Ce que mesure l’analyse
Le PSA (antigène prostatique spécifique) est une enzyme fabriquée par les cellules de la prostate. Une petite quantité passe dans le sang. Le dosage mesure cette quantité. Elle augmente avec l’âge et avec le volume de la glande ; elle augmente aussi en cas d’hypertrophie bénigne, de prostatite ou de cancer (Oesterling et al., JAMA 1993).
Le PSA est donc spécifique de la prostate, pas du cancer. Dans le sang, il existe sous deux formes : liée à des protéines, ou libre. Le PSA total les additionne. Le rapport PSA libre/PSA total peut aider à départager une zone grise.
Comment se passe le prélèvement
Une simple prise de sang suffit. La plupart des laboratoires ne demandent pas d’être à jeun. En revanche, préparez-vous : évitez le vélo prolongé et l’éjaculation un à deux jours avant, et reportez le dosage en cas d’infection urinaire, de biopsie ou de geste urologique récent. Signalez tout traitement : finastéride, dutasteride, hormonothérapie.
Faites vos contrôles dans le même laboratoire : les méthodes de dosage ne sont pas parfaitement interchangeables.
Comment lire le résultat
L’unité est le ng/mL, équivalent au µg/L. La vieille limite de 4 ng/mL a été remplacée, dans plusieurs études, par des repères selon l’âge. Dans l’étude d’Oesterling (hommes sans cancer décelé, dosage Tandem-R, Minnesota), le 95e percentile était de 2,5 ng/mL à 40-49 ans, 3,5 à 50-59 ans, 4,5 à 60-69 ans et 6,5 à 70-79 ans. Ces valeurs viennent d’une population et d’un dosage précis.
Il n’existe pas de seuil sous lequel le risque est nul. Dans l’essai PCPT, 15,2 % des 2 950 hommes de 62 à 91 ans dont le PSA n’avait jamais dépassé 4 ng/mL avaient un cancer à la biopsie de fin d’étude, dont 6,6 % de ceux qui étaient à 0,5 ng/mL ou moins (Thompson et al., 2004).
Ce qui compte vraiment :
- l’évolution dans le temps, plus parlante qu’une valeur isolée ;
- le volume de la prostate (densité de PSA) et l’IRM prostatique en seconde intention ;
- les circonstances du prélèvement (effort, éjaculation, infection) ;
- le rapport PSA libre/total, qui n’a de sens que dans la zone grise.
Ce que dit la science
Niveau de preuve : courant. Le PSA est un marqueur validé pour suivre un cancer de la prostate traité. En revanche, il est débattu pour le dépistage. La Haute Autorité de santé rappelle que les connaissances actuelles ne permettent pas de recommander un dépistage systématique par PSA, en population générale ou chez les hommes à risque (rapport de 2012, avis de 2016). Les sociétés d’urologie proposent plutôt une détection individuelle après information éclairée.
Plusieurs travaux précisent les limites : un pourcentage de PSA libre à 25 % ou moins permettait de détecter 95 % des cancers et d’éviter 20 % des biopsies chez des hommes de 50 à 75 ans dont le PSA total était entre 4 et 10 ng/mL (Catalona et al., JAMA 1998). Le vélo fait monter le PSA total de 9,5 % en moyenne (Mejak et al., 2013). Après éjaculation, le PSA total et libre augmentent de façon significative dans les heures qui suivent (Tarhan et al., 2016). Sous finastéride, il baisse d’environ moitié en six mois.
Les analyses à associer
- Examen cytobactériologique des urines : pour écarter une infection.
- Bandelette urinaire : un premier repérage d’une infection ou d’un saignement.
- Testostérone totale : utile en cas de traitement hormonal ou de symptômes évocateurs.
À retenir
- Le PSA est propre à la prostate, pas au cancer : un chiffre élevé est un signal, non un diagnostic.
- Évitez vélo et éjaculation un à deux jours avant la prise de sang.
- Finastéride et dutasteride abaissent le PSA d’environ moitié : prévenez votre médecin.
- Un PSA bas n’exclut pas un cancer ; une valeur isolée dit peu, c’est l’évolution qui compte.
- La HAS ne recommande pas de dépistage systématique : décidez avec votre médecin, après information.