Ce que mesure l’analyse
Ce rapport met en regard deux hormones fabriquées par le tissu adipeux. La leptine signale les réserves de graisse au cerveau : elle augmente avec la masse grasse. L’adiponectine favorise la sensibilité à l’insuline : elle baisse quand la masse grasse augmente. Quand les cellules graisseuses grossissent, elles sécrètent plus de leptine et moins d’adiponectine. Le rapport reflète ce déséquilibre (Finucane et coll., 2009).
Il se calcule à partir de deux dosages faits sur le même prélèvement. C’est donc moins une mesure nouvelle qu’une façon de lire deux mesures ensemble.
Comment se passe le prélèvement
C’est une prise de sang, avec les consignes du laboratoire pour chacun des deux dosages. Les variations de la leptine et de l’adiponectine entre l’état à jeun et l’état après un repas sont en général petites. Le rapport est donc moins sensible à l’horaire du prélèvement (Finucane et coll., 2009). Le jeûne reste toutefois la règle la plus sûre si le laboratoire l’exige.
Comment lire le résultat
Attention au sens du rapport. La littérature scientifique utilise souvent le rapport adiponectine sur leptine, alors que ce site présente le rapport leptine sur adiponectine. Les deux sont inverses l’un de l’autre. Vérifiez donc sur votre compte rendu lequel est affiché, et avec quelles unités (leptine en ng/mL, adiponectine en µg/mL).
Pour le rapport adiponectine sur leptine, Frühbeck et coll. (2019) proposent trois zones : 1,0 ou plus (normal), de 0,5 à moins de 1,0 (risque cardiométabolique modérément augmenté), moins de 0,5 (risque nettement augmenté). En inversant ces seuils pour le rapport leptine sur adiponectine, on obtient : 1 ou moins, de 1 à 2, plus de 2. Ce sont des propositions de chercheurs, issues d’une cohorte de 292 personnes, et non des valeurs de référence officielles.
Ces seuils manquent de spécificité. Dans la même étude, 54 % des personnes à glycémie normale et 48 % des personnes sans syndrome métabolique avaient un rapport adiponectine sur leptine inférieur à 0,5. C’était aussi le cas de 86 à 90 % des personnes obèses, diabétiques ou avec syndrome métabolique. Une valeur isolée a donc peu de sens. Mieux vaut suivre l’évolution dans le même laboratoire, avec la même méthode, en même temps que le poids et le tour de taille.
Ce que dit la science
Chez des adultes sans diabète, le rapport leptine sur adiponectine est fortement corrélé à la sensibilité à l’insuline estimée par l’indice HOMA. Dans l’étude de Finucane et coll. (2 097 personnes), les corrélations allaient de −0,51 à −0,65 selon le sexe et la cohorte. Chez 1 226 participants, il l’est aussi avec la méthode de référence, le clamp euglycémique hyperinsulinémique, avec des corrélations comparables à celles de l’indice HOMA.
Dans l’étude de Frühbeck et coll. (2019), le rapport adiponectine sur leptine est modestement corrélé (r = −0,21) à la protéine sérique amyloïde A, un marqueur de dysfonction du tissu adipeux.
Niveau de preuve : émergent. C’est un marqueur de recherche. À notre connaissance, aucune autorité de santé n’a adopté ces seuils, et la valeur ajoutée par rapport à la glycémie et à l’insuline à jeun reste à démontrer en pratique.
Les analyses à associer
On lit ce rapport avec la leptine et l’adiponectine, dont il découle, avec l’indice HOMA-IR (résistance à l’insuline calculée à partir de la glycémie et de l’insuline à jeun) et avec la protéine C réactive ultrasensible, un marqueur d’inflammation de bas grade.
À retenir
- Le rapport reflète l’équilibre entre une hormone qui monte avec la graisse (leptine) et une qui baisse (adiponectine).
- Vérifiez toujours le sens du rapport : leptine sur adiponectine et adiponectine sur leptine sont inverses.
- Les seuils sont des propositions de chercheurs, pas des normes officielles.
- Il complète la glycémie et l’insuline sans les remplacer, et ne pose aucun diagnostic seul.