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17-hydroxyprogestérone

Aussi appelée 17-OHP · 17OHP · 17α-hydroxyprogestérone

La 17-hydroxyprogestérone est un précurseur du cortisol et des hormones sexuelles. Son dosage le matin sert surtout à dépister un déficit en 21-hydroxylase, cause d'hyperplasie congénitale des surrénales.

Prise de sangFamille : hormones sexuelles et fertilitéPreuve validée

Testez-vous en 5 questions

Le cadran

  • Matin, phase folliculaire : déficit en 21-hydroxylase peu pr moins de 6 nmol/L
  • Phase folliculaire, 1re semaine du cycle 0,3 à 0,8 ng/mL (× 3,026 = nmol/L ; 1 ng
  • Phase folliculaire, 2e semaine 0,3 à 1,5 ng/mL (× 3,026 = nmol/L ; 1 ng
  • Pic préovulatoire 1,4 à 3,1 ng/mL (× 3,026 = nmol/L ; 1 ng
  • Phase lutéale, J+4 à J+9 après le pic de LH 1,7 à 5,2 ng/mL (× 3,026 = nmol/L ; 1 ng
  • Dosage basal à recontrôler (selon Biomnis) 3 à 10 ng/mL (× 3,026 = nmol/L ; 1 ng
  • Matin, phase folliculaire : test de stimulation à la cosyntr 6 à 30 nmol/L
  • Dosage basal : diagnostic facile selon Biomnis, si le prélèv plus de 10 ng/mL (× 3,026 = nmol/L ; 1 ng
  • Matin, phase folliculaire : diagnostic établi (plus de 1 000 plus de 30 nmol/L

Femme · Source des repères : Endocrine Society, Speiser PW et al., J Clin Endocrinol Metab 2018 ; fiche pratique de la recommandation ; Eurofins Biomnis, Précis de biopathologie — Hydroxyprogestérone (17-) (2012), immunodosage ; Eurofins Biomnis, Précis de biopathologie — Hydroxyprogestérone (17-) (2012).

Les seuils changent d’un laboratoire à l’autre : ceux de votre compte rendu passent avant. Rien n’est envoyé, le calcul se fait dans votre navigateur.

En bref

La 17-OHP est une hormone intermédiaire fabriquée par les surrénales, l'ovaire et le testicule. Elle s'accumule quand l'enzyme 21-hydroxylase fonctionne mal. Son dosage aide à diagnostiquer l'hyperplasie congénitale des surrénales, y compris ses formes légères de l'adulte.

À lire avec

Prise de sangTest au Synacthène (cosyntropine) ; dépistage néonatal de l'hyperplasie congénitale des surrénales ; profils de stéroïdes sanguins (LC-MS/MS).

ng/mL (× 3,026 = nmol/L ; 1 ngPreuve validée6 sources

Profil sportif

Biomnis note qu'une prise d'androgènes diminue la 17-OHP chez l'homme, parce que sa sécrétion est d'origine testiculaire. Le rapport testostérone/17-OHP dans le sang a été proposé dès 1992 pour repérer une administration de testostérone. C'est un marqueur de recherche : ne le traitez pas comme un test de contrôle antidopage.

Pourquoi on la demande

  • Chercher une hyperplasie congénitale des surrénales par déficit en 21-hydroxylase devant un hirsutisme, une acné persistante ou des troubles des règles.
  • Distinguer une forme non classique de cette maladie d'un autre excès d'androgènes (syndrome des ovaires polykystiques, par exemple).
  • Suivre le traitement d'un déficit en 21-hydroxylase connu.
  • Dépistage néonatal, sur une goutte de sang séchée.
  • Évaluer la réponse de la surrénale lors d'un test au Synacthène (cosyntropine).

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur basse

  • Déficit en 17-α-hydroxylase (très rare) : 17-OHP très basse avec ACTH et progestérone élevées, et hypertension.
  • Prise d'androgènes chez l'homme : la sécrétion testiculaire de 17-OHP diminue.
  • Traitement par corticoïdes ou contraception hormonale : effet attendu.

