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Spermogramme

Aussi appelée Spermocytogramme · Spermiogramme · Spermogramme-spermocytogramme · Analyse du sperme

Le spermogramme analyse un échantillon de sperme : volume, nombre, mobilité, vitalité et forme des spermatozoïdes. Il oriente un bilan de fertilité masculine, mais ne prédit pas à lui seul une grossesse.

Recueil de spermeFamille : hormones sexuelles et fertilitéPreuve validée

Testez-vous en 5 questions

Le cadran

  • Volume de l'éjaculat sous la limite basse moins de 1,4 mL
  • pH sous la limite basse moins de 7,2 pH
  • Concentration sous la limite basse moins de 16 millions de spermatozoïdes/mL
  • Numération totale sous la limite basse moins de 39 millions par éjaculat
  • Mobilité totale (progressive + non progressive) sous la limi moins de 42 %
  • Mobilité progressive sous la limite basse moins de 30 %
  • Vitalité (spermatozoïdes vivants) sous la limite basse moins de 54 %
  • Formes normales (critères stricts) sous la limite basse moins de 4 %
  • Volume dans la zone de référence plus de 1,4 mL
  • Formes normales (critères stricts) dans la zone de référence plus de 4 %
  • pH dans la zone de référence plus de 7,2 pH
  • Concentration dans la zone de référence plus de 16 millions de spermatozoïdes/mL
  • Mobilité progressive dans la zone de référence plus de 30 %
  • Numération totale dans la zone de référence plus de 39 millions par éjaculat
  • Mobilité totale dans la zone de référence plus de 42 %
  • Vitalité dans la zone de référence plus de 54 %

Source des repères : OMS, WHO laboratory manual for the examination and processing of human semen, 6e éd., 2021 (limites inférieures de référence, 5e percentile).

Les seuils changent d’un laboratoire à l’autre : ceux de votre compte rendu passent avant. Rien n’est envoyé, le calcul se fait dans votre navigateur.

En bref

Le spermogramme décrit un échantillon de sperme : sa quantité, le nombre de spermatozoïdes, leur capacité à se déplacer, leur vitalité et leur forme. Il aide à comprendre une difficulté à concevoir, mais ne mesure pas à lui seul la fertilité.

À lire avec

Recueil de spermeBilan de fertilité masculine (centres de biologie de la reproduction, laboratoires de ville), souvent associé à un bilan hormonal, à une spermoculture, à un test de migration-survie et, selon l'avis du médecin, à la fragmentation de l'ADN des spermatozoïdes.

millions de spermatozoïdes/mLPreuve validée13 sources

Profil sportif

Chez un sportif, le premier point à signaler est la prise de testostérone, d'anabolisants ou de compléments d'origine incertaine : ils peuvent freiner la production de spermatozoïdes, parfois de façon prolongée. La chaleur testiculaire répétée, un déficit énergétique marqué ou des charges d'entraînement très élevées sont des facteurs discutés, dont la preuve reste limitée. Indiquez-les au laboratoire et à votre médecin, avec les dates.

Pourquoi on la demande

  • Bilan d'un couple qui n'arrive pas à concevoir après plusieurs mois d'essais : le spermogramme est le premier examen du bilan masculin.
  • Avant une assistance médicale à la procréation (insémination, fécondation in vitro, ICSI).
  • Suivi après une varicocèle, une infection génitale, un traumatisme ou une chirurgie des voies génitales.
  • Avant un traitement pouvant altérer la fertilité (chimiothérapie, radiothérapie), pour faire le point et discuter d'une conservation du sperme.
  • Contrôle de l'effet d'une prise de testostérone ou d'anabolisants sur la production de spermatozoïdes.
  • Contrôle après une vasectomie, à la demande du médecin.

