Le cancer du sein est l’un des cancers les plus fréquents chez les femmes dans le monde. Chaque année, des millions de femmes reçoivent ce diagnostic qui bouleverse leur vie. Mais qu’est-ce que le cancer du sein exactement ? Comment se développe-t-il ? Quels en sont les symptômes et les facteurs de risque ? Et surtout, quels sont les traitements disponibles aujourd’hui ?

Table des matières
Qu’est-ce que le cancer du sein ?
Le cancer du sein se caractérise par la présence de cellules malignes dans le tissu mammaire.
Il en existe différents types selon les cellules touchées. Le plus fréquent, représentant 80 % des cas, est le carcinome canalaire qui se développe dans les canaux galactophores. Le carcinome lobulaire, quant à lui, prend naissance dans les lobules et représente 10 à 15 % des cancers du sein. Il existe également des cancers plus rares comme la maladie de Paget du mamelon ou le cancer inflammatoire.
Au début, la tumeur reste localisée dans le sein. Mais si elle n’est pas détectée et traitée à temps, les cellules cancéreuses peuvent se propager aux ganglions lymphatiques voisins, puis migrer vers d’autres organes comme les os, les poumons ou le foie. On parle alors de cancer du sein métastatique.
Le cancer du sein touche principalement les femmes de plus de 50 ans, mais il peut aussi survenir chez des femmes plus jeunes et même, dans de rares cas, chez des hommes. Eh oui, les hommes aussi ont du tissu mammaire et peuvent donc développer un cancer du sein !
Les différents types de cancer du sein
Il existe plusieurs types de cancer du sein, classés selon l’aspect des cellules cancéreuses au microscope et la présence de certains récepteurs à leur surface. Les principaux types sont :
- Le cancer du sein hormono-dépendant (ER+ et/ou PR+) : les cellules cancéreuses possèdent des récepteurs aux œstrogènes et/ou à la progestérone. C’est le type le plus fréquent.
- Le cancer du sein HER2 positif : les cellules surexpriment la protéine HER2 qui favorise leur croissance. Ces cancers sont souvent plus agressifs.
- Le cancer du sein triple négatif : les cellules ne possèdent aucun des récepteurs précédents (ER-, PR-, HER2-). Ces cancers touchent souvent des femmes plus jeunes et sont plus difficiles à traiter.
Connaître le type exact de cancer du sein est crucial car cela va orienter le choix des traitements les plus adaptés. Mais comment sait-on qu’on a un cancer du sein ?
Crédit vidéo © Hopitaux Universitaires de Genève – YouTube
Les symptômes qui doivent alerter
Le cancer du sein ne provoque pas toujours de symptômes, surtout à un stade précoce. C’est pourquoi le dépistage par mammographie est si important. Néanmoins, certains signes doivent vous inciter à consulter rapidement un médecin :
- Une grosseur ou un épaississement dans le sein ou sous l’aisselle ;
- Un changement de taille, de forme ou d’aspect du sein ;
- Une rétraction ou une inversion du mamelon ;
- Une peau du sein qui devient rouge, gonflée ou qui pèle ;
- Un écoulement anormal du mamelon (surtout s’il est sanglant).
Bien sûr, la plupart de ces symptômes ne sont pas forcément liés à un cancer. Mais dans le doute, un examen médical s’impose ! Plus un cancer est détecté tôt, meilleures sont les chances de guérison.
Les facteurs de risque du cancer du sein
Certains facteurs augmentent le risque de développer un cancer du sein au cours de sa vie. Les principaux sont :
- L’âge : le risque augmente avec les années, surtout après 50 ans ;
- Les antécédents familiaux de cancer du sein ou de l’ovaire ;
- Certaines mutations génétiques héréditaires (BRCA1, BRCA2…) ;
- Une puberté précoce (avant 12 ans) ou une ménopause tardive (après 55 ans) ;
- Une première grossesse après 30 ans ou une absence de grossesse ;
- Un traitement hormonal substitutif de la ménopause prolongé ;
- L’obésité et la sédentarité après la ménopause ;
- La consommation d’alcool.
Avoir un ou plusieurs facteurs de risque ne signifie pas qu’on aura forcément un cancer du sein. Inversement, ne pas en avoir ne met pas à l’abri. La prévention et le dépistage restent essentiels pour toutes les femmes.
Dépistage et diagnostic précoce
Le dépistage vise à détecter un cancer à un stade précoce, avant l’apparition de symptômes, pour augmenter les chances de guérison. La mammographie est l’examen de référence. Il s’agit d’une radiographie des seins qui permet de repérer des anomalies suspectes.