Causes d’une valeur haute

  • Phase lutéale ou grossesse débutante : élévation physiologique.
  • Déficit en 21-hydroxylase, forme non classique (la plus fréquente à l'âge adulte) ou forme classique.
  • Autres blocs enzymatiques surrénaliens, par exemple déficit en 11β-hydroxylase, à écarter par un profil de stéroïdes.
  • Élévation modérée chez certaines patientes avec syndrome des ovaires polykystiques, qui complique l'interprétation.
  • Prélèvement hors des conditions recommandées (après-midi, phase lutéale).

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Heure du prélèvement : tôt le matin, avant 8 h, pour le dépistage chez le patient symptomatique après l'enfance.
  • Phase du cycle : en phase lutéale, la 17-OHP monte physiologiquement. Chez la femme réglée, on prélève en phase folliculaire.
  • Contraception hormonale ou corticoïdes : à signaler, ils modifient le résultat.
  • Technique : les immunodosages donnent plus de faux positifs que la LC-MS/MS, recommandée par l'Endocrine Society.
  • Grossesse : les valeurs suivent une courbe propre, différente de celle de la progestérone.
  • Chez le nouveau-né, des composés voisins peuvent interférer avec l'immunodosage, d'où une extraction préalable.

Ce que mesure l’analyse

La 17-hydroxyprogestérone (17-OHP) est une hormone « intermédiaire » : elle se situe sur la chaîne de fabrication du cortisol, des androgènes et des œstrogènes. Elle est produite dans la surrénale, l’ovaire et le testicule. Chez l’enfant avant la puberté et chez la femme ménopausée, elle vient de la surrénale. Chez la femme réglée, elle est d’origine surrénalienne en début de cycle, puis surtout ovarienne autour de l’ovulation et en phase lutéale. Chez l’homme, elle vient surtout du testicule.

Son intérêt principal tient à l’enzyme 21-hydroxylase, qui la transforme en précurseur du cortisol. Quand cette enzyme fonctionne mal (hyperplasie congénitale des surrénales par déficit en 21-hydroxylase), la 17-OHP s’accumule en amont du blocage et son taux sanguin augmente, parfois fortement. La forme sévère (classique) se découvre à la naissance. La forme légère (non classique) peut n’apparaître qu’à l’adolescence ou à l’âge adulte, avec acné, pilosité excessive, troubles des règles ou difficultés de fertilité.

Comment se passe le prélèvement

Pour chercher une forme non classique chez un patient symptomatique après l’enfance, l’Endocrine Society recommande une prise de sang tôt le matin, avant 8 h, avec dosage par chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse en tandem (LC-MS/MS). Chez la femme réglée, on prélève en phase folliculaire, dans la première moitié du cycle. Un dosage « au hasard » peut tromper : après l’ovulation, la 17-OHP monte physiologiquement, et elle est élevée en phase lutéale chez la moitié des femmes en bonne santé, selon une revue publiée en 2019.

Précisez au laboratoire votre contraception, un traitement par corticoïdes, la phase du cycle ou une grossesse. Si le résultat est douteux, un test au Synacthène (cosyntropine) est proposé : on injecte 0,25 mg dans le muscle et on dose la 17-OHP avant, puis 60 minutes après.

Comment lire le résultat

Les résultats s’expriment en ng/mL, en nmol/L (multipliez les ng/mL par 3,026) ou en ng/dL (cent fois plus que les ng/mL). Chez la femme adulte, Biomnis donne à titre indicatif 0,3 à 0,8 ng/mL la première semaine du cycle, 0,3 à 1,5 la deuxième, 1,4 à 3,1 autour de l’ovulation et 1,7 à 5,2 en phase lutéale. Chez l’homme, 0,5 à 2,5 ng/mL le matin.

