Aller au contenu

Recherches santé · Tête et moral

Maux de tête

Aussi : mal de tête, céphalée, céphalée de tension, tête qui serre

Le mal de tête du quotidien est le plus souvent une céphalée de tension, bénigne mais parfois tenace. Voici ce qui aide selon les études, ce qui n'a pas fait ses preuves et les signes qui doivent faire consulter sans attendre.

🔬 Ce que dit la science

Tenir un agenda des maux de tête

Le NICE conseille de noter pendant au moins huit semaines la fréquence, la durée et l'intensité des maux de tête, les médicaments pris et les déclencheurs possibles. C'est le moyen le plus simple de repérer un facteur récurrent ou un abus d'antalgiques.

Recommandé · NICE CG150

Limiter les antidouleurs pour éviter l'effet rebond

Prendre des antalgiques plus de 10 à 15 jours par mois, selon le produit, peut entretenir les maux de tête : c'est la céphalée par abus médicamenteux, décrite par la classification internationale. Le NICE recommande de la rechercher et de la prendre en charge.

Recommandé · ICHD-3, NICE CG150

L'acupuncture pour la forme chronique

Une revue Cochrane conclut que l'acupuncture réduit la fréquence des céphalées de tension fréquentes ou chroniques. Le NICE propose d'envisager jusqu'à dix séances sur cinq à huit semaines dans la forme chronique.

Recommandé · NICE CG150, Cochrane 2016

Antalgiques courants, ponctuellement

Le NICE retient l'aspirine (pas avant 16 ans), le paracétamol ou un anti-inflammatoire pour une crise, et déconseille les opioïdes. Selon Cochrane, le paracétamol n'apporte qu'un bénéfice modeste par rapport au placebo ; le choix se fait avec un médecin ou un pharmacien.

Avec le médecin · NICE CG150, Cochrane 2016

Menthe poivrée sur le front et les tempes

Dans un petit essai croisé de 41 patients, une solution diluée d'huile essentielle de menthe poivrée appliquée sur la peau a réduit l'intensité de la douleur mieux qu'un placebo. Les données restent peu nombreuses.

Peu étudié · Göbel 1996

Boire plus d'eau

Dans un essai de 102 patients, boire davantage n'a pas réduit le nombre de jours de mal de tête, malgré une petite amélioration ressentie de la qualité de vie. Bien s'hydrater reste sain, mais ce n'est pas une solution démontrée.

Non démontré · Spigt 2012

🥗 Dans l’assiette · NutriLoupe

Alcool pour une portion (Ciqual). L'alcool est une cause reconnue de maux de tête, immédiats ou du lendemain : le réduire aide à en avoir moins.

🔎 Les moins riches en alcool

☯️ La médecine chinoise

La tradition distingue les maux de tête d'origine externe, attribués au Vent associé au Froid ou à la Chaleur, et ceux d'origine interne, comme la montée du Yang du Foie, le vide de Sang ou les Mucosités. La localisation guide la lecture : le front renvoie au méridien Yangming (Estomac), les tempes au Shaoyang (Vésicule biliaire), la nuque au Taiyang (Vessie).

Livèche de Chine (rhizome) (chuan xiong)

PiquantTièdeFoie · Vésicule biliaire · Péricarde

Science : peu étudié

Angélique de Dahurie (racine) (bai zhi)

PiquantTièdeEstomac · Gros intestin · Poumon

Science : peu étudié

Chrysanthème (fleur) (ju hua)

Doux, amerLégèrement froidPoumon · Foie

Science : peu étudié

Menthe chinoise (partie aérienne) (bo he)

PiquantFraisPoumon · Foie

Science : espèce voisine (menthe poivrée) sur la peau : un petit essai
Tradition · pas une preuve d’efficacité

Consultez sans attendre Si le mal de tête est brutal et maximal en quelques secondes ou minutes, s'accompagne de fièvre avec raideur de la nuque, d'une faiblesse ou d'un engourdissement d'un côté, de troubles de la parole ou de la vision, de confusion, de somnolence ou d'une convulsion, survient après un choc à la tête, est déclenché par la toux ou l'effort, change avec la position, s'accompagne de vomissements inexpliqués, ou apparaît après 50 ans avec une douleur de la tempe ou de la mâchoire en mâchant, pendant une

Ce qui se passe dans le corps

La plupart des maux de tête du quotidien sont des céphalées de tension. Le mot « céphalée » désigne simplement une douleur de la tête. Celle-ci touche le plus souvent les deux côtés, en étau ou en casque, avec une intensité légère à modérée. Elle ne s’aggrave pas en montant un escalier et donne rarement des nausées. C’est ce qui la distingue de la migraine.

