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Étude · Régimes alimentaires

Ce que l’effet yoyo détruit en silence (et ce n’est pas du gras)

· JournalisteRelu et validé le Publié le 
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effet yoyo detruit en silence
Crédit photo © Docteur-Fitness.com
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Perdre 5 kilos. Les reprendre. En perdre 7. En reprendre 9. On connaît tous ce scénario. On l’appelle l’effet yoyo. Des millions de personnes le subissent chaque année, souvent plusieurs fois dans une vie.

On pensait que le principal problème, c’était de reprendre du gras. De revenir à la case départ, avec quelques kilos en plus.

On avait tort.

Une étude publiée le 21 juillet 2026 dans la revue scientifique Radiology(1) vient de montrer que l’effet yoyo provoque un dégât que personne ne surveille. Et cette fois, ce n’est pas le gras le problème.

La balance ment

La balance donne un chiffre. Un seul. Ce chiffre ne dit pas ce qui compose le poids : gras, muscle, eau, os, tout est mélangé dans ce nombre.

Quand on fait un régime, on ne perd pas que du gras. Du muscle part aussi. Et quand les kilos reviennent (car ils reviennent dans la majorité des cas), c’est principalement du gras qui s’installe.

Le muscle, lui, ne revient pas.

La balance peut afficher le même chiffre qu’au départ. L’apparence peut sembler identique. Mais à l’intérieur, la composition du corps a changé. Moins de muscle. Plus de gras.

1 433 personnes passées au scanner

Des chercheurs de l’Université de Californie à San Francisco (UCSF) ont voulu mesurer ce phénomène avec précision. Pas avec une balance. Avec des IRM, c’est-à-dire des scanners qui permettent de voir en détail chaque tissu du corps (muscle, graisse, os).

L’équipe du Pr Thomas Link a analysé les données de 1 433 personnes, âgées de 60 ans en moyenne, suivies pendant 4 ans dans le cadre de l’Osteoarthritis Initiative, un vaste programme de recherche américain sur l’arthrose du genou, financé par les National Institutes of Health. Parmi ces participants, certains avaient un poids stable. D’autres faisaient le yoyo : leur poids montait et descendait régulièrement, mais au bout de 4 ans, ils revenaient globalement au même poids de départ.

Un cas parlant

Dans l’étude, un homme de 62 ans dont le poids a fait le yoyo pendant 4 ans a perdu 16 % de son volume musculaire au niveau de la cuisse. Son IMC (indice de masse corporelle) n’avait pourtant baissé que de 1,6 %.

En clair : sur la balance, presque rien n’avait bougé. À l’IRM, ses cuisses avaient fondu.

Les résultats sur l’ensemble du groupe

La comparaison entre les deux groupes est nette.

Les personnes qui ont fait le yoyo ont perdu 3,7 % du volume musculaire de leur cuisse en 4 ans. Celles qui avaient un poids stable n’en ont perdu que 1 %.

Autrement dit : presque 4 fois plus de muscle perdu chez les personnes qui enchaînent les régimes. Et ce, alors qu’elles pesaient globalement le même poids au début et à la fin de l’étude.

Le résultat est statistiquement solide (P = 0,003), ce qui signifie qu’il y a très peu de chances que cette différence soit due au hasard.

Pourquoi le muscle fond et ne revient pas

Le corps est une machine efficace. Quand on réduit la nourriture, il cherche de l’énergie partout. Dans les réserves de graisse, oui. Mais aussi dans le muscle.

Quand les kilos reviennent après l’arrêt d’un régime, le corps ne reconstruit pas le muscle perdu. Il stocke du gras. Plus rapide. Moins coûteux en énergie pour l’organisme.

À chaque cycle, le même scénario se répète. Du muscle part, du gras revient. Le Pr Link résume : “Lorsque le poids des participants fluctue, ils perdent une quantité considérable de muscle en même temps que de graisse, et ils ne le récupèrent pas.”

En médecine, on appelle ça la sarcopénie, c’est-à-dire la fonte musculaire. Et quand elle se combine à un excès de graisse, on parle d’obésité sarcopénique : un corps qui a l’air normal sur la balance, mais qui est en réalité appauvri en muscle et surchargé en graisse.

Et avec les médicaments type Ozempic ?

La question prend une dimension particulière avec l’essor des médicaments GLP-1 (comme le sémaglutide, vendu sous les noms Ozempic ou Wegovy). Ces traitements font perdre beaucoup de poids. Mais plusieurs travaux ont montré qu’une partie de ce poids revient après l’arrêt du traitement.

Même schéma. Même risque potentiel.

L’étude n’a pas été menée sur des utilisateurs de GLP-1. Mais le Pr Link souligne que la question devient de plus en plus pertinente : “Nous devons mieux comprendre comment la perte de poids affecte le corps, au-delà du simple chiffre sur la balance.”

Il ajoute : “La perte de graisse n’est qu’un élément d’un ensemble bien plus vaste qui comprend l’impact sur l’arthrite, les muscles, les os et d’autres facteurs. À mesure que de plus en plus de personnes ont recours à des thérapies efficaces pour perdre du poids, il est essentiel de réfléchir à la manière dont ces différents éléments s’articulent.”

Ce que ça change concrètement

Cette étude rappelle un point souvent ignoré : perdre du poids et perdre du gras, ce n’est pas la même chose. Un régime qui fait fondre les muscles est un régime qui affaiblit le corps.

La masse musculaire joue un rôle central dans plusieurs fonctions :

  • Le métabolisme de base, c’est-à-dire la quantité de calories que le corps brûle au repos ;
  • La protection des articulations, en particulier les genoux et les hanches ;
  • L’autonomie et la mobilité au quotidien, surtout en vieillissant.

Surveiller la composition corporelle (et pas seulement le chiffre sur la balance) devrait devenir un réflexe pour toute personne qui cherche à perdre du poids, que ce soit avec un régime classique ou un traitement médicamenteux.

Résumé en image

infographie effet yoyo detruit en silence
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Sources éditoriales et fact-checking[+]

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