Une vaste étude menée par des chercheurs de la Harvard Medical School à Boston vient de comparer la prise de poids associée à 8 antidépresseurs parmi les plus prescrits. Publiés dans la revue médicale Annals of Internal Medicine(1), les résultats mettent en évidence des différences notables entre ces traitements.

Bupropion, sertraline, citalopram… des effets variables sur le poids
L’étude a analysé les données de plus de 183 000 adultes ayant débuté un traitement antidépresseur entre 2010 et 2019. Les chercheurs ont comparé l’évolution du poids des patients à 6, 12 et 24 mois après l’initiation de l’un des 8 antidépresseurs suivants :
- Sertraline (Zoloft) ;
- Citalopram (Celexa) ;
- Escitalopram (Lexapro) ;
- Fluoxétine (Prozac) ;
- Paroxétine (Paxil) ;
- Bupropion (Wellbutrin) ;
- Duloxétine (Cymbalta) ;
- Venlafaxine (Effexor).
Les résultats montrent que le bupropion est associé à une prise de poids significativement moindre comparé à la sertraline, l’antidépresseur le plus fréquemment prescrit. Plus précisément, à 6 mois de traitement, les patients sous bupropion avaient en moyenne :
- 1,15 kg de moins que ceux sous sertraline ;
- 1,23 kg de moins que ceux sous citalopram ;
- 1,24 kg de moins que ceux sous paroxétine ;
- 1,39 kg de moins que ceux sous duloxétine.
À l’inverse, la paroxétine et la duloxétine étaient associées à une prise de poids plus importante que la sertraline. Les autres antidépresseurs étudiés avaient des effets variables.
Une prise de poids globalement modeste mais à surveiller
Si les différences de prise de poids entre antidépresseurs sont statistiquement significatives, il faut noter que leur ampleur reste relativement modeste dans l’absolu. En moyenne, la prise de poids à 6 mois allait de 1,52 kg sous bupropion à 2,91 kg sous duloxétine.
Toutefois, même une prise de poids modérée peut avoir un impact. L’étude montre ainsi qu’à 6 mois, les patients sous bupropion avaient 15 à 20 % de risque en moins de prendre 5 % ou plus de leur poids initial, comparé à ceux sous sertraline. À l’inverse, ceux traités par citalopram, paroxétine ou duloxétine avaient un risque accru.
Selon le Dr Joshua Petimar qui a dirigé l’étude, la prise de poids est un effet secondaire important car il peut affecter l’observance du traitement. D’ailleurs, l’adhésion aux traitements était globalement faible dans l’étude, avec une meilleure adhésion pour le bupropion que pour la duloxétine par exemple.
Choisir le bon antidépresseur, une décision personnalisée
Au final, cette étude fournit des données précieuses issues de la “vie réelle” pour aider médecins et patients à faire des choix éclairés parmi les antidépresseurs les plus courants. La prise de poids attendue n’est qu’un des nombreux paramètres à prendre en compte, aux côtés de l’efficacité, des autres effets secondaires, des interactions…
Chaque patient étant unique, il est essentiel d’avoir une discussion ouverte avec son médecin pour trouver le traitement le mieux adapté à sa situation et à ses préférences. L’enjeu est de maximiser les bénéfices et l’observance sur le long terme, pour une prise en charge optimale de la dépression.
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Sources éditoriales et fact-checking
