Ce que mesure l’analyse
Le spermogramme analyse le sperme obtenu par recueil. Il décrit le volume de l’éjaculat, son pH, la concentration en spermatozoïdes (par millilitre), leur nombre total, leur mobilité (progressive, non progressive ou nulle) et leur vitalité, c’est-à-dire la proportion de spermatozoïdes vivants. Le spermocytogramme, souvent rendu avec lui, étudie la morphologie : la forme de la tête, de la pièce intermédiaire et du flagelle.
Les mots du compte rendu ont un sens précis. L’azoospermie est l’absence de spermatozoïdes ; l’oligozoospermie, une concentration basse ; l’asthénozoospermie, une mobilité basse ; la tératozoospermie, une morphologie anormale.
Comment se passe le prélèvement
Le recueil se fait par masturbation, au laboratoire ou à domicile, dans le flacon fourni, après une période d’abstinence que le laboratoire précise. Elle ne doit être ni trop courte ni trop longue, car elle modifie le volume et la concentration. Il faut recueillir la totalité de l’éjaculat : perdre le début ou la fin fausse le résultat. Suivez la consigne de remise de l’échantillon, car il doit être analysé rapidement.
Signalez toute fièvre récente, tout traitement, y compris les androgènes anabolisants, et la date de vos derniers rapports. Un seul spermogramme peut être trompeur : les paramètres varient d’un recueil à l’autre, et une anomalie se confirme habituellement sur un second prélèvement.
Comment lire le résultat
La 6e édition du manuel de l’OMS (2021) donne des limites de référence inférieures : le 5e centile d’hommes dont la partenaire a conçu naturellement. Ce sont les valeurs en dessous desquelles se trouvent seulement 5 % de ces hommes fertiles. Les voici : volume 1,4 mL ; pH 7,2 ; concentration 16 millions par mL ; nombre total 39 millions par éjaculat ; mobilité totale 42 % ; mobilité progressive 30 % ; vitalité 54 % ; formes normales 4 %.
Ces limites ne séparent pas les hommes fertiles des hommes infertiles. Un résultat sous une limite n’exclut pas une grossesse naturelle, et un résultat au-dessus ne la garantit pas. Ce qui compte, c’est l’ensemble des paramètres, leur évolution sur plusieurs recueils, l’âge de la partenaire et la durée de l’infertilité. L’analyse du spermogramme s’accompagne souvent d’un bilan hormonal : une FSH élevée avec une LH normale oriente vers une atteinte de la lignée germinale, tandis qu’une FSH normale est plutôt en faveur d’un obstacle sur les voies génitales.
Ce que dit la science
La 5e édition (2010) donnait 1,5 mL, 15 millions par mL, 39 millions, 40 % de mobilité totale, 32 % de mobilité progressive et 4 % de formes normales. La 6e édition s’appuie sur environ 3 500 hommes fertiles, dont la partenaire a conçu naturellement en 12 mois au plus. Elle précise elle-même que ces valeurs ne sont pas destinées à décider d’une conduite médicale. Une critique publiée en 2022 reproche à la population de référence ses limites statistiques.
L’impact pratique du changement est faible. Dans une série de 2 535 spermogrammes, 42,99 % des échantillons atteignaient toutes les limites de 2010, et 43,55 % celles de 2021 : le passage à la 6e édition ne modifie pas beaucoup la proportion d’hommes qui doivent être pris en charge. Par ailleurs, les concentrations, la mobilité et la morphologie ne sont pas diagnostiques d’infertilité à elles seules, et la concentration et la mobilité semblent plus informatives que la morphologie. La qualité des laboratoires est aussi inégale selon les enquêtes de contrôle. Niveau de preuve « validé » pour la méthode, avec des seuils à interpréter avec prudence.
Les analyses à associer
- La FSH, qui monte quand la spermatogenèse est atteinte.
- L’inhibine B, reflet des cellules de Sertoli.
- La testostérone totale, pour la fonction endocrine du testicule.
- La fragmentation de l’ADN des spermatozoïdes, un examen plus spécialisé.
À retenir
- Les valeurs de l’OMS 2021 sont des limites statistiques d’hommes fertiles, pas des seuils de stérilité.
- Un résultat anormal se confirme sur un second recueil.
- Respectez l’abstinence, recueillez la totalité de l’éjaculat et remettez-le vite.
- Les androgènes anabolisants peuvent perturber fortement le spermogramme.
- Le spermogramme se lit avec le bilan hormonal, et avec l’examen de la partenaire.