Ce que mesure l’analyse
Une fois qu’un caillot s’est formé, l’organisme le dissout : c’est la fibrinolyse. Une enzyme, la plasmine, découpe la fibrine. Elle est produite à partir du plasminogène grâce à des activateurs, surtout l’activateur tissulaire du plasminogène, ou t-PA.
Le PAI-1, ou inhibiteur de l’activateur du plasminogène de type 1, est le principal frein de ce système. Il bloque le t-PA. Beaucoup de PAI-1 freine la dissolution des caillots ; trop peu la laisse s’emballer, avec un risque de saignement.
Le PAI-1 est produit par plusieurs tissus, dont le tissu adipeux. Ce point explique son lien avec le surpoids abdominal. Selon la revue d’Alessi et Juhan-Vague (Arteriosclerosis, Thrombosis, and Vascular Biology, 2006), un PAI-1 élevé peut être considéré comme une composante à part entière du syndrome métabolique. Le PAI-1 intervient aussi dans le développement du tissu adipeux et dans la réponse des adipocytes à l’insuline.
Deux dosages existent : l’activité, qui mesure le PAI-1 fonctionnel, et l’antigène, qui mesure la quantité de protéine.
Comment se passe le prélèvement
Le sang est prélevé sur tube au citrate, puis le plasma est préparé avec soin. Les plaquettes contiennent du PAI-1 : leur activation lors du prélèvement ou de la préparation fausse le résultat, selon le Précis de biopathologie d’Eurofins Biomnis.
L’heure compte. Biomnis signale des concentrations plus élevées en début de matinée. Pour comparer deux résultats, faites-les à la même heure. Signalez aussi une intervention récente, une inflammation, une grossesse ou un traitement par fibrate : selon Biomnis, le gemfibrozil et le clofibrate diminuent la synthèse du PAI-1 d’environ 40 à 50 % en 24 heures.
Comment lire le résultat
Les valeurs dépendent beaucoup de la méthode. Biomnis indique, pour l’activité, des valeurs de 0 à 50 U/mL. Pour l’antigène, les limites hautes varient selon la technique : moins de 10, 30 ou 100 ng/mL. Un résultat ne se compare donc qu’aux repères du laboratoire qui l’a mesuré.
Un PAI-1 élevé se rencontre dans :
- l’inflammation, notamment après une opération ;
- l’obésité abdominale, les triglycérides élevés, l’insulinorésistance et le diabète de type 2 ;
- la grossesse ;
- l’infarctus du myocarde, où le lien passe par l’insulinorésistance associée ;
- les septicémies à méningocoque, où un taux élevé est associé à une mortalité plus forte.
Un PAI-1 bas est rare. Le déficit congénital entraîne des saignements modérés, souvent après une chirurgie.
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est faible pour un usage individuel. Biomnis le résume : il n’existe pas, à ce jour, de recommandation pour ce dosage à l’échelle d’une personne. Son seul usage clinique établi est l’exploration de saignements inexpliqués, quand on soupçonne une fibrinolyse excessive, dans un laboratoire spécialisé.
Un PAI-1 élevé est associé à de nombreux états thrombotiques. Mais selon Biomnis, il ne semble pas être un facteur de risque de thrombose veineuse profonde, et son dosage n’est pas indiqué dans ce bilan.
Son intérêt actuel relève surtout de la recherche sur le syndrome métabolique et le risque cardiovasculaire. Chez des femmes ménopausées, les plus actives physiquement avaient un PAI-1 plus bas que les sédentaires du même âge, et un profil de fibrinolyse proche de celui de femmes plus jeunes (DeSouza et al., Arteriosclerosis, Thrombosis, and Vascular Biology, 1998). Il s’agit d’une étude d’observation : elle montre une association, pas un effet direct prouvé de l’exercice.
Les analyses à associer
- D-dimères : reflet de la dégradation de la fibrine.
- Fibrinogène : autre protéine de la coagulation liée à l’inflammation.
- Insuline à jeun et triglycérides : pour situer une insulinorésistance associée.
À retenir
- Le PAI-1 freine la dissolution des caillots.
- Son taux dépend de la méthode, de l’heure et de la qualité du prélèvement.
- Il monte avec l’inflammation, l’obésité abdominale et l’insulinorésistance.
- Aucune recommandation ne soutient son suivi individuel : c’est un marqueur de recherche.
- Son seul usage clinique établi concerne l’exploration de saignements inexpliqués.