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SangCoagulationPreuve validée

Facteur V Leiden

Aussi appelée Mutation du facteur V · FV Leiden · Mutation G1691A du facteur V · Mutation R506Q

Le facteur V Leiden est une variante génétique fréquente qui rend la coagulation plus difficile à freiner. Le test lit l'ADN et précise un risque de thrombose veineuse, sans prédire à lui seul un événement.

Pourquoi on la demande

  • Rechercher une prédisposition héréditaire après une thrombose veineuse survenue dans des circonstances particulières, sur avis spécialisé.
  • Explorer une thrombose des veines du cerveau ou de l'abdomen, quand le résultat peut changer la durée du traitement.
  • Préciser le risque avant ou pendant une grossesse chez une femme dont la famille compte une thrombophilie à haut risque.
  • Tester les apparentés d'une personne porteuse, dans le cadre d'un conseil médical.
  • Confirmer une résistance à la protéine C activée trouvée par un test de coagulation.

Ce qui peut la fausser

  • Le test génétique n'est influencé ni par le repas, ni par l'heure, ni par l'effort, ni par un traitement anticoagulant.
  • Après une allogreffe de moelle osseuse, l'ADN du sang peut provenir du donneur.
  • Le test fonctionnel de résistance à la protéine C activée, lui, peut être perturbé par certains anticoagulants.
  • Un test ciblé sur la seule mutation Leiden ne détecte pas d'autres variantes rares du gène du facteur V.

Prise de sangBilan de thrombophilie (avec la mutation G20210A du gène de la prothrombine, l'antithrombine, les protéines C et S et les anticorps antiphospholipides) ; test de résistance à la protéine C activée.

génotype (non porteur, hétérozPreuve validée7 sources

Profil sportif

Aucun repère ni recommandation propre au sportif porteur n'est publié. Des chercheurs soulignent que la déshydratation et les voyages liés aux épreuves d'endurance peuvent activer la coagulation (Zaleski et al., 2015). Si vous êtes porteur, parlez de vos déplacements et de votre hydratation avec votre médecin.

Ce que mesure l’analyse

Ce test génétique recherche une variante du gène du facteur V, une protéine de la coagulation. Les porteurs ont un frein naturel moins efficace et un risque plus élevé de caillot dans les veines, surtout avec certaines hormones ou une grossesse.

Lire l’explication

À lire avec

Ce que mesure l’analyse

Le facteur V est une protéine de la coagulation. Une fois activé, il accélère la production de thrombine, l’enzyme qui forme le caillot. Pour éviter que la coagulation s’emballe, un frein naturel existe : la protéine C activée, qui découpe et inactive le facteur V.

Le facteur V Leiden est une variante génétique du facteur V. Une seule « lettre » de l’ADN est changée : une guanine (G) est remplacée par une adénine (A), d’où le nom historique G1691A (c.1601G>A dans la nomenclature actuelle). La protéine produite résiste à la protéine C activée. Le frein marche moins bien, et le risque de caillot dans les veines augmente. Cette découverte a été publiée par Bertina et ses collègues, à Leyde aux Pays-Bas, dans Nature en 1994, d’où le nom « Leiden ».

L’analyse est un test génétique. Elle lit l’ADN pour dire si vous portez la variante, et en combien d’exemplaires :

  • non porteur : aucune copie modifiée ;
  • hétérozygote : une copie modifiée, héritée d’un seul parent ;
  • homozygote : deux copies modifiées, une de chaque parent.

Comment se passe le prélèvement

Une prise de sang sur tube EDTA suffit. L’ADN est extrait des globules blancs. Le repas, l’heure, l’effort, la grossesse ou un traitement anticoagulant ne modifient pas le résultat, puisque l’ADN ne change pas. Le test peut donc se faire à tout moment, y compris pendant un traitement.

En France, il s’agit d’un examen des caractéristiques génétiques. Le Code de la santé publique prévoit une information préalable sur la maladie recherchée et un consentement écrit (article R. 1131-4). Le médecin prescripteur rend ensuite le résultat (article R. 1131-19).

Il existe aussi un test de coagulation, la résistance à la protéine C activée. Il oriente, mais c’est le test génétique qui confirme. Ce test fonctionnel, contrairement à l’analyse de l’ADN, peut être perturbé par certains anticoagulants.

