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Progestérone

La progestérone est l'hormone du corps jaune, la structure qui se forme dans l'ovaire après l'ovulation. Son dosage en milieu de phase lutéale confirme qu'une ovulation a eu lieu, à condition de bien choisir le jour du prélèvement.

Prise de sangPrélèvement de saliveFamille : hormones sexuelles et fertilitéPreuve courante

Testez-vous en 5 questions

Le cadran

  • Valeurs usuelles (généralement inférieures à) moins de 0,5 ng/mL (× 3,18 = nmol/L)

Enfant · Source des repères : Eurofins Biomnis, Précis de biopathologie — Progestérone (2013), immunodosage.

ng/mL (× 3,18 = nmol/L)

Les seuils changent d’un laboratoire à l’autre : ceux de votre compte rendu passent avant. Rien n’est envoyé, le calcul se fait dans votre navigateur.

En bref

La progestérone est une hormone fabriquée surtout par le corps jaune après l'ovulation. Elle prépare l'utérus à accueillir un embryon et soutient le début de la grossesse. Son dosage sert à confirmer l'ovulation et à explorer certaines difficultés de fertilité.

À lire avec

Prise de sang · Prélèvement de saliveBilan d'infertilité féminine ; suivi de procréation médicalement assistée ; profils hormonaux salivaires ou urinaires de laboratoires spécialisés (repères propres à chaque laboratoire, par exemple Precision Analytical pour les profils urinaires).

ng/mL (× 3,18 = nmol/L)Preuve courante2 sources

Profil sportif

Chez une sportive dont les cycles sont irréguliers ou absents (entraînement intense, apport énergétique insuffisant), une progestérone qui reste basse en phase lutéale suggère l'absence d'ovulation. Elle aide à distinguer un cycle sans ovulation d'un cycle ovulatoire. Les causes sont des pistes à discuter avec un médecin du sport ou un gynécologue.

Pourquoi on la demande

  • Confirmer qu'une ovulation a eu lieu : dosage en milieu de phase lutéale, environ une semaine avant les règles attendues.
  • Explorer une infertilité ou des fausses couches répétées (suspicion d'insuffisance lutéale).
  • Surveiller une procréation médicalement assistée et les transferts d'embryons.
  • Début de grossesse : saignements ou suspicion de grossesse extra-utérine, avec l'hCG.
  • Rechercher un déficit en 17-α-hydroxylase devant une hypertension avec hypokaliémie.

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur basse

  • Absence d'ovulation (anovulation) ou prélèvement hors de la phase lutéale.
  • Insuffisance lutéale : diagnostic discuté, car un dosage unique n'est pas fiable.
  • Grossesse extra-utérine ou grossesse non évolutive : valeur anormalement faible, lue avec l'hCG.
  • Ménopause : valeurs très faibles, attendues.

Causes d’une valeur haute

  • Phase lutéale normale ou grossesse débutante.
  • Stimulation ovarienne ou traitement par progestatif.
  • Déficit en 17-α-hydroxylase (très rare) : progestérone très augmentée avec d'autres stéroïdes non hydroxylés en 17.

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Jour du prélèvement : hors phase lutéale, une valeur paraît basse alors que l'ovulation a bien eu lieu. Le « jour 21 » ne vaut que pour un cycle de durée standard.
  • Contraception œstroprogestative ou traitement par progestérone : à signaler au laboratoire.
  • Sécrétion pulsatile : un dosage unique varie d'un moment à l'autre et d'un cycle à l'autre.
  • Technique de dosage : les valeurs dépendent du réactif, d'où l'intérêt de comparer avec les repères du même laboratoire.
  • Grossesse : les valeurs dépassent largement celles du cycle.
  • Dosage salivaire : aucun repère validé par une autorité de santé n'a été trouvé ; les repères dépendent du laboratoire.

Ce que mesure l’analyse

La progestérone est une hormone stéroïde fabriquée à partir de la prégnénolone, elle-même issue du cholestérol. Chez la femme en âge de procréer, elle vient presque entièrement du corps jaune, la structure qui reste dans l’ovaire après l’ovulation. Cela se passe pendant la phase lutéale, la seconde moitié du cycle. Chez l’homme, l’enfant, la femme en première partie de cycle et la femme ménopausée, elle provient en petite quantité des surrénales.

Son rôle : préparer l’utérus. Après l’action de l’estradiol, qui fait épaissir la muqueuse, la progestérone transforme cette muqueuse pour qu’un embryon puisse s’y implanter, puis elle aide à maintenir la grossesse. Le corps jaune assure sa production pendant les premières semaines ; le placenta prend ensuite le relais. Dans le sang, elle circule surtout liée à des protéines de transport, et seule une petite fraction est libre.

