Ce qui se passe dans le corps
La migraine n’est pas un simple mal de tête. C’est une maladie neurologique qui évolue par crises de 4 à 72 heures sans traitement. La douleur est souvent d’un seul côté, pulsatile, modérée à sévère, aggravée par l’effort. Elle s’accompagne de nausées ou d’une gêne à la lumière et au bruit. Ces critères sont ceux de la classification internationale des céphalées (ICHD-3).
Chez une partie des personnes migraineuses, la crise est précédée d’une aura : des troubles visuels, des fourmillements ou une gêne pour parler, qui s’installent progressivement et durent en général moins d’une heure. Le mécanisme fait intervenir le cerveau et le nerf trijumeau, qui libère des substances inflammatoires autour des vaisseaux des méninges, les enveloppes du cerveau.
Les causes les plus fréquentes
La migraine a une forte composante héréditaire. Les crises sont favorisées par des déclencheurs qui varient selon les personnes : stress ou relâchement après un stress, manque ou excès de sommeil, repas sauté, règles, certains alcools, efforts inhabituels. Les régimes d’éviction systématiques (sans gluten, sans lactose) ne sont pas recommandés par la Société française d’études des migraines et céphalées (SFEMC), faute de données suffisantes.
Noter ses crises dans un calendrier aide à repérer ses propres déclencheurs et à suivre l’effet des traitements. La SFEMC le conseille. Le calendrier permet aussi de surveiller la fréquence des médicaments pris, car leur abus peut rendre la migraine chronique.
Ce qui aide, selon les études
Bouger chaque semaine. La SFEMC recommande fortement à toute personne migraineuse une activité d’endurance hebdomadaire, comme la marche rapide, le vélo ou la course. Une méta-analyse de 2019 montre une baisse du nombre de jours de migraine. L’exercice peut servir de prévention à lui seul ou compléter un traitement de fond.
L’acupuncture. Une revue Cochrane de 2016 conclut que l’acupuncture réduit à court terme la fréquence des crises de migraine épisodique, mieux qu’une acupuncture simulée, avec moins d’effets indésirables que plusieurs traitements de fond. La SFEMC et le NICE britannique la proposent.
Relaxation, thérapie cognitive et comportementale, pleine conscience. La SFEMC les recommande en complément des médicaments chez les personnes stressées, anxieuses ou très handicapées par leurs crises. Le bénéfice porte surtout sur la qualité de vie et la capacité à fonctionner avec la migraine.
Vitamine B2, coenzyme Q10, mélatonine. Pour une prévention avec peu d’effets indésirables, la SFEMC propose la riboflavine (vitamine B2) à forte dose, la coenzyme Q10 ou la mélatonine. La recommandation est de force modérée. Les quantités étudiées dépassent largement l’alimentation et doivent être discutées avec un médecin.
Les médicaments. Pour la crise, la SFEMC retient les anti-inflammatoires et les triptans, pris tôt. Quand les crises sont fréquentes ou invalidantes, un traitement de fond peut être proposé. Le choix se fait avec le médecin, en limitant la fréquence des prises pour éviter la céphalée par abus médicamenteux.
Les plantes : prudence. La SFEMC recommande de ne pas prescrire de plantes en prévention. La grande camomille n’a pas d’efficacité démontrée selon une revue Cochrane de 2015. La pétasite a montré un effet, mais certaines préparations exposent à un risque d’atteinte du foie.
Ce que propose la médecine chinoise
La médecine chinoise est décrite ici comme une tradition, non comme un traitement validé. Elle attribue la migraine surtout à la montée du Yang du Foie ou au Vent interne, parfois à une stase de Sang. Les crises liées aux règles sont rapprochées d’un vide de Sang du Foie.
Les plantes classiques sont le gastrodia (tian ma), l’uncaria (gou teng) et la livèche de Chine (chuan xiong). Elles restent peu étudiées selon les standards actuels. Ne les prenez pas sans avis médical, notamment si vous suivez un traitement de fond.
Quand consulter
Consultez votre médecin si les crises deviennent plus fréquentes, si vous prenez des médicaments de crise plusieurs jours par semaine ou si la migraine retentit sur votre travail. Appelez le 15 ou consultez sans attendre si une crise est inhabituelle : douleur brutale maximale en quelques secondes, aura de plus d’une heure, faiblesse ou engourdissement d’un côté, trouble de la parole, confusion, fièvre avec raideur de la nuque. Même conduite si une première aura apparaît sous pilule contenant des œstrogènes, ou si les crises changent nettement après 50 ans ou pendant une grossesse.
À retenir
- La migraine est une maladie neurologique, pas un simple mal de tête.
- Une activité d’endurance régulière et l’acupuncture sont recommandées en prévention.
- Vitamine B2, coenzyme Q10 et mélatonine sont des options modestes, à discuter avec un médecin.
- Les plantes comme la grande camomille ne sont pas recommandées.
- Une crise inhabituelle ou avec un signe neurologique nouveau justifie le 15.