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Macroprolactine

Aussi appelée Big-big prolactine · MPRL · Prolactine de haut poids moléculaire

La macroprolactine est un complexe inactif de prolactine et d'anticorps qui peut faire croire à une hyperprolactinémie. Le test au PEG permet de la reconnaître et d'éviter des examens inutiles.

Prise de sangFamille : hormones sexuelles et fertilitéPreuve courante

Testez-vous en 5 questions

Le cadran

  • Macroprolactine prédominante (critère strict de récupération moins de 40 % de récupération de la prolac
  • Zone grise selon les laboratoires (critère de récupération p 40 à 60 % de récupération de la prolac
  • Prolactine surtout monomérique : hyperprolactinémie « vraie plus de 60 % de récupération de la prolac

Adulte · Source des repères : Biochem Med 2019;29(2):020706, doi:10.11613/BM.2019.020706 ; Biochem Med 2019 ; étude « Evaluation of percentage recovery together with modified reference range in hyperprolactinemia » ; Étude « Evaluation of percentage recovery together with modified reference range in hyperprolactinemia ».

% de récupération de la prolac

Les seuils changent d’un laboratoire à l’autre : ceux de votre compte rendu passent avant. Rien n’est envoyé, le calcul se fait dans votre navigateur.

En bref

La macroprolactine est une forme de la prolactine liée à un anticorps. Elle est mesurée par certains réactifs mais n'agit pas dans l'organisme. Sa recherche évite de prendre pour une vraie hyperprolactinémie ce qui n'est qu'un artefact de dosage.

Pourquoi on la demande

  • Expliquer une prolactine élevée sans symptôme évocateur (règles normales, pas d'écoulement de lait).
  • Éviter une IRM de l'hypophyse ou un traitement inutiles devant une fausse hyperprolactinémie.
  • Vérifier qu'une hyperprolactinémie modérée est bien « vraie » avant d'engager des examens.
  • Comprendre une discordance entre la clinique et la biologie, comme l'exige Biomnis.

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur basse

  • Macroprolactine prédominante : formation d'un complexe entre la prolactine et une immunoglobuline G, sans signe clinique en général.
  • Faux positif lié à des globulines élevées (par exemple chez certains patients infectés par le VIH, dans une série décrite).

Causes d’une valeur haute

  • Dans le test au PEG, une récupération élevée (plus de 60 %) indique que la prolactine mesurée est surtout monomérique.
  • Une macroprolactinémie peut coexister avec une vraie hyperprolactinémie, ce qui nécessite de lire la prolactine après PEG.

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Globulines élevées : elles précipitent avec le PEG et peuvent donner un faux positif de macroprolactine.
  • Type de PEG utilisé : 6000 ou 8000, ce qui modifie les intervalles de référence de la prolactine après précipitation.
  • Réactif de prolactine : certains reconnaissent plus ou moins la macroprolactine ; le réactif Roche Elecsys Prolactine II y réagit moins.
  • Critère de rendu : un résultat en % de récupération peut masquer une vraie hyperprolactinémie associée.
  • Protocole du laboratoire : seuils et méthodes de rendu varient d'un laboratoire à l'autre.

Ce que mesure l’analyse

La prolactine circule dans le sang sous plusieurs formes. La forme principale, monomérique, pèse 23 kDa. Les formes plus lourdes, dites big et big-big prolactine, sont biologiquement inactives. La plus grosse, la macroprolactine, pèse 150 à 170 kDa : c’est un complexe formé de prolactine et d’une immunoglobuline G. Elle représente moins de 10 % de la prolactine totale chez une personne en bonne santé.

Elle n’est pas dangereuse en elle-même, mais elle peut tromper. Selon les réactifs, un dosage de prolactine peut la compter : le résultat paraît alors élevé, alors que la prolactine réellement active est normale. On parle de macroprolactinémie quand cette forme domine. Dans ce cas, il s’agit d’un artefact de dosage, et non d’une maladie hypophysaire.

