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Antigène prostatique spécifique

Aussi appelée PSA · PSA total · PSA libre · Antigène spécifique de la prostate

Le PSA est une protéine produite par la prostate, dosée dans le sang. Il aide à surveiller la prostate et à suivre un cancer traité, mais un PSA élevé n'est pas un diagnostic de cancer.

Prise de sangFamille : hormones sexuelles et fertilitéPreuve courante

Testez-vous en 5 questions

Le cadran

  • PSA libre/PSA total d'au plus 25 % (PSA total entre 4 et 10 moins de 25 %
  • 40 à 49 ans : limite haute (95e percentile d'hommes sans can 0 à 2,5 ng/mL (équivalent à µg/L)
  • 50 à 59 ans : limite haute (95e percentile d'hommes sans can 0 à 3,5 ng/mL (équivalent à µg/L)
  • 60 à 69 ans : limite haute (95e percentile d'hommes sans can 0 à 4,5 ng/mL (équivalent à µg/L)
  • 70 à 79 ans : limite haute (95e percentile d'hommes sans can 0 à 6,5 ng/mL (équivalent à µg/L)
  • PSA libre/PSA total au-dessus de 25 % (PSA total entre 4 et plus de 25 %

Source des repères : Catalona et al., JAMA 1998 (dosages Hybritech) ; Oesterling et al., JAMA 1993 (dosage Tandem-R, Olmsted County).

Les seuils changent d’un laboratoire à l’autre : ceux de votre compte rendu passent avant. Rien n’est envoyé, le calcul se fait dans votre navigateur.

En bref

Le PSA est une protéine fabriquée par la prostate. Son taux sanguin augmente avec l'âge, le volume de la glande, l'inflammation et certains cancers. Il oriente la suite des examens, il ne pose pas à lui seul un diagnostic.

À lire avec

Prise de sangBilan prostatique (PSA total, PSA libre, rapport PSA libre/PSA total, densité de PSA), IRM prostatique, suivi d'un cancer de la prostate traité.

ng/mL (équivalent à µg/L)Preuve courante11 sources

Profil sportif

Le vélo prolongé fait monter le PSA total d'environ 9,5 % en moyenne juste après la sortie (Mejak 2013, hommes de 50 à 71 ans). Évitez le vélo et l'éjaculation un à deux jours avant la prise de sang. Les sports de selle ne contre-indiquent pas la pratique, mais ils justifient de lire un PSA limite avec prudence et de le recontrôler.

Pourquoi on la demande

  • Suivre un cancer de la prostate traité (chirurgie, radiothérapie, hormonothérapie).
  • Surveiller un cancer de faible risque en surveillance active.
  • Contrôler un PSA jugé élevé ou en hausse, avant une IRM prostatique.
  • Proposer une détection individuelle après information éclairée, à la demande du patient ou du médecin.
  • Surveiller l'effet d'un traitement qui agit sur la prostate (inhibiteur de la 5α-réductase).

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur basse

  • Valeur normale chez un homme sans pathologie prostatique.
  • Traitement par un inhibiteur de la 5α-réductase (finastéride, dutasteride).
  • Hormonothérapie qui supprime les androgènes (cancer traité).
  • Ablation de la prostate : le PSA devient très bas, comme attendu.

Causes d’une valeur haute

  • Hypertrophie bénigne de la prostate, très fréquente avec l'âge.
  • Prostatite ou infection urinaire.
  • Éjaculation, effort à vélo ou geste urologique récent.
  • Cancer de la prostate (le PSA n'est pas spécifique du cancer).
  • Rétention urinaire ou autre atteinte de la prostate, plus rare.

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Éjaculation récente : hausse du PSA total et libre dans les heures qui suivent (étude de Tarhan).
  • Vélo et efforts prolongés : +9,5 % en moyenne juste après une longue sortie (Mejak 2013).
  • Infection urinaire ou prostatite : peuvent élever fortement le PSA.
  • Biopsie, chirurgie prostatique, sondage urinaire : hausse importante, durable pendant des jours à des semaines.
  • Finastéride ou dutasteride : le PSA baisse d'environ moitié en six mois.
  • Volume de la prostate (hypertrophie bénigne) et âge : le PSA augmente avec les deux.
  • Changement de laboratoire ou de méthode : comparez les résultats dans le même laboratoire.

Ce que mesure l’analyse

Le PSA (antigène prostatique spécifique) est une enzyme fabriquée par les cellules de la prostate. Une petite quantité passe dans le sang. Le dosage mesure cette quantité. Elle augmente avec l’âge et avec le volume de la glande ; elle augmente aussi en cas d’hypertrophie bénigne, de prostatite ou de cancer (Oesterling et al., JAMA 1993).

Le PSA est donc spécifique de la prostate, pas du cancer. Dans le sang, il existe sous deux formes : liée à des protéines, ou libre. Le PSA total les additionne. Le rapport PSA libre/PSA total peut aider à départager une zone grise.