Un dépistage par mammographie est recommandé tous les 2 ans pour les femmes de 50 à 74 ans, parfois plus tôt ou plus fréquemment en cas de facteurs de risque. La mammographie peut être complétée par une échographie, surtout en cas de seins denses.
L’IRM mammaire est réservée aux femmes à très haut risque (porteuses d’une mutation génétique prédisposante par exemple). Elle est plus sensible que la mammographie mais génère aussi plus de faux positifs.
Toute anomalie détectée lors d’un examen de dépistage doit être explorée pour confirmer ou non la présence d’un cancer. Des prélèvements sont alors réalisés sous guidage radiologique pour être analysés au microscope. C’est la biopsie.
Si un cancer est diagnostiqué, d’autres examens sont pratiqués pour préciser son stade : taille de la tumeur, atteinte des ganglions, extension à distance… Ce bilan permet d’adapter la prise en charge.
Les options thérapeutiques contre le cancer du sein
Aujourd’hui, il existe de nombreux traitements efficaces contre le cancer du sein. La stratégie thérapeutique est adaptée à chaque patiente en fonction des caractéristiques de son cancer, de son état de santé et de ses préférences. Les principaux traitements sont :
La chirurgie
C’est souvent la première étape du traitement. L’objectif est de retirer la tumeur et les ganglions atteints. Deux options sont possibles selon la taille et la localisation de la tumeur :
- La tumorectomie (ou chirurgie conservatrice) : seule la tumeur est enlevée en préservant le sein. Elle est suivie d’une radiothérapie pour éliminer les cellules cancéreuses résiduelles.
- La mastectomie : tout le sein est retiré. Une reconstruction mammaire immédiate ou différée peut être proposée.
Le choix entre tumorectomie et mastectomie dépend de nombreux facteurs médicaux et personnels. Il doit se faire en concertation avec l’équipe soignante.
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La radiothérapie
Elle utilise des rayons de haute énergie pour détruire les cellules cancéreuses. Elle est systématique après une tumorectomie et parfois indiquée après une mastectomie si le risque de récidive locale est élevé. Les séances sont indolores et durent quelques minutes, à raison de 5 séances par semaine pendant 3 à 7 semaines.
Les traitements médicamenteux
Ils visent à éliminer d’éventuelles cellules cancéreuses disséminées dans l’organisme pour prévenir les récidives et les métastases. On distingue :
- La chimiothérapie : des médicaments anticancéreux sont injectés par voie intraveineuse ou pris par voie orale. Ils agissent dans tout le corps. Les cures sont répétées toutes les 2 à 3 semaines pendant plusieurs mois.
- L’hormonothérapie : réservée aux cancers hormono-dépendants, elle bloque l’action des hormones féminines qui stimulent la croissance tumorale. Le traitement dure au moins 5 ans.
- Les thérapies ciblées : elles bloquent des mécanismes spécifiques des cellules cancéreuses. Le trastuzumab est utilisé dans les cancers HER2 positifs, les inhibiteurs de CDK4/6 dans certains cancers métastatiques.
- L’immunothérapie : elle stimule les défenses immunitaires de l’organisme pour qu’il détruise lui-même les cellules cancéreuses. Encore expérimentale dans le cancer du sein.
Ces traitements sont souvent associés de façon séquentielle pour une efficacité optimale. Ils peuvent être prescrits après la chirurgie (traitements adjuvants) ou avant (traitements néo-adjuvants) pour réduire la taille de la tumeur.
Vivre avec un cancer du sein
Être soignée pour un cancer du sein est une épreuve physique et psychologique. Les traitements sont lourds et peuvent entraîner de nombreux effets secondaires : fatigue, nausées, chute de cheveux, douleurs… Sans compter l’impact sur l’image corporelle et la vie intime.
Il est essentiel de ne pas rester seule face à la maladie. N’hésitez pas à vous entourer de vos proches, à parler de vos difficultés à votre équipe soignante, à consulter un psychologue ou à rejoindre un groupe de parole. De nombreuses associations proposent aussi un accompagnement précieux.
Malgré les progrès thérapeutiques, le cancer du sein reste une maladie grave. Mais la plupart des femmes en guérissent, surtout lorsqu’il est détecté à un stade précoce. Le suivi médical régulier est indispensable pour surveiller une éventuelle récidive et prendre en charge les séquelles à long terme.