Comment se passe le prélèvement

Aucune préparation particulière n’est demandée au-delà de celle de la prolactine : prise de sang au repos, en évitant la fin de nuit. Le laboratoire réalise ensuite sur le même échantillon un traitement au polyéthylèneglycol (PEG), qui précipite les formes lourdes. Il dose la prolactine avant et après ce traitement. Une autre méthode, la chromatographie de filtration sur gel, sépare les formes selon leur taille ; elle sert de confirmation, mais elle est plus lourde à mettre en œuvre.

Si votre prolactine dépasse la limite supérieure du laboratoire, certains laboratoires lancent la recherche de macroprolactine automatiquement. D’autres attendent la demande du médecin. Parlez-en à votre médecin si votre prolactine est élevée sans symptômes.

Comment lire le résultat

Deux façons de rendre le résultat coexistent. La première est le pourcentage de récupération : la prolactine restante après PEG, rapportée à la prolactine de départ. Les seuils les plus utilisés sont 40 % et 60 %. Sous 40 %, on parle de macroprolactine prédominante, c’est le critère strict. Au-dessus de 60 %, la prolactine est surtout monomérique, et une hyperprolactinémie est dite vraie. Entre les deux, la zone est grise.

La seconde façon est de rendre la prolactine après PEG en valeur absolue, comparée à un intervalle de référence propre au laboratoire et à la méthode. Dans une étude d’un laboratoire croate (Roche cobas e601), la prolactine après PEG se situait de 3,0 à 11,5 µg/L chez l’homme et de 3,5 à 17,9 µg/L chez la femme. Ces chiffres ne valent pas pour d’autres réactifs. Cette seconde méthode évite de passer à côté d’une vraie hyperprolactinémie associée à de la macroprolactine, ce que le seul pourcentage ne montre pas.

Ce que dit la science

Dans la même étude croate, portant sur 1 136 patients, la macroprolactinémie représentait 3,3 % de l’ensemble des patients avec le critère de récupération de 40 % ou moins, et 8,8 % avec le critère de 60 % ou moins. Parmi les cas détectés avec le critère le plus large, 29 sur 100 avaient aussi une vraie hyperprolactinémie. Le choix du seuil change donc beaucoup le nombre de diagnostics.

Le test au PEG a des limites : le PEG précipite aussi une partie de la prolactine monomérique avec les globulines du sérum. Des globulines élevées peuvent donc donner un faux positif, comme chez certains patients infectés par le VIH dans une série où un seul patient sur dix présentait une vraie macroprolactine à la chromatographie. De plus, le type de PEG (6000 ou 8000) change les intervalles de référence. Le réactif Roche Elecsys Prolactine II y réagit moins que d’autres. Le niveau de preuve est « courant » : le dépistage est recommandé par l’Endocrine Society, mais les seuils varient selon les laboratoires.

Les analyses à associer

À retenir

  • La macroprolactine est une forme inactive de prolactine, sans signe clinique en général.
  • Une récupération sous 40 % après PEG indique une macroprolactine prédominante ; au-dessus de 60 %, la prolactine est surtout active.
  • Entre 40 % et 60 %, c’est une zone grise.
  • Une vraie hyperprolactinémie peut coexister avec la macroprolactine : demandez la prolactine après PEG.

Testez-vous 5 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Qu'est-ce que la macroprolactine ?

  2. 02Un taux de récupération inférieur à 40 % après précipitation au PEG indique…

  3. 03À quelle récupération conclut-on à une prolactine surtout monomérique ?

  4. 04Le test au PEG peut-il donner un faux positif ?

  5. 05Quels signes cliniques accompagnent généralement une macroprolactinémie ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 6

  1. 1Eurofins Biomnis, Précis de biopathologie — Prolactine (2013)
  2. 2Optimizing laboratory defined macroprolactin algorithm. Biochem Med (Zagreb). 2019;29(2):020706. doi:10.11613/BM.2019.020706
  3. 3Evaluation of percentage recovery together with modified reference range in hyperprolactinemia (définition : récupération inférieure à 40 % ou supérieure à 60 %)
  4. 4Ram S, Harris B, Fernando JJ, Gama R, Fahie-Wilson M. False-positive polyethylene glycol precipitation tests for macroprolactin due to increased serum globulins. Ann Clin Biochem

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.