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Métabolites urinaires des œstrogènes

Aussi appelée Métabolites des œstrogènes · Profil des œstrogènes urinaires · 2-OH-E1, 4-OH-E1, 16-OH-E1 · Estrogen metabolites

Le profil des métabolites urinaires des œstrogènes mesure en quoi l’organisme transforme l’œstrone et l’œstradiol. Il éclaire la voie de transformation empruntée, mais ses liens avec la santé restent discutés.

Recueil d’urinesFamille : hormones sexuelles et fertilitéPreuve émergente

Testez-vous en 5 questions

En bref

Cette analyse dose, dans l’urine, plusieurs produits de transformation des œstrogènes fabriqués par le foie et d’autres tissus. Elle décrit la voie empruntée plutôt que la quantité d’œstrogènes circulants, et se lit avec les rapports entre voies.

À lire avec

Recueil d’urinesDUTCH Complete, DUTCH Plus et Cycle Mapping (Precision Analytical) ; Essential Estrogens sur urines de 24 heures (Genova Diagnostics) ; Hormone & Urinary Metabolites Assessment Profile (Doctor’s Data).

ng/mg de créatininePreuve émergente15 sources

Profil sportif

Un effort intense le jour du recueil peut modifier le résultat (consigne DUTCH Plus). Rapporter le dosage à la créatinine suppose une excrétion stable : masse musculaire importante ou déshydratation font varier le dénominateur. Chez la sportive, un déficit énergétique prolongé réduit la production d’œstrogènes (consensus IOC 2023 sur le REDs) et donc leurs métabolites.

Pourquoi on la demande

  • Comprendre comment l’organisme transforme ses œstrogènes, au-delà du simple taux d’œstradiol.
  • Compléter un bilan hormonal chez une personne suivie pour un traitement hormonal (ménopause, contraception), à interpréter avec son médecin.
  • Documenter, en médecine fonctionnelle ou en recherche, l’effet du tabac, de l’alimentation ou d’un traitement sur les voies de transformation.
  • Calculer des rapports entre voies (2-OH sur 16α-OH, méthylation) que l’on retrouve dans les comptes rendus de laboratoires spécialisés.

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur basse

  • Production d’œstrogènes faible (ménopause, aménorrhée, déficit énergétique).
  • Recueil réalisé hors phase lutéale chez une femme réglée, avec des repères inadaptés.
  • Métabolisme orienté vers une autre voie que celle dosée.

Causes d’une valeur haute

  • Production globale d’œstrogènes élevée (phase lutéale, surpoids, traitement hormonal).
  • Induction d’une voie de transformation (tabac, indole-3-carbinol pour la 2-hydroxylation).
  • Méthylation par la COMT ralentie ou saturée, qui laisse s’accumuler les catéchols.
  • Voie 16α-hydroxy plus active (voir la fiche dédiée).

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Œstrogènes par voie orale (72 heures), DHEA orale (48 heures) ou prégnénolone (72 heures) pris avant le recueil : consigne DUTCH, sauf avis du prescripteur.
  • Contraception orale : ne sautez pas de prise sans l’avis du prescripteur et signalez-la sur la fiche.
  • Moment du cycle : les repères « lutéaux » correspondent à un recueil entre les jours 19 et 22 d’un cycle de 28 jours.
  • Caféine, alcool et effort intense le jour du recueil (consigne DUTCH Plus).
  • Tabac (augmente la 2-hydroxylation) et indole-3-carbinol des crucifères ou de compléments (même effet).
  • Cimétidine (anti-acide) ou hormones thyroïdiennes : elles modifient le métabolisme des œstrogènes.
  • Erreurs de recueil, contamination, anomalies de créatinine ou de méthylation (phase 2).

Ce que mesure l’analyse

Le corps fabrique deux œstrogènes principaux : l’œstrone (E1) et l’œstradiol (E2). Le foie et d’autres tissus les transforment ensuite en molécules plus faciles à éliminer, les métabolites. Ce profil urinaire en dose plusieurs sur le même échantillon.

La première étape (phase 1) ajoute un groupe hydroxyle (OH) à l’œstrogène en position 2, 4 ou 16. Elle donne la 2-hydroxyestrone (2-OH-E1), la 4-hydroxyestrone (4-OH-E1) et la 16α-hydroxyestrone (16α-OH-E1), par des enzymes différentes : CYP1A1, CYP1B1 et CYP3A4. Les deux premières sont des « catéchols » : deux groupes OH voisins sur le même cycle. La seconde étape (phase 2) les méthyle grâce à l’enzyme COMT (catéchol-O-méthyltransférase) : on obtient la 2-méthoxyestrone (2-MeO-E1) et la 4-méthoxyestrone (4-MeO-E1), des formes stables.

Si cette méthylation est dépassée, un catéchol, surtout la 4-OH, peut s’oxyder en quinone, une molécule réactive. Dans des cellules mammaires en culture, les quinones forment des adduits sur l’ADN, c’est-à-dire des lésions (Yager, 2015). C’est la base de l’idée d’un profil plus ou moins favorable. Cette idée reste une hypothèse biologique, pas une règle clinique.

