Plus un coureur s’entraîne, plus il tend à accumuler les kilomètres et les séances intenses. Pourtant, certains gestes, simples sur le papier, sont encore trop souvent oubliés. Parmi eux, les gammes athlétiques : ces petits exercices techniques qui semblent anodins… mais qui, lorsqu’ils sont bien intégrés, transforment réellement la course.
Ce que les entraîneurs recommandent… mais que peu pratiquent
On voit régulièrement des coureurs entamer leur séance par quelques minutes de jogging, parfois agrémentées d’étirements. Sauf que ce type d’échauffement prépare surtout le cœur et la respiration, pas le geste spécifique de la course à pied. Les gammes athlétiques, elles, déclenchent autre chose : activation musculaire ciblée, coordination neuromusculaire et mise en place de la biomécanique de la foulée.
Dans les milieux spécialisés, elles sont souvent appelées “éducatifs” : des mouvements courts qui isolent des portions de la foulée et les répètent de manière contrôlée.
On parle de quoi, exactement ?
Les exercices qui composent les gammes athlétiques ne sont pas abstraits :
- Montées de genoux : lever activement les genoux en marchant ou en trottinant sur place ;
- Talons-fesses : rapprocher le talon vers les fessiers en alternance ;
- Foulées bondissantes : sauts légers avec montée de genou et rebond sur l’avant-pied ;
- Pas chassés ou mouvements latéraux : coordination et proprioception renforcées.
Ces exercices se déroulent généralement sur une distance courte (20 à 30 mètres), en répétitions successives.
Ce que cela apporte… et pourquoi c’est différent d’un simple échauffement
Nombre de coureurs associent échauffement à montée progressive de la fréquence cardiaque. C’est une erreur commune. Les gammes athlétiques vont au-delà :
- Activation des muscles stabilisateurs, bien au-delà des étirements passifs qui, au contraire, relâchent le muscle.
- Meilleure coordination entre les chaînes musculaires, favorisant une foulée plus fluide et économique.
- Préparation spécifique des articulations (cheville, genou, hanche) au mouvement complexe de la course.
- Réduction des risques de blessures, car le corps anticipe et comprend le geste avant d’être sollicité intensément.
Ce n’est pas une mode. C’est un travail qui active la neuro-motricité du geste, précise comment les muscles doivent se contracter et quand. C’est ce qui permet, ensuite, de courir plus efficacement.
Livres recommandés
Où, quand et comment les intégrer concrètement
Le moment idéal pour faire des gammes athlétiques est après un échauffement cardiovasculaire léger : quelques minutes de jogging lent suffisent. Ensuite, place aux éducatifs, juste avant les parties les plus intenses de l’entraînement (fractionné, côtes, compétitions).
Pour les déplacements techniques comme le trail, ces exercices prennent une importance encore plus grande : la capacité à poser le pied en terrain irrégulier ou à ajuster sa foulée rapidement dépend de ce travail préalable.
En fin de compte : l’essentiel résumé
Ce qui fait la différence entre un coureur qui progresse… et un autre qui stagne ou se blesse, ce n’est pas seulement l’endurance ni la vitesse. C’est la manière dont le corps est préparé à produire ces efforts.
Les gammes athlétiques ne sont pas un ajout anodin. Elles constituent une préparation technique indispensable qui :
- Optimise la foulée ;
- Augmente l’efficacité musculaire ;
- Améliore la coordination et l’économie de course ;
- Réduit les risques de blessure.
Les négliger, c’est se priver d’un bénéfice simple, gratuit et pourtant profondément transformateur.