Ce que propose la médecine chinoise
La médecine chinoise est présentée ici comme une tradition, et non comme un traitement validé. Elle distingue les maux de tête d’origine externe, attribués au Vent associé au Froid ou à la Chaleur, et ceux d’origine interne, comme la montée du Yang du Foie ou le vide de Sang. La localisation de la douleur oriente vers un méridien : le front, les tempes et la nuque n’ont pas la même lecture.
Parmi les plantes classiques figurent le rhizome de livèche de Chine (chuan xiong), la racine d’angélique de Dahurie (bai zhi), la fleur de chrysanthème (ju hua) et la menthe chinoise (bo he). Aucune n’a fait ses preuves dans des essais solides. Demandez l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien avant d’en prendre, surtout si vous suivez un traitement.
Quand consulter
Consultez votre médecin si les maux de tête deviennent fréquents, changent d’aspect ou vous obligent à prendre des antalgiques plusieurs jours par semaine. Appelez le 15 ou consultez sans attendre si le mal de tête est brutal et maximal en quelques secondes ou minutes, s’il s’accompagne de fièvre et d’une raideur de la nuque, d’une faiblesse ou d’un engourdissement d’un côté, de troubles de la parole ou de la vision, de confusion ou d’une convulsion. Même conduite après un choc à la tête, si la douleur est déclenchée par la toux ou l’effort, si elle change avec la position, ou si elle apparaît après 50 ans avec une douleur de la tempe ou de la mâchoire en mâchant.
À retenir
- La céphalée de tension est la forme la plus fréquente : des deux côtés, en étau, sans nausées marquées.
- Un agenda aide à repérer les déclencheurs et l’abus d’antalgiques.
- L’acupuncture a fait ses preuves dans la forme chronique ; boire plus d’eau, non.
- Trop d’antidouleurs peut entretenir les maux de tête.
- Un mal de tête brutal, fébrile ou avec un signe neurologique justifie le 15.