Comment se passe le prélèvement

Une simple prise de sang suffit. La plupart des laboratoires ne demandent pas d’être à jeun. En revanche, préparez-vous : évitez le vélo prolongé et l’éjaculation un à deux jours avant, et reportez le dosage en cas d’infection urinaire, de biopsie ou de geste urologique récent. Signalez tout traitement : finastéride, dutasteride, hormonothérapie.

Faites vos contrôles dans le même laboratoire : les méthodes de dosage ne sont pas parfaitement interchangeables.

Comment lire le résultat

L’unité est le ng/mL, équivalent au µg/L. La vieille limite de 4 ng/mL a été remplacée, dans plusieurs études, par des repères selon l’âge. Dans l’étude d’Oesterling (hommes sans cancer décelé, dosage Tandem-R, Minnesota), le 95e percentile était de 2,5 ng/mL à 40-49 ans, 3,5 à 50-59 ans, 4,5 à 60-69 ans et 6,5 à 70-79 ans. Ces valeurs viennent d’une population et d’un dosage précis.

Il n’existe pas de seuil sous lequel le risque est nul. Dans l’essai PCPT, 15,2 % des 2 950 hommes de 62 à 91 ans dont le PSA n’avait jamais dépassé 4 ng/mL avaient un cancer à la biopsie de fin d’étude, dont 6,6 % de ceux qui étaient à 0,5 ng/mL ou moins (Thompson et al., 2004).

Ce qui compte vraiment :

  • l’évolution dans le temps, plus parlante qu’une valeur isolée ;
  • le volume de la prostate (densité de PSA) et l’IRM prostatique en seconde intention ;
  • les circonstances du prélèvement (effort, éjaculation, infection) ;
  • le rapport PSA libre/total, qui n’a de sens que dans la zone grise.

Ce que dit la science

Niveau de preuve : courant. Le PSA est un marqueur validé pour suivre un cancer de la prostate traité. En revanche, il est débattu pour le dépistage. La Haute Autorité de santé rappelle que les connaissances actuelles ne permettent pas de recommander un dépistage systématique par PSA, en population générale ou chez les hommes à risque (rapport de 2012, avis de 2016). Les sociétés d’urologie proposent plutôt une détection individuelle après information éclairée.

Plusieurs travaux précisent les limites : un pourcentage de PSA libre à 25 % ou moins permettait de détecter 95 % des cancers et d’éviter 20 % des biopsies chez des hommes de 50 à 75 ans dont le PSA total était entre 4 et 10 ng/mL (Catalona et al., JAMA 1998). Le vélo fait monter le PSA total de 9,5 % en moyenne (Mejak et al., 2013). Après éjaculation, le PSA total et libre augmentent de façon significative dans les heures qui suivent (Tarhan et al., 2016). Sous finastéride, il baisse d’environ moitié en six mois.

Les analyses à associer

À retenir

  • Le PSA est propre à la prostate, pas au cancer : un chiffre élevé est un signal, non un diagnostic.
  • Évitez vélo et éjaculation un à deux jours avant la prise de sang.
  • Finastéride et dutasteride abaissent le PSA d’environ moitié : prévenez votre médecin.
  • Un PSA bas n’exclut pas un cancer ; une valeur isolée dit peu, c’est l’évolution qui compte.
  • La HAS ne recommande pas de dépistage systématique : décidez avec votre médecin, après information.

Testez-vous 5 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Un PSA élevé prouve-t-il un cancer de la prostate ?

  2. 02Faut-il éviter le vélo et l'éjaculation juste avant la prise de sang ?

  3. 03Sous finastéride ou dutasteride, comment évolue le PSA ?

  4. 04Un rapport PSA libre/PSA total bas va dans quel sens ?

  5. 05Un PSA dans la norme exclut-il tout cancer ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 11

  1. 1Oesterling JE, Jacobsen SJ, Chute CG, Guess HA, Girman CJ, Panser LA, Lieber MM. Serum prostate-specific antigen in a community-based population of healthy men. Establishment of age-specific reference ranges. JAMA 1993;270(7):860-864. DOI 10.1001/jama.1993.03510070082041, PMID 7688054
  2. 2Catalona WJ, Partin AW, Slawin KM, et al. Use of the percentage of free prostate-specific antigen to enhance differentiation of prostate cancer from benign prostatic disease. JAMA 1998;279(19):1542-1547. DOI 10.1001/jama.279.19.1542, PMID 9605898
  3. 3Thompson IM, Pauler DK, Goodman PJ, et al. Prevalence of prostate cancer among men with a prostate-specific antigen level ≤ 4.0 ng per milliliter. N Engl J Med 2004;350(22):2239-2246. PMID 15163773
  4. 4Mejak SL, Bayliss J, Hanks SD. Long distance bicycle riding causes prostate-specific antigen to increase in men aged 50 years and over. PLoS ONE 2013;8(2):e56030. DOI 10.1371/journal.pone.0056030

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.