On parle beaucoup de VO₂ max, de seuil, de VMA. Mais il existe un autre facteur qui fait parfois toute la différence entre deux coureurs… même lorsqu’ils ont le même niveau physiologique.
Certains coureurs vont tenir une allure pendant des kilomètres sans sembler forcer.
D’autres, pourtant bien entraînés, vont s’épuiser beaucoup plus vite.
La raison est souvent la même : l’économie de course.
Et c’est probablement l’un des paramètres les plus sous-estimés de la performance en endurance.

Table des matières
Deux coureurs. Même moteur. Pas la même vitesse.
Imaginez deux voitures avec le même moteur.
L’une consomme 5 litres aux 100 km.
L’autre 8 litres.
Laquelle ira le plus loin avec le même carburant ?
La course à pied fonctionne exactement de la même manière.
L’économie de course correspond simplement à l’énergie nécessaire pour courir à une certaine vitesse.
Un coureur “économique” consomme moins d’oxygène et d’énergie pour maintenir une allure donnée.
Résultat : il peut courir plus vite, plus longtemps, avec la même dépense physiologique.
C’est pour cette raison que deux athlètes avec des capacités physiologiques similaires peuvent produire des performances très différentes.
Deux coureurs, même niveau… mais pas le même résultat
Imaginez deux coureurs.
- Ils ont le même VO₂ max ;
- Ils s’entraînent autant ;
- Ils courent à la même vitesse.
Pourtant, au bout de quelques kilomètres, l’un commence déjà à fatiguer.
L’autre continue sans problème.
Pourquoi ?
Parce que le premier dépense plus d’énergie pour courir à la même vitesse.
Autrement dit, il consomme plus d’oxygène pour faire exactement la même chose.
C’est précisément ce que mesure l’économie de course.
L’économie de course, c’est quoi exactement ?
L’économie de course correspond à la quantité d’énergie nécessaire pour courir à une vitesse donnée.
Plus précisément, on regarde combien d’oxygène le corps utilise pour maintenir une allure stable.
Si deux coureurs courent à la même vitesse :
- Celui qui consomme le moins d’oxygène est le plus économique ;
- Celui qui consomme le plus d’oxygène est le moins économique.
On peut comparer cela à une voiture.
Deux voitures roulent à 130 km/h.
Mais l’une consomme 5 L/100 km et l’autre 8 L/100 km.
La première est simplement plus efficace.
En course à pied, c’est exactement la même chose.
Un facteur aussi important que le VO₂ max
Beaucoup pensent que la performance dépend surtout du VO₂ max.
C’est vrai… mais seulement en partie.
Chez les coureurs très entraînés, les valeurs de VO₂ max deviennent souvent proches.
La différence de performance se joue alors ailleurs : dans l’économie de course.
En résumé :
- VO₂ max → la taille du moteur ;
- 144conomie de course → la consommation du moteur.
Un coureur peut donc battre un adversaire avec un VO₂ max plus élevé simplement parce qu’il dépense moins d’énergie pour courir.
Pourquoi certains coureurs sont naturellement plus économiques
L’économie de course dépend de nombreux facteurs.
Les chercheurs parlent même d’un phénomène multifactoriel.
Cela signifie que plusieurs éléments interviennent en même temps.
La morphologie
Certaines caractéristiques physiques favorisent naturellement l’économie de course :
- Jambes longues ;
- Mollets fins ;
- Tendons longs ;
- Hanches étroites ;
- Pieds légers.
Ces éléments réduisent les mouvements inutiles et améliorent le rendement mécanique.
La technique de course
La façon de courir joue aussi un rôle important :
- Cadence des pas ;
- Position du tronc ;
- Mouvement des bras ;
- Amplitude de la foulée.
Une technique inefficace entraîne souvent des mouvements parasites, ce qui augmente la dépense d’énergie.
Les adaptations physiologiques
L’entraînement modifie également les muscles.
Avec le temps :
- Les muscles développent plus de mitochondries ;
- Les enzymes énergétiques augmentent ;
- Les fibres musculaires deviennent plus efficaces.
Tout cela améliore l’utilisation de l’oxygène pendant l’effort.
Les facteurs extérieurs
L’environnement influence aussi l’économie de course.
Par exemple :
- La température ;
- L’altitude ;
- Le poids des chaussures.
Une étude a montré qu’ajouter 100 g par chaussure augmente d’environ 1 % le coût énergétique.
Un détail qui peut paraître insignifiant… mais qui devient important sur un marathon.
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Comment améliorer son économie de course
La bonne nouvelle, c’est que ce paramètre peut progresser avec l’entraînement.
Voici les méthodes les plus utilisées.
Courir régulièrement
C’est la base.
Plus un coureur accumule de kilomètres, plus son corps s’adapte et devient efficace pour produire le mouvement de course.
Renforcement musculaire et pliométrie
Les exercices explosifs (sprints, sauts, musculation) améliorent la raideur musculaire et tendineuse, ce qui réduit le coût énergétique de la foulée.
Améliorer la technique
Une meilleure cadence et moins de mouvements verticaux peuvent réduire la dépense d’énergie.
C’est souvent l’objectif des exercices techniques :
- Foulées bondissantes ;
- Éducatifs de course ;
- Travail de foulée ;
- Montées de genoux.
Réduire le poids inutile
Deux éléments jouent beaucoup :
- Masse corporelle ;
- Poids des chaussures.
Chaque kilo supplémentaire augmente le coût énergétique de la course.
Le détail qui sépare souvent les bons coureurs des très bons
Au plus haut niveau, les différences de VO₂ max sont parfois très faibles.
Ce qui distingue les meilleurs coureurs, c’est souvent leur capacité à courir vite en dépensant moins d’énergie.
C’est exactement ce que mesure l’économie de course.
Autrement dit :
- Ce n’est pas seulement la puissance du moteur qui compte ;
- C’est aussi la quantité d’énergie nécessaire pour avancer.
Et dans les sports d’endurance, cette différence peut décider du résultat d’une course entière.