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Prolactine

Aussi appelée PRL · Prolactine monomérique

La prolactine est l'hormone de la lactation, aussi impliquée dans la fertilité. Une valeur élevée a souvent une cause simple (médicament, grossesse), mais peut révéler un adénome de l'hypophyse.

Prise de sangFamille : hormones sexuelles et fertilitéPreuve validée

Testez-vous en 5 questions

Le cadran

  • Adulte (valeurs indicatives) 85 à 325 mUI/L

Homme · Source des repères : Eurofins Biomnis, Précis de biopathologie — Prolactine (2013), 3e standard international 84-500.

mUI/L

Les seuils changent d’un laboratoire à l’autre : ceux de votre compte rendu passent avant. Rien n’est envoyé, le calcul se fait dans votre navigateur.

En bref

La prolactine est produite par l'hypophyse. Elle déclenche et entretient la lactation et agit sur la fertilité. Son dosage explore des règles absentes, une infertilité, un écoulement de lait ou une baisse de libido, et cherche un éventuel adénome hypophysaire.

À lire avec

Prise de sangBilan d'infertilité ; bilan d'aménorrhée ; bilan hypophysaire ; recherche de macroprolactine par précipitation au PEG.

mUI/LPreuve validée5 sources

Profil sportif

Biomnis note qu'un stress peut faire monter très légèrement la prolactine et recommande un prélèvement au repos. Un effort intense juste avant la prise de sang est une forme de stress physique : mieux vaut l'éviter et le signaler au laboratoire. Un traitement contre les nausées ou la douleur peut aussi expliquer une valeur élevée.

Pourquoi on la demande

  • Explorer des troubles du cycle (règles rares ou absentes), une infertilité ou un écoulement de lait en dehors de l'allaitement.
  • Chez l'homme, chercher la cause d'une baisse de la libido ou d'une impuissance.
  • Rechercher un adénome de l'hypophyse (prolactinome) devant des maux de tête ou des troubles visuels.
  • Vérifier si un médicament peut expliquer une prolactine élevée.
  • Écarter une cause hormonale d'un excès d'androgènes ou d'une aménorrhée, avec la TSH.

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur haute

  • Grossesse, allaitement.
  • Médicaments qui augmentent la prolactine, cause très fréquente.
  • Prolactinome (adénome de l'hypophyse).
  • Hypothyroïdie, syndrome des ovaires polykystiques, insuffisance surrénale.
  • Insuffisance rénale ou cirrhose.
  • Macroprolactinémie (fausse élévation).

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Stress et heure du prélèvement : une élévation minime est possible ; évitez la fin de nuit et prélevez au repos.
  • Médicaments : neuroleptiques, tricycliques, antiémétiques (métoclopramide, dompéridone, métopimazine), méthyldopa, réserpine, morphine, méthadone, œstrogènes, cimétidine.
  • Grossesse et allaitement : la prolactine est physiologiquement élevée.
  • Macroprolactine : forme biologiquement inactive, mesurée par certains réactifs, qui donne une fausse hyperprolactinémie.
  • Réactif : les valeurs varient selon la trousse, c'est pourquoi on ne compare pas des résultats de laboratoires différents.
  • Repas et phase du cycle : d'après les experts français, il n'est en pratique pas nécessaire d'en tenir compte.

Ce que mesure l’analyse

La prolactine (PRL) est une hormone fabriquée par les cellules lactotropes de l’hypophyse. Elle déclenche et entretient la lactation et joue un rôle dans la fertilité, en agissant sur le système nerveux central et sur les gonades. Sa sécrétion est freinée en permanence par la dopamine, un messager de l’hypothalamus. La TRH, elle, la stimule. Sa demi-vie dans le sang est de 30 à 50 minutes.

Dans le sang, la prolactine existe sous plusieurs formes. La forme principale, dite little ou monomérique, pèse 23 kDa et représente plus de 70 % du total. Il existe aussi des formes plus lourdes : la big prolactine et la macroprolactine, un complexe de prolactine et d’immunoglobuline G. Ces formes lourdes sont biologiquement inactives, mais certains réactifs les mesurent.

Comment se passe le prélèvement

C’est une prise de sang. Selon un consensus d’experts de la Société française d’endocrinologie (2006), rapporté par Biomnis, le stress peut élever très légèrement la prolactine : on recommande un prélèvement au repos, sans cathéter. En pratique, il n’est pas nécessaire de tenir compte de la période du cycle, de l’horaire (en évitant la fin de nuit) ni des repas. L’Endocrine Society va dans le même sens : le prélèvement peut se faire à tout moment de la journée, et un seul dosage suffit généralement.

