Ce que mesure l’analyse
La dihydrotestostérone (DHT) est un androgène plus puissant que la testostérone. Selon Mayo Clinic Laboratories, elle est produite à partir de la testostérone par une enzyme, la 5-alpha-réductase, qui existe sous deux formes : la forme de type 1, présente dans la plupart des tissus (dont les glandes sébacées), et la forme de type 2, dominante dans les tissus génitaux, dont la prostate. Les effets des androgènes dépendant des tissus passent surtout par la liaison de la DHT à son récepteur.
Mayo ajoute que, bien que la DHT soit le marqueur principal de la production périphérique d’androgènes, elle ne reflète pas leur action périphérique : elle est vite métabolisée et très fortement liée à la SHBG. Un métabolite plus éloigné, le 3-alpha,17-bêta-androstanediol glucuronide, serait un meilleur marqueur de cette action.
Comment se passe le prélèvement
C’est une prise de sang. La variation de la DHT au cours de la journée est limitée (Brambilla et coll., 2009) : suivez les consignes de votre laboratoire pour le jeûne et l’heure. Mayo accepte le sérum sur tube sec ou sur tube à gel, conservé réfrigéré ou à température ambiante. Signalez au laboratoire tout traitement par un inhibiteur de la 5-alpha-réductase (le finastéride par exemple) et tout traitement hormonal.
Comment lire le résultat
L’unité varie selon les laboratoires (pg/mL, ng/mL, nmol/L) : vérifiez-la sur votre compte rendu. Mayo Clinic Laboratories, qui dose la DHT par spectrométrie de masse (LC-MS/MS), donne 112 à 955 pg/mL chez l’homme de plus de 19 ans, au plus 300 pg/mL chez la femme de 20 à 55 ans et au plus 128 pg/mL chez la femme de plus de 55 ans. Ces intervalles dépendent de la méthode ; comparez toujours votre résultat à celui imprimé sur votre compte rendu.
Chez l’homme, la DHT reste stable avec l’âge malgré la baisse de la testostérone (Mayo). Cela rappelle que son taux sanguin ne se superpose pas à celui de la testostérone.
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est « courant » (b), mais pour des indications précises : suivre un traitement par inhibiteur de la 5-alpha-réductase et rechercher un déficit en 5-alpha-réductase, deux situations citées par Mayo. En revanche, l’intérêt du dosage pour expliquer une chute de cheveux ou une hypertrophie bénigne de la prostate n’est pas démontré : Mayo rappelle que, dans ces affections, la DHT sanguine peut rester normale.
L’alopécie androgénétique (la chute de cheveux « masculine ») est une affection héréditaire et dépendante des androgènes. Mayo cite le finastéride par voie orale (qui inhibe la 5-alpha-réductase de type 2) et le minoxidil par voie locale comme traitements d’efficacité démontrée. Une DHT sanguine normale n’exclut donc pas un rôle local de cette hormone.
Les analyses à associer
La testostérone totale et la SHBG sont indispensables pour lire la DHT. Le 5-alpha-androstanediol, métabolite de la DHT, est cité par Mayo, sous forme de glucuronide, comme meilleur reflet de l’action des androgènes dans les tissus. Le dosage de l’antigène prostatique spécifique relève du suivi de la prostate, avec votre médecin.
À retenir
- La DHT est fabriquée à partir de la testostérone par la 5-alpha-réductase.
- Son dosage sert surtout au suivi d’un inhibiteur de la 5-alpha-réductase et à l’exploration d’un déficit rare.
- Un taux sanguin normal n’exclut pas un effet local sur les cheveux ou la prostate.
- Un résultat anormal se discute avec un médecin ; il ne permet pas de diagnostic à lui seul.