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Fragmentation de l’ADN des spermatozoïdes

Aussi appelée DFI · Fragmentation de l’ADN spermatique · SCSA · Test TUNEL

La fragmentation de l’ADN des spermatozoïdes mesure la part de spermatozoïdes dont l’ADN est cassé. Elle complète le spermogramme, mais ses seuils dépendent de la technique utilisée et son usage reste encadré.

Recueil de spermeFamille : hormones sexuelles et fertilitéPreuve courante

Testez-vous en 5 questions

Le cadran

  • SCSA : issues de grossesse excellentes à bonnes moins de 15 %
  • SCSA : issues bonnes à moyennes 15 à 25 %
  • SCSA : issues moyennes à mauvaises 25 à 40 %
  • SCSA : issues très mauvaises plus de 40 %

Source des repères : SCSA Diagnostics, FAQ (méthode SCSA, % DFI, couples sans facteur féminin).

%

Les seuils changent d’un laboratoire à l’autre : ceux de votre compte rendu passent avant. Rien n’est envoyé, le calcul se fait dans votre navigateur.

En bref

Ce test mesure la proportion de spermatozoïdes dont le matériel génétique présente des cassures. Il complète le spermogramme, qui ne renseigne pas sur l’état de l’ADN, et se réalise sur un échantillon de sperme recueilli dans des conditions précises.

À lire avec

Recueil de spermeSpermogramme-spermocytogramme ; SCSA (DFI + HDS) chez Eurofins Biomnis (code FRASP) ; TUNEL en cytométrie de flux au laboratoire Eylau (Paris) ; SCSA Diagnostics (États-Unis).

%Preuve courante10 sources

Profil sportif

Chez un sportif, la chaleur testiculaire (sauna, bains très chauds) et une longue abstinence en période de compétition ou de stage sont à signaler avant le prélèvement. L’AUA/ASRM estime que le bénéfice des compléments antioxydants reste d’utilité clinique douteuse dans l’infertilité masculine. Signalez aussi à votre médecin tout traitement hormonal ou anabolisant : il peut freiner la production de spermatozoïdes.

Pourquoi on la demande

  • Infertilité du couple restée sans explication, y compris avec un spermogramme normal.
  • Fausses couches à répétition (au moins deux) : l’AUA/ASRM recommande alors d’évaluer le partenaire masculin.
  • Échecs répétés de procréation médicalement assistée (insémination, FIV, ICSI).
  • Varicocèle clinique (dilatation des veines autour du testicule), à discuter avec l’andrologue.
  • Facteurs de risque d’altération de l’ADN : tabac, forte chaleur, obésité, toxiques, âge avancé, antécédent de chimiothérapie ou de radiothérapie.

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur haute

  • Stress oxydant du sperme, première cause d’un DFI élevé selon Eurofins Biomnis : tabac, obésité, chaleur, toxiques, pollution.
  • Varicocèle.
  • Infection ou inflammation de l’appareil génital (présence de leucocytes dans le sperme).
  • Abstinence prolongée avant le recueil.
  • Âge paternel avancé (fin de la quarantaine et au-delà selon SCSA Diagnostics).
  • Chimiothérapie, radiothérapie, certains médicaments, antécédent de testicule non descendu.

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Durée d’abstinence : une abstinence longue majore le stress oxydant. Respectez la consigne du laboratoire (3 à 5 jours chez Eurofins Biomnis, 3 à 6 jours au laboratoire Eylau).
  • Technique utilisée : SCSA, TUNEL, SCD et test des comètes donnent des résultats et des seuils différents, non interchangeables.
  • Fièvre élevée, infection génitale ou inflammation récentes : elles peuvent faire monter le DFI pendant quelques mois.
  • Chaleur testiculaire (sauna, bains très chauds), tabac, pollution de l’air : facteurs cités par SCSA Diagnostics.
  • Chimiothérapie, radiothérapie, certains médicaments.
  • Recueil incomplet ou transport tardif : le SCSA exige une congélation de l’échantillon dans l’heure.
  • Échantillon très pauvre en spermatozoïdes ou chargé en débris : résultat parfois inexploitable (SCSA Diagnostics).

Ce que mesure l’analyse

Chaque spermatozoïde transporte de l’ADN, le matériel génétique transmis à l’embryon. Cet ADN peut présenter des cassures, comme des pages déchirées dans un livre. Le test de fragmentation de l’ADN des spermatozoïdes (en anglais DNA Fragmentation Index, ou DFI) estime la proportion de spermatozoïdes concernés. Le résultat s’exprime en pourcentage.

Ces cassures ont plusieurs origines : la mort programmée de la cellule (l’apoptose), des erreurs pendant le remodelage de l’ADN lors de la fabrication des spermatozoïdes, et surtout le stress oxydant, c’est-à-dire un excès de molécules agressives (les radicaux libres) face aux défenses de l’organisme. Eurofins Biomnis décrit la fragmentation comme un marqueur final du stress oxydant. Le spermogramme classique ne la reflète que très peu : un sperme d’aspect normal peut avoir un DFI élevé.

Plusieurs techniques existent : le SCSA (Sperm Chromatin Structure Assay, coloration à l’acridine orange puis analyse en cytométrie de flux), le TUNEL (marquage fluorescent des cassures), le SCD (dispersion de la chromatine) et le test des comètes. Elles ne sont pas interchangeables.

