Ce qui se passe dans le corps
L’anxiété est une réaction d’alerte face à un danger possible ou à venir. Le cerveau mobilise le corps : le cœur bat plus vite, la respiration s’accélère, les muscles se tendent, la digestion ralentit. C’est utile pour se préparer à agir.
On parle de trouble anxieux quand cette alerte devient excessive, dure et gêne la vie quotidienne. Dans l’anxiété généralisée, les inquiétudes portent sur de nombreux sujets, presque tous les jours, pendant des mois. Dans le trouble panique, des crises brutales surviennent : palpitations, sensation d’étouffer, peur de mourir ou de devenir fou, puis peur d’en refaire une. D’autres formes existent, comme l’anxiété sociale ou les phobies.
Les causes les plus fréquentes
Les troubles anxieux résultent d’un mélange de facteurs : une sensibilité familiale, un tempérament inquiet, des événements de vie difficiles, un stress prolongé. Certaines substances peuvent provoquer ou aggraver l’anxiété : excès de café, sevrage d’alcool ou de calmants, certaines drogues. Une hyperactivité de la thyroïde peut aussi donner des symptômes proches, ce qui justifie parfois un dosage de la TSH, l’hormone qui pilote la thyroïde.
L’alcool est un piège fréquent. Il apaise sur le moment, mais il dégrade le sommeil et peut entretenir l’anxiété ensuite. Le NICE britannique conseille de traiter d’abord une consommation d’alcool problématique, ce qui peut à lui seul améliorer nettement l’anxiété.
Ce qui aide, selon les études
La thérapie cognitive et comportementale. La TCC aide à repérer les pensées qui alimentent la peur et à affronter progressivement les situations évitées. Le NICE la recommande dans l’anxiété généralisée qui persiste et dans le trouble panique, comme la relaxation appliquée. La Haute Autorité de santé (HAS) rappelle que le traitement de fond des troubles anxieux repose d’abord sur les psychothérapies.
L’auto-assistance guidée. Avant une thérapie intensive, le NICE propose des programmes d’auto-assistance fondés sur la TCC, sous forme de livres ou de modules en ligne, seuls ou guidés par un professionnel. Des groupes de psychoéducation, qui expliquent le fonctionnement de l’anxiété, sont une autre option.
L’activité physique. Une vaste synthèse de 2023 regroupant 97 revues conclut que l’activité physique réduit les symptômes d’anxiété chez l’adulte, y compris en cas de trouble anxieux diagnostiqué. Les activités plus intenses semblent plus efficaces, mais toute activité compte.
La pleine conscience. Dans un essai de 2023 mené auprès de 276 adultes ayant un trouble anxieux, le programme MBSR de huit semaines a fait aussi bien que l’escitalopram, un antidépresseur de référence, avec beaucoup moins d’effets indésirables. C’est un résultat important, qui reste à confirmer par d’autres équipes.
Les médicaments. Le traitement médicamenteux de fond repose surtout sur certains antidépresseurs, choisis avec le médecin. Les benzodiazépines, souvent appelées calmants, agissent vite mais ne traitent pas la cause. Selon la HAS, elles ne viennent qu’après les mesures non médicamenteuses, pour moins de 12 semaines au total, car elles exposent à la dépendance, aux troubles de la mémoire et aux chutes.
Le CBD. Très en vogue, il est peu étudié. Une revue publiée en 2019 dans The Lancet Psychiatry n’a trouvé que des preuves de très faible qualité pour les cannabinoïdes dans l’anxiété, et presque aucun essai sur le CBD seul dans les troubles anxieux.
Ce que propose la médecine chinoise
La médecine chinoise est présentée ici comme une tradition, non comme un traitement validé. Elle décrit l’anxiété comme un esprit, le Shen, qui n’est plus ancré dans le Cœur. Elle distingue des formes de vide, comme le vide de Sang du Cœur, et des formes de plénitude, comme la stagnation du Qi du Foie.
Parmi les plantes et aliments classiques figurent la graine de jujubier épineux (suan zao ren), la longane (long yan rou) et la jujube ou datte chinoise (da zao). Ils restent peu étudiés selon les standards actuels. Demandez un avis médical avant toute prise, surtout avec un traitement.
Quand consulter
Consultez votre médecin si l’anxiété dure plusieurs semaines, vous empêche de travailler, de sortir ou de dormir, ou si vous augmentez l’alcool ou les calmants. Si vous avez des idées de suicide, appelez le 3114, numéro national de prévention du suicide joignable 24 h/24, ou le 15. Appelez le 15 si une première crise d’angoisse s’accompagne d’une douleur ou d’une oppression dans la poitrine, d’un essoufflement important, d’un malaise ou de palpitations irrégulières : une cause cardiaque ou respiratoire doit être écartée.
À retenir
- L’anxiété devient un trouble quand elle est excessive, durable et gênante.
- La TCC est un traitement de référence ; l’auto-assistance guidée est un bon premier pas.
- Activité physique et pleine conscience ont des preuves solides ou prometteuses.
- Les calmants ne sont qu’une solution courte ; le CBD n’a pas fait ses preuves.
- Une première crise avec douleur dans la poitrine justifie le 15.
