Le réveil sonne, mais impossible de bouger la tête. Un élancement dans le cou vous fige sur place. Cette douleur lancinante qui irradie dans la nuque, vous la connaissez bien. Elle vous pourrit la vie plus souvent qu’à votre tour. Le torticolis est de retour, plus tenace que jamais.
Ce mal qui vous cloue au lit n’arrive pas par hasard. Il se faufile sournoisement à la faveur d’une mauvaise posture, d’un courant d’air ou d’un faux mouvement. Et vous voilà condamné à rester allongé des heures durant, le cou bloqué dans une position intenable, à attendre que ça passe.
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Définition
Le torticolis, également appelé cervicalgie aiguë, est une contracture douloureuse des muscles du cou qui entraîne une inclinaison et une limitation des mouvements de la tête. Cette affection très désagréable se manifeste par une raideur et une douleur dans le cou, généralement sur un côté. Elle empêche de tourner normalement la tête et oblige à la maintenir de travers.
Le torticolis est un motif de consultation médical très fréquent. Il peut survenir à tout âge, mais touche le plus souvent l’adulte jeune. Heureusement, dans la majorité des cas, il s’agit d’un torticolis bénin qui se résout en quelques jours avec un traitement adapté. Cependant, un cou bloqué ou une raideur de la nuque qui perdure ou récidive fréquemment doit alerter.
On distingue plusieurs types de torticolis :
Congénital
- Présent dès la naissance, dû à un mauvais positionnement du fœtus in utero ;
- Se manifeste par une inclinaison de la tête du côté controlatéral au muscle sterno-cléido-mastoïdien (SCM) rétracté ;
- Affecte légèrement plus les garçons que les filles (ratio 1,2/1).
Positionnel ou postural
- Survient à la suite du maintien prolongé de la tête dans une position inhabituelle ou inconfortable ;
- Disparaît spontanément avec la correction de la posture.
Aigu de l’adulte
- Le plus fréquent, apparaît soudainement, souvent au réveil ;
- Lié à un faux-mouvement ou un courant d’air froid ;
- Guérit spontanément en quelques jours.
Spasmodique ou dystonie cervicale
- Affection neurologique rare entraînant des contractions involontaires des muscles cervicaux ;
- Évolution progressive sur plusieurs semaines ou mois ;
- Tête figée dans une position anormale de façon permanente.
Post-traumatique
- Consécutif à un traumatisme du rachis cervical (coup du lapin) ;
- Raideur et limitation des mouvements du cou.
Le torticolis se manifeste par une douleur et une raideur dans le cou, une difficulté ou impossibilité de tourner la tête du côté atteint. La nuque est contractée, les mouvements sont limités et provoquent une douleur vive.
Causes et facteurs de risque
Les causes du torticolis sont multiples. Dans certains cas, on retrouve un traumatisme cervical comme élément déclencheur, par exemple après un accident de voiture. Mais le plus souvent, aucun traumatisme évident n’est retrouvé. Les principaux facteurs de risque et causes du torticolis sont :
- Une mauvaise posture au travail ou dans les activités quotidiennes, en particulier une position prolongée de la tête penchée en avant (sur un écran d’ordinateur par exemple) ;
- Le froid et l’humidité qui provoquent des contractures ;
- Le stress et la fatigue qui crispent les muscles ;
- L’arthrose cervicale sous-jacente ;
- Certaines infections ORL ;
- La pratique intensive de certains sports sollicitant les cervicales (tennis, golf…).
Certains sont plus sujets aux torticolis, notamment les personnes sédentaires ou stressées. Les femmes enceintes également, à cause des modifications hormonales.
Mais ce mal sournois guette tout le monde. Il suffit d’un geste brusque, d’une mauvaise position pendant le sommeil, et le tour est joué.
Diagnostic de ce mal tenace
Devant un torticolis, le médecin recherche d’abord des signes de gravité qui imposent une prise en charge en urgence. Il s’agit notamment d’une fièvre associée, de signes neurologiques (engourdissements, faiblesse musculaire, troubles visuels…), ou d’un traumatisme cervical violent.
En l’absence de signe de gravité, le diagnostic repose sur l’interrogatoire et l’examen clinique. Le médecin recherche des éléments orientant vers une cause précise, comme une infection ORL ou un traumatisme.
L’examen physique permet d’objectiver la contracture douloureuse des muscles du cou, et d’apprécier l’importance de la limitation des mouvements du cou. Des examens d’imagerie comme des radiographies ou un scanner peuvent être prescrits pour rechercher une cause sous-jacente.

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Traitements pour retrouver sa mobilité
Face à un torticolis, il est tentant de rester alité en attendant que ça passe. Mais certains traitements permettent d’atténuer les symptômes et de retrouver sa mobilité rapidement :
- Le paracétamol (antalgiques) ou l’ibuprofène (anti-inflammatoire) pour calmer la douleur ;
- Des myorelaxants en application locale aideront à décontracter les muscles cervicales ;
- L’application de chaleur sur la zone douloureuse pour détendre les muscles (douche ou un bain chaud, bouillotte, patch chauffant ou baume du tigre) ;
- La kinésithérapie pour assouplir les muscles contractés ;
- Le port d’une minerve pour immobiliser le cou ;
- Des massages pour stimuler la circulation sanguine ;
- Le repos du cou, en évitant les efforts et les mauvaises postures qui entretiennent la contracture.