Son mécanisme reste imparfaitement compris. On évoque une sensibilité accrue des muscles du crâne et de la nuque, et une moindre capacité du système nerveux à filtrer les signaux douloureux, surtout quand les épisodes deviennent fréquents. La classification internationale des céphalées (ICHD-3) parle de forme épisodique en dessous de 15 jours par mois, et de forme chronique au-delà, pendant plus de trois mois.

Les causes les plus fréquentes

Les déclencheurs varient d’une personne à l’autre. Les plus souvent cités sont le stress, le manque de sommeil, les longues heures d’écran ou de posture figée, un repas sauté. L’alcool est une cause reconnue : la classification internationale décrit une céphalée induite par l’alcool, immédiate ou du lendemain.

Un piège est fréquent : la céphalée par abus médicamenteux. Prendre des antidouleurs trop souvent, au-delà de 10 à 15 jours par mois selon le produit, peut entretenir les maux de tête au lieu de les calmer. Enfin, une petite part des maux de tête révèle une autre maladie. C’est l’objet des signes d’alerte décrits plus bas.

Ce qui aide, selon les études

Tenir un agenda. Le NICE, l’institut britannique qui publie des recommandations médicales, conseille de noter pendant au moins huit semaines la fréquence, la durée et l’intensité des maux de tête, les médicaments pris et les déclencheurs possibles. C’est l’outil le plus simple pour repérer un abus d’antalgiques ou un facteur récurrent.

L’acupuncture dans la forme chronique. Une revue Cochrane de 2016 conclut que l’acupuncture réduit la fréquence des céphalées de tension fréquentes ou chroniques. Le NICE propose d’envisager jusqu’à dix séances sur cinq à huit semaines.

Les antalgiques courants, ponctuellement. Pour une crise, le NICE retient l’aspirine, le paracétamol ou un anti-inflammatoire. Il déconseille l’aspirine avant 16 ans et les opioïdes dans tous les cas. L’effet du paracétamol reste modeste selon la revue Cochrane de 2016 : il ne supprime la douleur à deux heures que chez une petite partie des personnes de plus qu’un placebo. Le choix se discute avec un médecin ou un pharmacien.

La menthe poivrée sur les tempes. Un petit essai allemand de 1996, mené sur 41 patients, a montré qu’une solution diluée d’huile essentielle de menthe poivrée, appliquée sur le front et les tempes, réduisait l’intensité de la douleur mieux qu’un placebo. C’est encourageant, mais les données restent peu nombreuses.

Boire plus d’eau. Le conseil est très répandu. Pourtant, un essai néerlandais de 2012 sur 102 patients n’a pas montré moins de jours de mal de tête chez ceux qui buvaient davantage, malgré une petite amélioration ressentie de la qualité de vie. Bien s’hydrater reste sain, mais ce n’est pas une solution démontrée.

Ce que propose la médecine chinoise

La médecine chinoise est présentée ici comme une tradition, et non comme un traitement validé. Elle distingue les maux de tête d’origine externe, attribués au Vent associé au Froid ou à la Chaleur, et ceux d’origine interne, comme la montée du Yang du Foie ou le vide de Sang. La localisation de la douleur oriente vers un méridien : le front, les tempes et la nuque n’ont pas la même lecture.

Parmi les plantes classiques figurent le rhizome de livèche de Chine (chuan xiong), la racine d’angélique de Dahurie (bai zhi), la fleur de chrysanthème (ju hua) et la menthe chinoise (bo he). Aucune n’a fait ses preuves dans des essais solides. Demandez l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien avant d’en prendre, surtout si vous suivez un traitement.

