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Inhibine B

Aussi appelée Inhibin B · INH-B · Inhibine

L'inhibine B est une hormone produite par les cellules de Sertoli du testicule et par les petits follicules de l'ovaire. Elle freine la FSH, mais son intérêt clinique pour un patient donné reste limité.

Prise de sangFamille : hormones sexuelles et fertilitéPreuve émergente

Testez-vous en 5 questions

Le cadran

  • Femme de 42 à 51 ans, cycle régulier, phase folliculaire 1 à 107 pg/mL
  • Femme ménopausée de 51 à 76 ans 1 à 11 pg/mL
  • Femme de 13 à 41 ans, cycle régulier, phase folliculaire (mé 8 à 223 pg/mL

Femme · Source des repères : Cleveland Clinic Laboratories, Inhibin B — changes to reference ranges (février 2021), ELISA ANSH ultrasensible.

pg/mL

Les seuils changent d’un laboratoire à l’autre : ceux de votre compte rendu passent avant. Rien n’est envoyé, le calcul se fait dans votre navigateur.

En bref

L'inhibine B est fabriquée par le testicule chez l'homme et par les petits follicules ovariens chez la femme. Elle freine la production de FSH. Chez l'homme, elle reflète la spermatogenèse ; chez la femme, elle aide à situer la réserve ovarienne et à suivre certaines tumeurs.

Pourquoi on la demande

  • Chez l'homme, explorer la fonction des cellules de Sertoli et la spermatogenèse, avec la FSH.
  • Chez la femme, compléter un bilan de réserve ovarienne (FSH, œstradiol, AMH).
  • Suivre une tumeur de la granulosa de l'ovaire après chirurgie.
  • Aider à évaluer une tumeur épithéliale mucineuse de l'ovaire, en complément d'autres marqueurs.
  • Distinguer, chez la fille, une puberté précoce ou un retard pubertaire.

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur basse

  • Chez l'homme, altération de la spermatogenèse : plus l'arrêt est précoce, plus l'inhibine B est basse.
  • Chez l'homme, absence ou quantité négligeable de spermatozoïdes ; effondrement après irradiation testiculaire.
  • Chez la femme, réserve ovarienne diminuée ou ménopause (valeur dans la zone postménopausique).
  • Après exérèse d'une tumeur de la granulosa : la valeur chute, ce qui est attendu.

Causes d’une valeur haute

  • Tumeur de la granulosa de l'ovaire : élevée dans 89 à 100 % des cas, selon un manuel de laboratoire.
  • Tumeur épithéliale mucineuse de l'ovaire : élevée dans 55 à 60 % des cas.
  • Stimulation ovarienne par FSH ou traitement hormonal substitutif à la ménopause.
  • Chez l'homme, administration de FSH.

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Biotine à forte dose : elle peut interférer avec certains immunodosages ; signalez-la au laboratoire.
  • Hémolyse : un échantillon fortement hémolysé est rejeté.
  • Phase du cycle : chez la femme, les repères s'appliquent à la phase folliculaire.
  • Traitement hormonal substitutif : il peut stimuler artificiellement l'inhibine B à la ménopause.
  • Méthode : les résultats d'anciennes et de nouvelles méthodes (ANSH et Beckman Gen II) ne sont pas interchangeables.
  • Heure et traitements chez l'homme : variations dans la journée, liées à celles de la testostérone ; la FSH augmente l'inhibine B, et la testostérone la baisse en partie.

Ce que mesure l’analyse

L’inhibine B est une hormone de la famille du TGF-β, composée d’une sous-unité alpha et d’une sous-unité bêta B. Chez l’homme, elle est produite exclusivement par le testicule, surtout par les cellules de Sertoli avant la puberté ; chez l’adulte, l’origine exacte reste discutée. Chez la femme, elle est fabriquée par les petits follicules antraux de l’ovaire. Elle freine la sécrétion de FSH par l’hypophyse : c’est une boucle de rétrocontrôle.

Chez l’homme adulte, sa production dépend à la fois de la FSH et de l’état de la spermatogenèse. Elle suit un rythme dans la journée, proche de celui de la testostérone. Chez la femme, elle varie au cours du cycle. Elle commence souvent à baisser avant que l’estradiol ne change, ce qui explique l’intérêt qu’on lui a porté pour prévoir la ménopause.

Comment se passe le prélèvement

C’est une prise de sang, sur sérum. Chez la femme réglée, les repères s’appliquent à la phase folliculaire : indiquez le jour du cycle. Signalez la prise de biotine (vitamine B8) à forte dose, qui peut perturber certains immunodosages, ainsi qu’un traitement hormonal, une stimulation ovarienne ou une injection de FSH. Un échantillon très hémolysé est rejeté par certains laboratoires.

