Des chercheurs viennent de montrer que perturber notre horloge interne, comme c’est le cas pour les personnes qui travaillent la nuit ou voyagent souvent, ne se contente pas de nous fatiguer : cela peut accélérer le développement d’un cancer du sein agressif.
En bref
Une horloge biologique déréglée = moins de défenses
Notre corps suit un rythme appelé rythme circadien. Il dit à nos cellules quand dormir, se réparer, libérer des hormones ou activer le système immunitaire. Quand ce rythme est bouleversé, par un travail de nuit, un horaire irrégulier ou des vols fréquents entre fuseaux horaires : ces fonctions essentielles se dérèglent, et l’organisme devient plus vulnérable.
Dans l’étude publiée dans Oncogene(1), des souris génétiquement modifiées pour développer un cancer du sein ont été exposées à deux conditions :
- Un cycle normal jour/nuit ;
- Un cycle où leur horloge interne était constamment perturbée.
Résultat : celles avec une horloge déréglée ont développé des tumeurs plus tôt (autour de 18 semaines au lieu de 22), des tumeurs plus agressives et plus susceptibles de se propager aux poumons.
LILRB4 : le frein du système immunitaire
Les chercheurs ont aussi identifié une molécule importante dans ce mécanisme : LILRB4.
- Normalement, cette molécule aide à calmer le système immunitaire pour éviter des réactions excessives.
- Mais quand l’horloge interne est déréglée, LILRB4 devient plus active dans les tissus cancéreux. Cela freine l’action des cellules immunitaires, laissant le cancer s’installer et se développer.
En bloquant cette molécule chez les souris, les scientifiques ont observé moins de propagation des tumeurs et une meilleure réponse immunitaire, même quand l’horloge biologique était perturbée.
Que retenir concrètement
Ce que montre cette recherche :
- Travailler la nuit ou avoir un rythme de sommeil désordonné peut aller bien au-delà de la simple fatigue : cela affecte le fonctionnement de l’organisme et la défense contre le cancer.
- Une molécule immunitaire (LILRB4) joue un rôle central dans ce lien, et la cibler pourrait ouvrir de nouvelles pistes thérapeutiques.
Même si ces résultats viennent d’expérimentations animales, ils confirment une tendance déjà observée dans d’autres études : un désordre durable du rythme circadien serait associé à un risque accru de cancer.
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Sources éditoriales et fact-checking