Le vieillissement s’accompagne souvent d’un déclin cognitif, en particulier au niveau de la mémoire. Mais rassurez-vous, il existe des stratégies nutritionnelles pour préserver nos précieuses facultés cérébrales ! Des chercheurs viennent en effet de montrer qu’un régime alimentaire bien particulier, le régime cétogène, booste la mémoire des souris âgées. Décryptage de cette découverte prometteuse.

Le régime cétogène dope la mémoire des souris âgées
C’est ce que révèle une étude publiée dans la revue Cell Reports Medicine(1). Les chercheurs ont nourri des souris âgées de plus de 2 ans (un âge avancé pour ces rongeurs) avec un régime cétogène pendant une semaine, en alternance avec une semaine de régime contrôle.
Résultat : les souris sous régime cétogène ont montré de meilleures performances dans des tests de mémoire. Leurs synapses, ces zones de communication entre les neurones essentielles à la formation des souvenirs, fonctionnaient également mieux.
Fait intéressant, les bénéfices sont apparus assez rapidement, dès la première semaine de régime cétogène. Et ils se sont amplifiés avec le temps, après 6 semaines et 1 an de ce régime intermittent.
Selon le Dr John Newman, gériatre à l’Université de Californie à San Francisco et co-auteur de l’étude, il s’agit de “l’étude la plus détaillée à ce jour sur le régime cétogène et le cerveau vieillissant chez la souris” . Elle fait suite à de précédents travaux de son équipe montrant qu’un régime cétogène suivi pendant une grande partie de la vie adulte des souris prolonge leur espérance de vie et leur “healthspan” (durée de vie en bonne santé).
Livres sur le régime cétogène
Comment le régime cétogène agit sur le cerveau ?
Pour comprendre les mécanismes en jeu, les scientifiques ont analysé en détail la composition en protéines des synapses de l’hippocampe, une région cérébrale clé pour la mémoire. Surprise : le régime cétogène modifie profondément le protéome synaptique !
“Nous avons vu que le régime cétogène provoquait des changements spectaculaires dans les protéines de la synapse” , souligne le Dr Birgit Schilling, qui a dirigé ces analyses. “Et ces changements sont apparus assez rapidement, après seulement une semaine de régime” .
En creusant plus loin, les chercheurs ont identifié une voie de signalisation particulière activée par le régime cétogène au niveau des synapses : la voie de la protéine kinase A (PKA). Cette voie joue un rôle crucial dans l’activité synaptique et la mémoire.
Des expériences sur des cellules isolées suggèrent que le β-hydroxybutyrate (BHB), le principal corps cétonique produit lors d’un régime cétogène, active directement cette voie PKA. Le BHB agirait donc non seulement comme une source d’énergie, mais aussi comme une molécule de signalisation.
“C’est la première étude qui relie les mécanismes moléculaires profonds des corps cétoniques à l’amélioration du cerveau vieillissant” , se réjouit le Dr Newman. “Le BHB n’est certainement pas la seule molécule en jeu, mais nous pensons que c’est une partie importante pour comprendre comment le régime cétogène et les corps cétoniques fonctionnent” .
Un espoir pour la maladie d’Alzheimer ?
Au-delà du vieillissement normal, le régime cétogène pourrait-il aussi aider les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ? C’est en tout cas ce que suggèrent plusieurs études.
Chez des souris modèles de la maladie, un régime cétogène réduit l’accumulation de protéines bêta-amyloïdes et tau, deux marqueurs clés de la pathologie. Il atténue également l’inflammation cérébrale et améliore les fonctions cognitives des animaux.
Quelques essais cliniques ont aussi été menés chez des patients Alzheimer, avec des résultats encourageants. Un régime cétogène semble notamment stabiliser, voire améliorer légèrement les scores cognitifs, en particulier chez les personnes porteuses de l’allèle APOE4, un facteur de risque génétique majeur de la maladie.
Les limites et précautions à prendre
Attention toutefois, le régime cétogène n’est pas une panacée ! S’il peut avoir des effets bénéfiques, il présente aussi des limites et des risques potentiels.
Très restrictif, il est difficile à suivre sur le long terme. Beaucoup finissent par craquer et reprendre leurs anciennes habitudes alimentaires. Un suivi médical est indispensable pour éviter les carences et surveiller certains paramètres comme le bilan lipidique.
Chez certaines personnes prédisposées, un apport élevé en graisses saturées peut en effet augmenter le “mauvais” cholestérol LDL et les triglycérides, avec à la clé un risque accru de maladies cardiovasculaires. D’où l’importance de privilégier les bonnes graisses (insaturées) issues d’aliments comme l’avocat, les poissons gras, les fruits à coque…
Le régime cétogène est aussi déconseillé en cas d’insuffisance rénale, hépatique ou pancréatique, ainsi que pendant la grossesse et l’allaitement. Mieux vaut demander l’avis de son médecin avant de se lancer !
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Sources éditoriales et fact-checking