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SangCoagulationPreuve validée

Protéine C

Aussi appelée PC · Activité de la protéine C · Protéine C antigène

Les repères

  • Abaissée : déficit possible, à confirmer à distance d'un AVK moins de 70 %
  • Valeurs de référence (activité, adulte de plus de 15 ans) 70 à 140 %

Source : Eurofins Biomnis, Précis de biopathologie « Protéine C », activité, adulte de plus de 15 ans, % (2012). Les repères de votre laboratoire priment : ils dépendent de sa méthode et de son unité.

La protéine C est un frein naturel de la coagulation qui dépend de la vitamine K. Son dosage recherche un déficit héréditaire qui favorise les thromboses veineuses, à condition d'écarter les causes acquises.

Pourquoi on la demande

  • Rechercher une thrombophilie héréditaire après une thrombose veineuse, dans les situations retenues par le médecin.
  • Tester les apparentés d'une personne porteuse d'un déficit connu, par exemple avant une contraception.
  • Explorer une nécrose de la peau survenue au début d'un traitement par antivitamine K, complication rare associée à ce déficit.
  • Évaluer une coagulation intravasculaire disséminée sévère ou une maladie du foie avancée.

Ce qui peut la fausser

  • Traitement par antivitamine K (AVK) : la protéine C baisse ; attendre au moins 2 à 3 semaines après l'arrêt.
  • Thrombose récente : doser à distance de l'événement.
  • Carence en vitamine K, par manque d'apports ou mauvaise absorption.
  • Âge : les taux de l'enfant sont physiologiquement plus bas que ceux de l'adulte.
  • Héparine non fractionnée ou anticoagulants oraux directs : interférence possible selon la méthode.
  • Résultat isolé : un déficit ne se retient jamais sur un seul dosage.

Causes d’une valeur haute

  • Augmentation physiologique avec l'âge, sans conséquence connue

Causes d’une valeur basse

  • Traitement par antivitamine K
  • Carence en vitamine K : apports insuffisants, malabsorption
  • Insuffisance hépatique : hépatite, cirrhose
  • Coagulation intravasculaire disséminée avec thromboses étendues
  • Traitement par L-asparaginase
  • Anticorps dirigés contre la protéine C (rare)
  • Déficit héréditaire, transmis sur un mode autosomique dominant

Prise de sangBilan de thrombophilie (avec antithrombine, protéine S, facteur V Leiden, mutation G20210A et anticorps antiphospholipides).

%Preuve validée3 sources

Ce que mesure l’analyse

La protéine C est une protéine du sang qui, une fois activée, freine la coagulation. Un manque, héréditaire ou lié à un traitement, à une carence en vitamine K ou au foie, augmente le risque de caillot dans les veines.

Lire l’explication

À lire avec

Ce que mesure l’analyse

La protéine C est une protéine fabriquée par le foie, qui a besoin de la vitamine K pour être active. C’est un frein naturel de la coagulation. Activée à la surface des vaisseaux par la thrombine, elle devient la protéine C activée. Avec l’aide de la protéine S, elle découpe et inactive deux accélérateurs de la coagulation : les facteurs V et VIII activés.

Un manque de protéine C laisse donc la coagulation moins freinée, avec un risque accru de caillot dans les veines. Selon le Précis de biopathologie d’Eurofins Biomnis, les formes héréditaires se transmettent sur un mode autosomique dominant : une seule copie modifiée du gène suffit. Leur pénétrance, c’est-à-dire la probabilité d’avoir des symptômes, est variable.

Biomnis décrit trois mesures :

  • l’activité par un test de coagulation (chronométrique), qu’il recommande en première intention ;
  • l’activité par une méthode chromogénique, préférée au Royaume-Uni et aux États-Unis ;
  • l’antigène, qui mesure la quantité de protéine et sert à classer un déficit en type I (quantité) ou type II (fonction).

Comment se passe le prélèvement

Le sang est prélevé sur un tube au citrate de sodium. Les conditions comptent beaucoup, car de nombreuses situations font baisser la protéine C. Biomnis recommande :

  • d’attendre au moins 2 à 3 semaines après l’arrêt d’un traitement par antivitamine K (AVK) ;
  • de faire le dosage à distance d’une thrombose ;
  • de ne jamais conclure à un déficit sur un seul résultat, mais de le confirmer sur un second prélèvement.