Quand consulter

Consultez votre médecin si les maux de tête deviennent fréquents, changent d’aspect ou vous obligent à prendre des antalgiques plusieurs jours par semaine. Appelez le 15 ou consultez sans attendre si le mal de tête est brutal et maximal en quelques secondes ou minutes, s’il s’accompagne de fièvre et d’une raideur de la nuque, d’une faiblesse ou d’un engourdissement d’un côté, de troubles de la parole ou de la vision, de confusion ou d’une convulsion. Même conduite après un choc à la tête, si la douleur est déclenchée par la toux ou l’effort, si elle change avec la position, ou si elle apparaît après 50 ans avec une douleur de la tempe ou de la mâchoire en mâchant.

À retenir

  • La céphalée de tension est la forme la plus fréquente : des deux côtés, en étau, sans nausées marquées.
  • Un agenda aide à repérer les déclencheurs et l’abus d’antalgiques.
  • L’acupuncture a fait ses preuves dans la forme chronique ; boire plus d’eau, non.
  • Trop d’antidouleurs peut entretenir les maux de tête.
  • Un mal de tête brutal, fébrile ou avec un signe neurologique justifie le 15.

Testez-vous

5 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Faut-il noter ses maux de tête dans un agenda ?

  2. 02Prendre très souvent des antidouleurs peut-il entretenir les maux de tête ?

  3. 03L'acupuncture a-t-elle fait ses preuves pour les céphalées de tension chroniques ?

  4. 04Boire plus d'eau réduit-il le nombre de jours de mal de tête ?

  5. 05Quel mal de tête doit faire appeler le 15 ?

Pour aller plus loin

Cette page peut aider quelqu’un ?

Envoyez-la : ce que dit la science, ce qui aide dans l’assiette, ce qu’en dit la tradition chinoise et les signes qui doivent faire consulter.

Sources

  1. NICE. Headaches in over 12s: diagnosis and management. Clinical guideline CG150, 2012, mis à jour 2021
  2. Headache Classification Committee of the International Headache Society. The International Classification of Headache Disorders, 3rd edition. Cephalalgia. 2018;38(1):1-211. doi:10.1177/0333102417738202
  3. Linde K, Allais G, Brinkhaus B, et al. Acupuncture for the prevention of tension-type headache. Cochrane Database Syst Rev. 2016;4:CD007587. doi:10.1002/14651858.CD007587.pub2
  4. Stephens G, Derry S, Moore RA. Paracetamol (acetaminophen) for acute treatment of episodic tension-type headache in adults. Cochrane Database Syst Rev. 2016;6:CD011889. doi:10.1002/14651858.CD011889.pub2
  5. Göbel H, Fresenius J, Heinze A, Dworschak M, Soyka D. Effektivität von Oleum menthae piperitae und von Paracetamol in der Therapie des Kopfschmerzes vom Spannungstyp. Nervenarzt. 1996;67(8):672-681. doi:10.1007/s001150050040
  6. Spigt M, Weerkamp N, Troost J, van Schayck CP, Knottnerus JA. A randomized trial on the effects of regular water intake in patients with recurrent headaches. Fam Pract. 2012;29(4):370-375. doi:10.1093/fampra/cmr112
  7. Maciocia G. The Practice of Chinese Medicine: The Treatment of Diseases with Acupuncture and Chinese Herbs. 2e éd. Édimbourg : Churchill Livingstone Elsevier ; 2008.
  8. Bensky D, Clavey S, Stöger E. Chinese Herbal Medicine: Materia Medica. 3e éd. Seattle : Eastland Press ; 2004.
  9. Commission de la Pharmacopée chinoise. Pharmacopée de la République populaire de Chine, édition 2020, volume I. Pékin : China Medical Science Press ; 2020.
  10. OMS. CIM-11, chapitre 26 : Affections de la médecine traditionnelle, module I
  11. Maciocia G. The Practice of Chinese Medicine: The Treatment of Diseases with Acupuncture and Chinese Herbs. 2e éd. Édimbourg : Churchill Livingstone Elsevier ; 2008 (chapitre Headaches).
  12. OMS. Classification internationale des maladies, 11e révision (CIM-11), chapitre 26 : Affections de la médecine traditionnelle, module I

Cette page explique, elle ne remplace pas l’avis d’un médecin. La médecine chinoise y est présentée comme une tradition, pas comme une preuve d’efficacité.

Toutes les recherches santé