Avant le dosage, signalez vos médicaments : neuroleptiques, antidépresseurs tricycliques, antiémétiques, certains antihypertenseurs, morphine, méthadone, œstrogènes. Dites aussi si vous êtes enceinte ou si vous allaitez.

Comment lire le résultat

Biomnis rend la prolactine en mUI/L et non plus en ng/mL, car les valeurs en ng/mL varient selon les réactifs (facteur de conversion variable, de 22 à 36 mUI/L pour 1 ng/mL). À titre indicatif, les valeurs sont de 100 à 500 mUI/L chez la femme et de 85 à 325 mUI/L chez l’homme. Le seuil pathologique est fixé à 900 mUI/L. Des valeurs très élevées, au-delà de 3 000 (l’unité est écrite « U/ml » dans le document de Biomnis, nous la lisons comme mUI/L), sont en faveur d’un adénome hypophysaire.

Une hyperprolactinémie modérée, de moins de 5 fois la normale, se confirme sur un second prélèvement, sans médicament pouvant l’influencer, et si possible avec une autre trousse. Un point important : des valeurs très hautes n’indiquent pas toujours une tumeur. Selon S. Melmed, même des taux au-delà de 200 ng/mL peuvent être causés par des antipsychotiques. Quand la clinique et la biologie ne concordent pas, on cherche une macroprolactine.

Ce que dit la science

La recommandation de l’Endocrine Society (2011) insiste sur l’élimination d’une cause médicamenteuse avant toute IRM, puis sur la recherche de macroprolactine quand la prolactine est élevée sans symptômes. Les causes d’une élévation sont multiples : prolactinome, hypothyroïdie, syndrome des ovaires polykystiques, insuffisance surrénale, cirrhose, insuffisance rénale, lésions proches de la selle turcique.

Les repères varient d’un réactif à l’autre. Une étude de 2023 d’un laboratoire français a vérifié les intervalles de référence du réactif Roche, parce que des travaux avaient montré qu’il pouvait surestimer la prolactine par rapport à d’autres plateformes. Le niveau de preuve est « validé » : le dosage est recommandé par une société savante, mais ses repères sont propres à chaque réactif.

Les analyses à associer

  • La macroprolactine, pour éliminer une fausse élévation.
  • La TSH, car l’hypothyroïdie peut augmenter la prolactine.
  • La FSH, pour comprendre un trouble des règles.
  • La testostérone totale, chez l’homme.

À retenir

  • Une prolactine élevée a souvent une cause simple : médicament, grossesse, allaitement.
  • Le prélèvement se fait au repos, sans contrainte de jeûne, en évitant la fin de nuit.
  • Une élévation modérée se contrôle sur un second prélèvement.
  • Sans symptôme, cherchez une macroprolactine avant d’aller plus loin.
  • Comparez avec les repères de votre laboratoire, pas avec ceux d’un autre.

Testez-vous 5 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Faut-il être à jeun ou à une heure précise pour doser la prolactine ?

  2. 02Selon Biomnis, à partir de quelle valeur le seuil pathologique est-il fixé ?

  3. 03Une prolactine modérément élevée est découverte. Quel est le premier réflexe ?

  4. 04Une prolactine élevée sans aucun symptôme : quelle analyse peut aider ?

  5. 05Les résultats de prolactine de deux laboratoires sont-ils directement comparables ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 5

  1. 1Eurofins Biomnis, Précis de biopathologie — Prolactine (2013)
  2. 2Melmed S, Casanueva FF, Hoffman AR, Kleinberg DL, Montori VM, Schlechte JA, Wass JAH. Diagnosis and treatment of hyperprolactinemia: an Endocrine Society clinical practice guideline. J Clin Endocrinol Metab. 2011;96(2):273-288. doi:10.1210/jc.2010-1692
  3. 3Koch L. New Endocrine Society guidelines for hyperprolactinemia — piecing together the pituitary puzzle (propos de S. Melmed). Nat Rev Endocrinol. 2011;7:247
  4. 4Ilardo C, Coulon G, Ehrhard Y, Barthes J. Verification of Roche reference ranges for serum prolactin in children, adolescents, adults, and the elderly. Int J Clin Biochem Res. 2023;10(2):144-148. doi:10.18231/j.ijcbr.2023.024

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.