Comment se passe le prélèvement

Le recueil se fait dans un flacon stérile, après une période d’abstinence sexuelle. Eurofins Biomnis demande 3 à 5 jours, le laboratoire Eylau (Paris) 3 à 6 jours. Suivez la consigne écrite de votre laboratoire : une abstinence longue figure parmi les situations qui majorent le stress oxydant.

Lavez-vous les mains au savon, puis nettoyez le gland avec la lingette fournie, sans préservatif. Recueillez la totalité de l’éjaculat, notez la date et l’heure, puis apportez le flacon sans attendre. Pour le SCSA, le laboratoire congèle l’échantillon dans l’heure qui suit le recueil. Un échantillon très pauvre en spermatozoïdes ou chargé en débris peut donner un résultat inexploitable (SCSA Diagnostics).

Comment lire le résultat

Un pourcentage n’a de sens que pour la technique qui l’a produit. Pour le SCSA, SCSA Diagnostics (laboratoire fondé par le concepteur du test) propose quatre zones, reliées aux issues de grossesse chez des couples sans facteur féminin d’infertilité :

  • moins de 15 % : issues excellentes à bonnes ;
  • de 15 % à 25 % : issues bonnes à moyennes ;
  • de 25 % à 40 % : issues moyennes à mauvaises ;
  • plus de 40 % : issues très mauvaises.

Le laboratoire précise que le seuil de 25 % est statistique : un DFI plus élevé n’interdit pas une grossesse menée à terme. Eurofins Biomnis donne en exemple un résultat normal sous 15 % et un résultat très élevé au-delà de 30 %. Avec le TUNEL ou les autres méthodes, les seuils diffèrent : ne comparez pas un résultat TUNEL aux zones du SCSA.

Ce qui compte vraiment : le contexte (âge de la partenaire, durée des essais, spermogramme) et la répétition. Le SCSA est plus stable que le spermogramme, mais certains hommes en limite de zone varient d’un prélèvement à l’autre. SCSA Diagnostics conseille de refaire le test quelques mois après un résultat défavorable. Fièvre, infection, chaleur ou tabac peuvent contribuer à un pic transitoire.

Ce que dit la science

Une fragmentation élevée est associée, dans de nombreuses études, à une conception plus lente, à de moins bons résultats en procréation médicalement assistée et à plus de fausses couches. Les sociétés savantes restent pourtant prudentes. L’AUA/ASRM (2024) ne recommande pas ce test dans la première évaluation du couple infertile (recommandation modérée, niveau de preuve C). Elle le recommande, avec le caryotype, chez l’homme dont la partenaire a fait deux fausses couches ou plus (même gradation). L’ESHRE (2023) déconseille de le réaliser quand l’infertilité est inexpliquée et que le spermogramme est normal. Les raisons avancées : absence de seuil standardisé, techniques non interchangeables et résultats parfois incohérents.

Les leviers évoqués dans la littérature sont ceux du stress oxydant : arrêt du tabac, perte de poids, limitation de la chaleur testiculaire, traitement d’une infection ou d’une varicocèle. Une revue de 2022 sur les recommandations rapporte une baisse du DFI après chirurgie de la varicocèle. L’AUA/ASRM juge en revanche d’utilité clinique douteuse les compléments antioxydants dans l’infertilité masculine, et indique qu’aucune étude prospective n’a évalué directement l’effet du test sur la prise en charge du couple.

Les analyses à associer

Le spermogramme reste l’examen de base. La FSH (hormone folliculostimulante), l’inhibine B et la testostérone totale renseignent sur le fonctionnement du testicule. Seul un andrologue ou un médecin de la reproduction peut décider d’aller plus loin.

À retenir

  • Le DFI estime le pourcentage de spermatozoïdes dont l’ADN est cassé.
  • Les seuils dépendent de la technique : ceux du SCSA ne valent pas pour le TUNEL.
  • Ce n’est pas un test de première intention : l’AUA/ASRM le recommande surtout après des fausses couches répétées.
  • Respectez la durée d’abstinence demandée et apportez l’échantillon sans délai.
  • Un résultat élevé n’est pas forcément définitif : il se discute avec un médecin et se contrôle.

Testez-vous 5 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Un DFI inférieur à 15 % mesuré par SCSA correspond à…

  2. 02Un DFI supérieur à 25 % mesuré par SCSA signifie que…

  3. 03Ce test est-il recommandé d’emblée pour tout couple qui consulte pour infertilité ?

  4. 04Dans quelle situation l’AUA/ASRM (2024) recommande-t-elle d’évaluer l’homme avec ce test ?

  5. 05Un DFI élevé est-il forcément définitif ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 10

  1. 1SCSA Diagnostics. FAQ du test SCSA (seuils de DFI, stabilité, causes, conditions d’échec)
  2. 2SCSA Diagnostics. Brochure en espagnol (causes fréquentes de fragmentation)
  3. 3Eurofins Biomnis. Fiche DS52 : indice de fragmentation et de décondensation de l’ADN du spermatozoïde (2018)
  4. 4Eurofins Biomnis. Protocole P22-INTFR, fragmentation de l’ADN des spermatozoïdes (juillet 2022)

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.