Comment se passe le prélèvement

Dans le sang, le jour du cycle décide de tout. Pour confirmer une ovulation, on prélève en milieu de phase lutéale, environ une semaine avant les règles attendues. Le « jour 21 » ne vaut que pour un cycle de durée standard : si vos cycles sont plus longs, on décale le prélèvement d’autant. Avec des cycles irréguliers, le médecin peut demander plusieurs dosages et interpréter le résultat une fois les règles revenues.

Indiquez toujours la date de vos dernières règles, une grossesse possible, une contraception œstroprogestative ou un traitement par progestérone. Il existe aussi un dosage dans la salive, proposé surtout par des laboratoires de médecine fonctionnelle. Nous n’avons trouvé aucune recommandation d’autorité de santé ni de société savante qui le valide pour confirmer l’ovulation ou diagnostiquer un déficit. Ses repères dépendent du laboratoire, et nous n’en donnons pas ici.

Comment lire le résultat

Le résultat s’exprime en ng/mL ou en nmol/L (multipliez les ng/mL par 3,18). Les valeurs dépendent de la technique de dosage : lisez toujours votre résultat avec les repères imprimés sur votre compte rendu. À titre indicatif, Biomnis donne, chez la femme, jusqu’à 1,3 ng/mL en phase folliculaire et de 5 à 25 ng/mL en milieu de phase lutéale. Au-delà de 5 ng/mL, la présence d’un corps jaune, donc d’une ovulation, est considérée comme établie.

Les seuils ne font pas consensus. En pratique générale britannique, on retient plutôt plus de 30 nmol/L (près de 9,4 ng/mL) comme compatible avec une ovulation, et on répète le dosage entre 10 et 30 nmol/L en revoyant le calendrier des cycles. La sécrétion de progestérone est pulsatile : une valeur isolée peut tomber dans un creux. C’est pourquoi un dosage unique ne suffit pas à diagnostiquer une insuffisance lutéale ; l’anomalie doit se répéter sur plusieurs cycles.

Pendant la grossesse, les valeurs montent bien plus haut (15 à 50 ng/mL entre 5 et 13 semaines d’aménorrhée, 95 à 200 ng/mL en fin de grossesse) et ne se comparent plus aux repères du cycle. Le dosage n’a d’intérêt qu’au premier trimestre : saignements, fausses couches répétées, ou suspicion de grossesse extra-utérine, où la valeur est anormalement basse et se lit avec l’hCG.

Ce que dit la science

Le dosage au milieu de la phase lutéale est la méthode biologique classique pour confirmer une ovulation, mais il n’existe pas de seuil unique : selon les sources, la limite se situe entre quelques ng/mL et une dizaine. Un seuil de 10 ng/mL en milieu de phase lutéale a été proposé pour définir l’insuffisance lutéale. Il a été rapidement jugé peu fiable comme critère isolé, à cause des grandes variations entre personnes et de la sécrétion pulsatile. D’autres auteurs ont proposé trois prélèvements à trois jours différents, avec une somme supérieure à 15 ng/mL, sans consensus clair.

Le niveau de preuve est donc « courant » : le dosage est utile et très utilisé pour confirmer l’ovulation, mais fragile pour poser un diagnostic d’insuffisance lutéale. Il n’existe pas de repère validé pour la progestérone salivaire.

Les analyses à associer

  • L’œstradiol, qui prépare l’action de la progestérone.
  • La LH, dont le pic précède l’ovulation.
  • L’hCG, en début de grossesse.
  • La 17-hydroxyprogestérone, stéroïde voisin utile devant une hypertension ou un excès d’androgènes.

À retenir

  • Le moment du prélèvement compte plus que le chiffre : milieu de phase lutéale, et non un jour fixe.
  • Au-delà de 5 ng/mL, une ovulation est affirmée selon Biomnis ; d’autres sources retiennent un seuil plus élevé.
  • Un dosage unique ne suffit pas à parler d’insuffisance lutéale.
  • Le dosage salivaire n’a pas de repère validé par une autorité de santé.

Testez-vous 5 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Quand prélever la progestérone pour confirmer une ovulation ?

  2. 02Selon Biomnis, au-delà de quelle valeur la progestérone affirme-t-elle la présence d'un corps jaune ?

  3. 03Une progestérone basse, mesurée un seul jour, prouve-t-elle une insuffisance lutéale ?

  4. 04Pourquoi un jour fixe du cycle n'est-il pas valable pour toutes les femmes ?

  5. 05Le dosage salivaire de la progestérone est-il validé pour confirmer l'ovulation ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 2

  1. 1Eurofins Biomnis, Précis de biopathologie — Progestérone (2013)
  2. 2GPnotebook (Oxbridge Solutions), Progesterone (ovulatory test)

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.