Comment lire le résultat

Le résultat n’est pas un chiffre mais un génotype. Il n’y a donc pas de valeur de référence. Ce qui compte, c’est ce que ce génotype change au risque de thrombose veineuse, dans votre contexte.

Selon la synthèse GeneReviews, mise à jour en 2024 :

  • l’hétérozygotie concerne 3 à 8 % de la population générale en Europe et aux États-Unis ; la variante est très rare chez les personnes d’origine asiatique ou africaine ;
  • le risque relatif de thrombose veineuse est multiplié environ par trois à huit chez les hétérozygotes ;
  • il est multiplié par neuf à quatre-vingts chez les homozygotes ;
  • la contraception œstroprogestative et la grossesse augmentent nettement ce risque.

Un risque relatif multiplie un risque de départ. Le risque réel dépend donc surtout de l’âge, des antécédents et des circonstances : chirurgie, immobilisation, hormones, grossesse. Pendant la grossesse, GeneReviews estime le risque absolu de thrombose à environ 1 % chez une femme hétérozygote, et à environ 3 % en cas d’antécédents familiaux.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est élevé pour le test lui-même : la variante est bien caractérisée, et son lien avec la thrombose veineuse est établi depuis 1994. Dans une étude de répartition mondiale (Rees et al., The Lancet, 1995), la fréquence de l’allèle, c’est-à-dire de cette version du gène, était de 4,4 % chez les Européens étudiés, avec un maximum chez les Grecs.

La vraie question est l’utilité de la recherche. Les recommandations de l’American Society of Hematology (Middeldorp et al., Blood Advances, 2023) déconseillent fortement de tester la population générale avant une pilule œstroprogestative. Elles proposent un test seulement dans des situations ciblées : thrombose liée à un facteur hormonal ou à un facteur transitoire non chirurgical, thrombose des veines du cerveau ou de l’abdomen quand le traitement serait sinon arrêté, grossesse avec antécédent familial de thrombophilie à haut risque. Ces recommandations reposent le plus souvent sur un niveau de certitude très faible. En France, des recommandations de consensus (Pernod et al., 2009) encadrent aussi ce bilan et le réservent à des situations sélectionnées.

Les analyses à associer

  • Mutation G20210A du gène de la prothrombine : l’autre variante héréditaire fréquente, recherchée en même temps.
  • Antithrombine, protéine C et protéine S : freins naturels de la coagulation, dont les déficits sont plus rares.
  • Anticorps antiphospholipides : cause acquise de thrombose, à ne pas manquer.

À retenir

  • Le facteur V Leiden rend le facteur V résistant à son frein naturel, la protéine C activée.
  • Le résultat est un génotype : non porteur, hétérozygote ou homozygote.
  • Le test de l’ADN n’est faussé ni par le repas, ni par un anticoagulant.
  • Un porteur a un risque de thrombose augmenté, surtout avec hormones, grossesse ou immobilisation.
  • Le dépistage général, par exemple avant une pilule, n’est pas recommandé.

Testez-vous

5 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Faut-il arrêter un traitement anticoagulant pour faire le test génétique ?

  2. 02Faut-il rechercher cette mutation chez toutes les femmes avant une pilule œstroprogestative ?

  3. 03Être hétérozygote pour le facteur V Leiden, cela veut dire…

  4. 04Le résultat peut-il changer au cours de la vie ?

  5. 05En France, que faut-il avant ce test génétique ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 7

  1. 1Bertina RM, Koeleman BP, Koster T, et al. Mutation in blood coagulation factor V associated with resistance to activated protein C. Nature. 1994;369(6475):64-67. PMID 8164741.
  2. 2Rees DC, Cox M, Clegg JB. World distribution of factor V Leiden. Lancet. 1995;346(8983):1133-1134. PMID 7475606.
  3. 3Pastori D, Menichelli D, Valeriani E, Pignatelli P. Factor V Leiden Thrombophilia. GeneReviews®, University of Washington, Seattle ; première publication 1999, mise à jour du 16 mai 2024.
  4. 4Middeldorp S, Nieuwlaat R, Baumann Kreuziger L, et al. American Society of Hematology 2023 guidelines for management of venous thromboembolism: thrombophilia testing. Blood Adv. 2023;7(22):7101-7138. PMID 37195076.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.