Ce que mesure l’analyse
L’hCG (gonadotrophine chorionique humaine) est une hormone fabriquée par le placenta en formation. Elle apparaît quand l’embryon s’implante dans l’utérus, puis augmente vite. On dose le plus souvent sa sous-unité bêta, propre à l’hCG. Hors grossesse, l’hCG est très basse ou absente.
Au-delà de la grossesse, l’hCG est aussi produite par certaines tumeurs : maladies trophoblastiques (môle, choriocarcinome) et tumeurs germinales, notamment du testicule. Elle fait partie des marqueurs tumoraux utilisés avec l’alpha-fœtoprotéine et les LDH (ASCO 2010 ; EAU 2026).
Comment se passe le prélèvement
Une prise de sang suffit ; il n’y a pas de préparation particulière, et le dosage quantitatif est plus sensible qu’un test urinaire. Le test urinaire, en pharmacie ou au laboratoire, répond par oui ou non et manque de sensibilité si l’urine est diluée ou si la grossesse est très précoce.
Si le doute persiste, le médecin demande un second dosage à quelques jours d’intervalle, de préférence dans le même laboratoire. Signalez tout traitement par hCG (fertilité, usage détourné) : il reste détectable plusieurs jours et fausse le résultat.
Comment lire le résultat
L’unité est l’UI/L (1 UI/L équivaut à 1 mUI/mL). Selon Dynacare (méthode Roche Cobas), la valeur attendue chez l’homme est inférieure à 3 UI/L. Chez la femme non enceinte avant la ménopause, elle est inférieure à 5 UI/L. La zone de 5 à 9 UI/L est équivoque et appelle un recontrôle. Après la ménopause, elle reste inférieure à 8 UI/L.
Ce qui compte vraiment est la cinétique. Dans une grossesse intra-utérine évolutive, l’hCG augmente d’au moins 35 % en deux jours. Dans les trois premières semaines, elle double environ tous les deux jours. Après une fausse couche, elle baisse de 36 à 47 % en deux jours. Une baisse plus lente évoque plutôt une grossesse extra-utérine (Dynacare, d’après Pittaway 1985 et Morse 2012).
Ces repères ne doivent pas servir seuls : environ 21 % des grossesses extra-utérines ont une hausse semblable à celle d’une grossesse normale, et 8 % ont une baisse semblable à celle d’une fausse couche. L’échographie et l’examen clinique restent indispensables. Chaque laboratoire a sa méthode : l’ANSM a observé des résultats d’hCG très disparates selon les réactifs.
Ce que dit la science
Niveau de preuve : validé. Le dosage de l’hCG est la méthode de référence pour confirmer une grossesse et suivre une grossesse précoce incertaine. Il comporte pourtant des pièges bien décrits : les anticorps hétérophiles peuvent donner un faux positif, un taux extrêmement élevé peut donner un faux négatif par effet crochet, et le test urinaire peut manquer une grossesse très précoce si l’urine est diluée (ADLM, CLN Stat 2015 ; Biochem Med 2023).
Chez l’homme, une hCG élevée oriente vers une tumeur germinale ; les recommandations de l’ASCO et de l’EAU prévoient de la doser avec l’alpha-fœtoprotéine et les LDH avant et après le traitement. Dans le sport, l’hCG est interdite chez l’homme.
Les analyses à associer
- Progestérone : elle soutient le début de grossesse.
- Œstradiol : il complète le tableau hormonal.
- Alpha-fœtoprotéine : marqueur tumoral à lire avec l’hCG en cas de suspicion de tumeur germinale.
- Hormone lutéinisante : très proche de l’hCG, elle peut gêner certains dosages.
À retenir
- Une bêta-hCG inférieure à 5 UI/L chez une femme non ménopausée correspond à une absence de grossesse détectable.
- L’évolution sur 48 heures compte plus qu’une valeur isolée.
- Les valeurs d’un laboratoire ne se transposent pas à un autre.
- Faux positifs et faux négatifs existent : informez le laboratoire en cas de doute.
- En cas de saignements, de douleurs ou d’hCG inattendue, consultez rapidement un médecin.