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur basse

  • Faux bas : abstinence trop courte, recueil incomplet ou délai de transport trop long. D'où l'intérêt de confirmer sur un second prélèvement.
  • Aucune cause retrouvée : cas fréquent, dit « idiopathique ».
  • Varicocèle (dilatation des veines autour du testicule).
  • Infection ou inflammation des voies génitales, fièvre récente.
  • Freinage hormonal par testostérone ou anabolisants pris de l'extérieur ; déficit hormonal (hypogonadisme).
  • Toxiques et traitements : tabac, alcool, cannabis, chimiothérapie, radiothérapie, certains médicaments.
  • Antécédents testiculaires : testicule non descendu dans l'enfance, torsion, traumatisme, oreillons.
  • Obstacle sur les voies génitales : les spermatozoïdes sont produits mais n'arrivent pas dans l'éjaculat.
  • Causes génétiques : anomalies chromosomiques, microdélétions du chromosome Y, anomalies de forme dites monomorphes (globozoospermie, macrocéphalie, anomalies multiples du flagelle).

Causes d’une valeur haute

  • Abstinence prolongée : volume et numération plus élevés.
  • Variation biologique normale : une concentration ou une numération élevée n'a pas de signification pathologique établie.
  • Leucocytes en excès dans le sperme (leucospermie) : piste d'inflammation ou d'infection de la prostate ou des voies génitales, à discuter avec un médecin.
  • pH élevé : peut accompagner une infection ou une anomalie des glandes annexes (vésicules séminales, prostate).

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Abstinence trop courte ou trop longue (le manuel de l'OMS demande 2 à 7 jours) : elle modifie le volume, le nombre et la mobilité.
  • Recueil incomplet : la perte d'une partie de l'éjaculat, surtout de la première fraction, sous-estime le nombre de spermatozoïdes.
  • Délai et température : un flacon qui arrive tard, ou qui a subi le froid ou la chaleur, donne une mobilité altérée.
  • Préservatif ordinaire et lubrifiants : ces produits peuvent abîmer les spermatozoïdes.
  • Fièvre ou infection dans les deux à trois mois précédents : la qualité du sperme peut être temporairement dégradée.
  • Médicaments et substances : testostérone et anabolisants, certains traitements anticancéreux, sulfasalazine, tabac, alcool, cannabis.
  • Variabilité biologique : deux prélèvements successifs d'un même homme en bonne santé peuvent différer nettement.
  • Variabilité analytique : la lecture de la morphologie varie beaucoup d'un opérateur et d'un laboratoire à l'autre.

Ce que mesure l’analyse

Le spermogramme analyse le sperme obtenu par recueil. Il décrit le volume de l’éjaculat, son pH, la concentration en spermatozoïdes (par millilitre), leur nombre total, leur mobilité (progressive, non progressive ou nulle) et leur vitalité, c’est-à-dire la proportion de spermatozoïdes vivants. Le spermocytogramme, souvent rendu avec lui, étudie la morphologie : la forme de la tête, de la pièce intermédiaire et du flagelle.

Les mots du compte rendu ont un sens précis. L’azoospermie est l’absence de spermatozoïdes ; l’oligozoospermie, une concentration basse ; l’asthénozoospermie, une mobilité basse ; la tératozoospermie, une morphologie anormale.

Comment se passe le prélèvement

Le recueil se fait par masturbation, au laboratoire ou à domicile, dans le flacon fourni, après une période d’abstinence que le laboratoire précise. Elle ne doit être ni trop courte ni trop longue, car elle modifie le volume et la concentration. Il faut recueillir la totalité de l’éjaculat : perdre le début ou la fin fausse le résultat. Suivez la consigne de remise de l’échantillon, car il doit être analysé rapidement.

Signalez toute fièvre récente, tout traitement, y compris les androgènes anabolisants, et la date de vos derniers rapports. Un seul spermogramme peut être trompeur : les paramètres varient d’un recueil à l’autre, et une anomalie se confirme habituellement sur un second prélèvement.