Comment se passe le prélèvement

Chez Precision Analytical (test DUTCH), vous déposez de l’urine sur un papier filtre à quatre moments d’une même journée : au réveil, deux heures plus tard, au dîner et au coucher. Le papier sèche, puis part au laboratoire. Genova Diagnostics propose, lui, un recueil des urines de 24 heures.

Les consignes du DUTCH : pas d’œstrogènes par voie orale dans les 72 heures précédentes, pas de DHEA orale dans les 48 heures, pas de prégnénolone dans les 72 heures. Ne sautez pas une pilule contraceptive sans l’accord de votre prescripteur. Caféine, alcool et effort intense peuvent modifier le résultat. Chez la femme réglée, le repère « lutéal » du laboratoire correspond à un recueil entre les jours 19 et 22 d’un cycle de 28 jours.

Comment lire le résultat

Les résultats s’expriment en ng/mg de créatinine (DUTCH) ou en µg/g de créatinine (Genova) : les deux unités sont numériquement identiques. La créatinine, déchet musculaire éliminé à un rythme régulier, sert à corriger le degré de dilution de l’urine. Les repères dépendent du laboratoire, du sexe, de la phase du cycle et de la ménopause. Ils figurent sur la fiche de chaque métabolite.

Precision Analytical construit ses repères sur des milliers de personnes en bonne santé, hors valeurs aberrantes et hors médicaments influents. Le laboratoire n’applique toutefois pas la convention classique (du 5e au 95e percentile) : il retient d’autres percentiles, qu’il juge plus proches de ce que recherche la médecine fonctionnelle. Un résultat « hors repère » DUTCH n’équivaut donc pas à une valeur anormale dans un laboratoire de ville.

Lisez le profil en entier : la valeur de chaque métabolite, les rapports entre voies (2-OH sur 16α-OH, méthylation) et la quantité totale d’œstrogènes. Un métabolite isolé ne dit presque rien.

Ce que dit la science

L’hypothèse historique veut que plus la 2-hydroxylation domine, moins l’exposition œstrogénique est forte. Les résultats ne la confirment pas nettement. Une analyse groupée de cinq études (Dallal, 2013, urines dosées par ELISA) ne trouve aucun lien entre le rapport 2/16 et le cancer du sein après la ménopause, et un lien seulement suggéré avant la ménopause. Dans le sang (Dallal, 2014), aucune association globale n’apparaît non plus. L’étude de Sampson (2017, 1 298 cas et 1 524 témoins, spectrométrie de masse) donne un signal plus net : le taux total d’œstrogènes est fortement lié au risque et, une fois ce total pris en compte, une part plus grande de la voie 2-hydroxy est associée à un risque plus faible, surtout chez les femmes à taux total élevé.

Certains facteurs déplacent facilement la voie 2-hydroxy : le tabac et l’indole-3-carbinol, présent dans les crucifères, augmentent la 2-hydroxylation (Michnovicz, 1986 et 1997). La 16α-hydroxylation, elle, se modifie difficilement (Michnovicz et Bradlow, 1990). Faute de preuve que modifier ce profil change l’évolution de la santé, aucune autorité de santé n’en recommande un usage de routine, à notre connaissance.

Les analyses à associer

L’œstradiol et l’œstrone donnent le point de départ. Le rapport 2/16 résume deux voies concurrentes. La COMT renseigne sur l’étape de méthylation. Chaque métabolite a sa fiche, avec ses repères.

À retenir

  • Le profil décrit la voie de transformation des œstrogènes, pas leur quantité circulante seule.
  • Les repères viennent du laboratoire et varient selon le sexe, le cycle et la ménopause.
  • Les études sur le cancer du sein donnent des résultats discordants : ce n’est pas un test de risque.
  • Respectez les consignes de recueil, en particulier pour les œstrogènes oraux et la contraception.
  • Discutez toujours le résultat avec un médecin, en lisant le profil dans son ensemble.

Testez-vous 5 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Que mesure un profil de métabolites urinaires des œstrogènes ?

  2. 02D’où viennent les repères de ce type de profil ?

  3. 03Quelle enzyme transforme les catéchols en dérivés méthoxylés ?

  4. 04Un profil urinaire peut-il prédire à lui seul un cancer du sein ?

  5. 05Faut-il continuer sa pilule contraceptive pendant un test DUTCH ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 15

  1. 1Precision Analytical (DUTCH). Rapport type Femme « DUTCH Complete », v1.6.0
  2. 2Precision Analytical (DUTCH). Rapport type Homme, v1.5.2 (2025), dont la note sur les percentiles des repères
  3. 3Precision Analytical (DUTCH). Instructions de recueil DUTCH Complete
  4. 4Precision Analytical (DUTCH). Instructions de recueil DUTCH Plus (rév. B1, 2022)

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.