Le dosage est peu courant : il n’est pas réalisé partout, et des laboratoires l’ont arrêté pour la surveillance de la réserve ovarienne. Votre médecin vous dira où le faire faire.

Comment lire le résultat

L’inhibine B s’exprime en pg/mL. Les repères dépendent de la méthode. Le laboratoire Cleveland Clinic, qui utilise un ELISA ANSH ultrasensible depuis février 2021, donne chez la femme : 8 à 223 pg/mL de 13 à 41 ans en phase folliculaire ; 1 à 107 pg/mL de 42 à 51 ans ; 1 à 11 pg/mL après la ménopause. Chez l’homme : 47 à 383 pg/mL de 8 à 30 ans ; 10 à 357 pg/mL de 31 à 72 ans. Les résultats de l’ancienne méthode (Beckman Gen II) ne sont pas interchangeables avec ceux-ci.

Chez l’homme, plus la spermatogenèse est atteinte, plus l’inhibine B diminue. Elle est particulièrement basse quand la production de spermatozoïdes est absente ou négligeable, ou quand l’arrêt de la maturation est précoce. Chez la femme, une valeur dans la zone postménopausique évoque une réserve ovarienne diminuée. Après l’exérèse d’une tumeur de la granulosa, elle chute, et sa remontée peut précéder les symptômes d’une récidive.

Ce que dit la science

Une étude de Pierik et coll. (1998), portant sur 218 hommes subfertiles, concluait que l’inhibine B était le meilleur marqueur endocrinien disponible de la spermatogenèse, avec une exactitude de 95 % contre 80 % pour la FSH pour distinguer une spermatogenèse conservée d’une spermatogenèse altérée. Une revue de 2001 (Meachem, Nieschlag, Simoni) nuance : l’inhibine B est un index valable, mais son dosage reste de pertinence clinique limitée pour un patient donné. Elle ne prédit pas de façon fiable la présence de spermatozoïdes en biopsie, et il existe des cas de syndrome à cellules de Sertoli seules avec une inhibine B normale. L’inhibine B et la FSH ensemble sont un meilleur marqueur que chacune seule.

Chez la femme, l’AMH l’a largement remplacée pour évaluer la réserve ovarienne, car elle varie moins au cours du cycle. L’inhibine B garde un rôle de marqueur de tumeur de la granulosa : elle est élevée dans 89 à 100 % de ces tumeurs et dans 55 à 60 % des tumeurs épithéliales de l’ovaire, selon un manuel de laboratoire, mais une valeur normale n’exclut pas la maladie. Niveau de preuve « émergent » : l’intérêt est démontré en recherche, mais l’usage individuel reste limité.

Les analyses à associer

  • La FSH, avec laquelle elle forme une boucle de rétrocontrôle.
  • L’AMH, marqueur de réserve ovarienne plus stable.
  • Le spermogramme, qui montre la production réelle de spermatozoïdes.
  • La testostérone totale, chez l’homme.

À retenir

  • L’inhibine B reflète la fonction folliculaire chez la femme et la spermatogenèse chez l’homme.
  • Son intérêt est surtout collectif ; pour une personne, elle ne tranche presque jamais seule.
  • Les repères dépendent de la méthode : ne comparez pas deux laboratoires.
  • La biotine à haute dose peut fausser le résultat : signalez-la.

Testez-vous 5 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Que reflète l'inhibine B chez l'homme adulte ?

  2. 02L'inhibine B seule suffit-elle à prédire la présence de spermatozoïdes dans une biopsie testiculaire ?

  3. 03Pourquoi coupler l'inhibine B avec la FSH ?

  4. 04Les résultats de l'ancienne méthode Beckman Gen II et de la méthode ANSH ultrasensible sont-ils interchangeables ?

  5. 05Chez la femme ménopausée, l'inhibine B attendue est…

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 6

  1. 1Cleveland Clinic Laboratories, Inhibin B — Changes to Reference Ranges, février 2021 (ELISA ANSH ultrasensible, anciennement Beckman Coulter Gen II)
  2. 2Meachem SJ, Nieschlag E, Simoni M. Inhibin B in male reproduction: pathophysiology and clinical relevance. Eur J Endocrinol. 2001;145(5):561-571. doi:10.1530/eje.0.1450561
  3. 3Pierik FH, Vreeburg JTM, Stijnen T, de Jong FH, Weber RFA. Serum inhibin B as a marker of spermatogenesis. J Clin Endocrinol Metab. 1998;83:3110-3114
  4. 4Labcorp, Inhibin B (informations sur le test)

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.