Comment lire le résultat

La 6e édition du manuel de l’OMS (2021) donne des limites de référence inférieures : le 5e centile d’hommes dont la partenaire a conçu naturellement. Ce sont les valeurs en dessous desquelles se trouvent seulement 5 % de ces hommes fertiles. Les voici : volume 1,4 mL ; pH 7,2 ; concentration 16 millions par mL ; nombre total 39 millions par éjaculat ; mobilité totale 42 % ; mobilité progressive 30 % ; vitalité 54 % ; formes normales 4 %.

Ces limites ne séparent pas les hommes fertiles des hommes infertiles. Un résultat sous une limite n’exclut pas une grossesse naturelle, et un résultat au-dessus ne la garantit pas. Ce qui compte, c’est l’ensemble des paramètres, leur évolution sur plusieurs recueils, l’âge de la partenaire et la durée de l’infertilité. L’analyse du spermogramme s’accompagne souvent d’un bilan hormonal : une FSH élevée avec une LH normale oriente vers une atteinte de la lignée germinale, tandis qu’une FSH normale est plutôt en faveur d’un obstacle sur les voies génitales.

Ce que dit la science

La 5e édition (2010) donnait 1,5 mL, 15 millions par mL, 39 millions, 40 % de mobilité totale, 32 % de mobilité progressive et 4 % de formes normales. La 6e édition s’appuie sur environ 3 500 hommes fertiles, dont la partenaire a conçu naturellement en 12 mois au plus. Elle précise elle-même que ces valeurs ne sont pas destinées à décider d’une conduite médicale. Une critique publiée en 2022 reproche à la population de référence ses limites statistiques.

L’impact pratique du changement est faible. Dans une série de 2 535 spermogrammes, 42,99 % des échantillons atteignaient toutes les limites de 2010, et 43,55 % celles de 2021 : le passage à la 6e édition ne modifie pas beaucoup la proportion d’hommes qui doivent être pris en charge. Par ailleurs, les concentrations, la mobilité et la morphologie ne sont pas diagnostiques d’infertilité à elles seules, et la concentration et la mobilité semblent plus informatives que la morphologie. La qualité des laboratoires est aussi inégale selon les enquêtes de contrôle. Niveau de preuve « validé » pour la méthode, avec des seuils à interpréter avec prudence.

Les analyses à associer

À retenir

  • Les valeurs de l’OMS 2021 sont des limites statistiques d’hommes fertiles, pas des seuils de stérilité.
  • Un résultat anormal se confirme sur un second recueil.
  • Respectez l’abstinence, recueillez la totalité de l’éjaculat et remettez-le vite.
  • Les androgènes anabolisants peuvent perturber fortement le spermogramme.
  • Le spermogramme se lit avec le bilan hormonal, et avec l’examen de la partenaire.

Testez-vous 5 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Que représente la limite de 16 millions/mL de concentration sur un compte rendu de spermogramme ?

  2. 02Un résultat sous 4 % de formes normales signifie-t-il que l'homme est infertile ?

  3. 03Que veut dire « mobilité totale » sur un compte rendu ?

  4. 04Faut-il respecter un délai d'abstinence avant le prélèvement ?

  5. 05Un premier spermogramme sort sous les limites de référence. Que faire ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 13

  1. 1Organisation mondiale de la Santé. WHO laboratory manual for the examination and processing of human semen, sixth edition. Genève : OMS ; 2021. ISBN 978-92-4-003078-7.
  2. 2Campbell MJ, Lotti F, Baldi E, Schlatt S, Festin MPR, Björndahl L, Toskin I, Barratt CLR. Distribution of semen examination results 2020 – a follow up of data collated for the WHO semen analysis manual 2010. Andrology. 2021;9(3):817-822. doi:10.1111/andr.12983.
  3. 3Laboratoire d'andrologie, Manchester University NHS Foundation Trust. Lower reference limits for semen characteristics (tableau issu du manuel OMS 2021, avec intervalles de confiance).
  4. 4Boitrelle F, et al. The sixth edition of the WHO manual for human semen analysis: a critical review and SWOT analysis. Life. 2021;11(12):1368. doi:10.3390/life11121368.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.