Pour la recherche d’une forme non classique, le matin en phase folliculaire, l’Endocrine Society (2018) retient trois zones : moins de 6 nmol/L (200 ng/dL), le diagnostic est peu probable ; de 6 à 30 nmol/L (200 à 1 000 ng/dL), un test de stimulation est nécessaire ; plus de 30 nmol/L (1 000 ng/dL), le diagnostic est établi. Après stimulation, une valeur inférieure à 30 nmol/L exclut ce déficit enzymatique. Biomnis propose une lecture voisine : au-dessus de 10 ng/mL, le diagnostic est facile ; entre 3 et 10 ng/mL, un second prélèvement est conseillé ; si la valeur reste sous 10 ng/mL, on tranche par le test au Synacthène.

Ce que dit la science

L’Endocrine Society recommande l’usage de la LC-MS/MS pour doser la 17-OHP chez le patient symptomatique, car cette technique est plus spécifique que l’immunodosage. Pour le dépistage néonatal, l’immunodosage est sensible mais produit beaucoup de faux positifs : on l’associe à un second dosage en LC-MS/MS. En France, ce dépistage se fait sur une goutte de sang séchée.

Les seuils font débat. Une étude pédiatrique en LC-MS/MS conclut qu’une valeur basale de 6 nmol/L reste le meilleur seuil de dépistage. Le seuil de 10 ng/mL après stimulation a été critiqué : dans une série de patientes, il a produit des faux positifs, certaines étant simplement porteuses d’une seule mutation (hétérozygotes), dont les réponses chevauchent celles des sujets sains. Dans le syndrome des ovaires polykystiques, la 17-OHP sert surtout à écarter une autre cause d’excès d’androgènes, et peut elle-même être modérément élevée. Le niveau de preuve est « validé » : le dosage est recommandé par une société savante.

Les analyses à associer

  • L’androstènedione, qui monte aussi dans ce déficit enzymatique.
  • Le cortisol sanguin, produit final de la chaîne.
  • L’ACTH, qui s’élève quand le cortisol manque.
  • La testostérone totale, pour préciser l’excès d’androgènes.

À retenir

  • Pour la 17-OHP, l’heure et la phase du cycle comptent autant que le chiffre : tôt le matin, en phase folliculaire.
  • Les seuils de l’Endocrine Society (6 et 30 nmol/L) et de Biomnis (3 et 10 ng/mL) servent à décider d’un test de stimulation, pas à poser seuls un diagnostic.
  • Une valeur modérément élevée est fréquente en phase lutéale et dans le syndrome des ovaires polykystiques.
  • La LC-MS/MS est la technique recommandée.

Testez-vous 5 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Chez une femme réglée, quand prélever la 17-OHP pour chercher une hyperplasie des surrénales ?

  2. 02Au-dessus de quelle valeur de 17-OHP basale Biomnis juge-t-il le diagnostic facile ?

  3. 03Selon l'Endocrine Society, une 17-OHP du matin en phase folliculaire entre 6 et 30 nmol/L conduit à…

  4. 04Une 17-OHP élevée en phase lutéale est-elle forcément pathologique ?

  5. 05Quelle technique l'Endocrine Society privilégie-t-elle pour doser la 17-OHP chez un patient symptomatique ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 6

  1. 1Speiser PW, Arlt W, Auchus RJ, et al. Congenital adrenal hyperplasia due to steroid 21-hydroxylase deficiency: an Endocrine Society clinical practice guideline. J Clin Endocrinol Metab. 2018;103(11):4043-4088. doi:10.1210/jc.2018-01865
  2. 2Endocrine Society, fiche pratique de la recommandation sur l'hyperplasie congénitale des surrénales (Guideline Central)
  3. 3Eurofins Biomnis, Précis de biopathologie — Hydroxyprogestérone (17-) (2012)
  4. 4Revue sur la 17-OHP et l'hyperplasie congénitale non classique de la femme, Frontiers in Endocrinology, 2019, doi:10.3389/fendo.2019.00366

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.