Il est également recommandé de reprendre progressivement ses activités en évitant les gestes brusques. Des exercices d’étirement et de renforcement musculaire aideront à assouplir le cou.
En cas de torticolis qui persiste au-delà de 2 semaines malgré ce traitement bien conduit, des injections de corticoïdes en local peuvent être proposées. La chirurgie n’est envisagée qu’en dernier recours, en cas de conflit disco-radiculaire objectivé.
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Prévenir ce mal qui vous cloue au lit
Quelques mesures simples permettent de prévenir l’apparition des torticolis :
- Veiller à adopter une bonne posture au quotidien, en évitant de rester longtemps la tête penchée vers l’avant ;
- Pratiquer régulièrement des étirements doux des muscles du cou et des exercices de renforcement de la ceinture scapulaire ;
- Lutter contre le stress par des techniques de relaxation et de gestion du stress ;
- Maintenir ses cervicales en bonne santé avec des séances régulières de massage, ostéopathie ou kinésithérapie préventive ;
- Bien se couvrir par temps froid et humide, mais aussi éviter les courants d’air avec une écharpe pour éviter les contractures.
Quand consulter un médecin ?
Dans la majorité des cas, le torticolis guérit spontanément en quelques jours. Toutefois, il est recommandé de consulter rapidement si :
- La douleur est très intense et empêche tout mouvement du cou ;
- Le torticolis s’accompagne de fièvre, signes neurologiques ou suites d’un traumatisme important ;
- Le torticolis dure depuis plus d’une semaine malgré le traitement ;
- Les épisodes de torticolis ont tendance à récidiver fréquemment.
Dans ces situations, il est préférable de consulter son médecin traitant qui déterminera si des examens complémentaires sont nécessaires et adaptera le traitement. Le torticolis qui perdure peut être le signe d’une pathologie sous-jacente qu’il convient de diagnostiquer.

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Comment diagnostique-t-on le torticolis chez les bébés ?
Voici comment on diagnostique le torticolis chez les bébés :
Symptômes
- Tête inclinée ou tournée préférentiellement d’un côté ;
- Menton pointant du côté opposé à l’inclinaison ;
- Limitation des mouvements de rotation du cou ;
- Préférence à regarder par-dessus une épaule ;
- Préférence pour un sein à l’allaitement ;
- Bosse ou nodosité au niveau du muscle sterno-cléido-mastoïdien.
Imagerie médicale
Des radiographies du rachis cervical ou une échographie peuvent être prescrites pour confirmer le diagnostic et éliminer une cause sous-jacente.
Âge d’apparition
- Torticolis congénital : présent dès la naissance ;
- Torticolis postural : apparaît dans les premières semaines de vie.
Le diagnostic précoce, idéalement dans le premier mois, est important pour instaurer rapidement la prise en charge et éviter les complications.
Vos questions les plus posées
Quel est le meilleur oreiller contre le torticolis ?
Un oreiller ergonomique et orthopédique, de préférence en mousse à mémoire de forme, pour un bon maintien de la nuque et du cou.
L’épaisseur doit être adaptée à votre morphologie. Ni trop fin, ni trop épais.
Un oreiller ferme qui soutient la nuque sans être dur. Les oreillers trop mous sont à éviter.
Un oreiller cervical permet de garder la tête dans le prolongement de la colonne vertébrale.
Quels sports sont déconseillés en cas de torticolis ?
Les sports avec des mouvements brusques et répétés du cou : tennis, golf, natation.
Les sports de contact : rugby, football américain, arts martiaux.
Le yoga et le Pilates mal exécutés avec des postures extrêmes.
La musculation avec des charges trop lourdes.
Le vélo et l’équitation si mauvaise posture.
Existe-t-il une meilleure position pour dormir ?
La meilleure position est sur le dos, avec éventuellement un oreiller sous les genoux.
Sur le côté, avec un oreiller entre les genoux et un oreiller adapté sous la tête.
Éviter le ventre qui oblige à tourner la tête sur le côté.
Ne pas utiliser d’oreiller trop épais qui fait basculer la tête vers l’avant.
Garder la tête dans le prolongement de la colonne pour ne pas tordre le cou.
Le mot de la fin
Le torticolis est une affection cervicale douloureuse fréquente et le plus souvent bénigne. Avec un diagnostic précoce et une prise en charge adaptée, axée sur la kinésithérapie et l’hygiène posturale, il est possible d’obtenir une guérison rapide et d’éviter les récidives. N’hésitez pas à consulter si le torticolis persiste au-delà de quelques jours. Prenez soin de votre cou !