Signalez aussi un traitement par héparine ou par anticoagulant oral direct, une maladie du foie ou un problème d’absorption intestinale.

Comment lire le résultat

Le résultat s’exprime en pourcentage d’un plasma normal, 100 % correspondant à 1 U/mL. Biomnis donne, chez l’adulte de plus de 15 ans, une activité de 70 à 140 % et un antigène de 65 à 130 %. Les valeurs normales publiées par l’hôpital Cochin (Horellou et Flaujac, 2013) sont les mêmes pour l’activité, avec une augmentation avec l’âge.

Chez l’enfant, les taux sont physiologiquement plus bas. Biomnis indique environ 35 % chez le nouveau-né, 65 % entre 1 et 5 ans et 70 % entre 6 et 10 ans. Un résultat d’enfant se lit donc avec des valeurs adaptées à l’âge.

Une valeur basse a surtout des causes acquises :

  • un traitement par AVK, qui bloque la vitamine K ;
  • une carence en vitamine K, par manque d’apports ou mauvaise absorption ;
  • une maladie du foie, comme une hépatite ou une cirrhose ;
  • une coagulation intravasculaire disséminée avec thromboses étendues ;
  • certains médicaments, comme la L-asparaginase, ou de rares anticorps dirigés contre la protéine C.

Le déficit héréditaire n’est envisagé qu’après avoir écarté ces causes et confirmé la baisse.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est élevé : le dosage est standardisé et le déficit est un facteur de risque reconnu de thrombose veineuse. Selon Biomnis, un déficit en protéine C est retrouvé chez environ 3 % des patients ayant un antécédent personnel de thrombose.

Comme l’antithrombine et la protéine S, la protéine C fait partie des thrombophilies dites « à haut risque ». Les recommandations de l’American Society of Hematology (Middeldorp et al., Blood Advances, 2023) proposent sa recherche chez les apparentés d’une personne porteuse, avant une contraception œstroprogestative, un traitement hormonal de la ménopause ou une situation à faible risque de thrombose. En dehors de ces cas ciblés, elles déconseillent le plus souvent le dépistage.

Les limites sont surtout pratiques. Un dosage fait sous AVK, juste après une thrombose ou chez un enfant sans valeurs adaptées peut faire conclure à tort à un déficit. Horellou et Flaujac rappellent d’ailleurs que les protéines C et S ne sont pas dosées pendant un traitement par AVK.

Les analyses à associer

  • Protéine S : cofacteur indispensable de la protéine C.
  • Antithrombine : l’autre frein naturel recherché dans le même bilan.
  • Facteur V Leiden : variante qui rend le facteur V résistant à la protéine C activée.
  • Taux de prothrombine : pour repérer un effet AVK, une carence en vitamine K ou une maladie du foie.

À retenir

  • La protéine C est un frein de la coagulation qui dépend de la vitamine K.
  • Chez l’adulte, Biomnis donne une activité de 70 à 140 %.
  • Les AVK, la carence en vitamine K et les maladies du foie la font baisser.
  • Le dosage se fait à distance d’un AVK et d’une thrombose, et se confirme sur un second prélèvement.
  • Chez l’enfant, les valeurs normales sont plus basses.

Testez-vous

5 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Une protéine C entre 70 et 140 % chez l'adulte, c'est…

  2. 02Sous AVK, peut-on doser la protéine C pour chercher un déficit héréditaire ?

  3. 03Un enfant a une protéine C plus basse qu'un adulte. Est-ce inquiétant ?

  4. 04Pourquoi la protéine C baisse-t-elle sous AVK ?

  5. 05Une protéine C sous 70 % sur un seul dosage suffit-elle à conclure ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 3

  1. 1Eurofins Biomnis. Précis de biopathologie, analyses médicales spécialisées : Protéine C (activité chronométrique ou chromogénique, antigène). 2012.
  2. 2Horellou MH, Flaujac C (service d'hématologie biologique, hôpital Cochin, Paris). Recommandations de recherche de facteurs biologiques de risque de maladie thromboembolique veineuse. À propos d'une observation. Feuillets de Biologie. 2013;LIV(310):45-49. Copie
  3. 3Middeldorp S, Nieuwlaat R, Baumann Kreuziger L, et al. American Society of Hematology 2023 guidelines for management of venous thromboembolism: thrombophilia testing. Blood Adv. 2023;7(22):7101-7138. PMID 37195076.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.