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SangCoagulationPreuve validée

Anticorps antiphospholipides

Aussi appelée Anticardiolipine · Anti-bêta-2-glycoprotéine I · aCL · Anti-β2GP1

Les repères

  • Anticardiolipine sous le seuil du PNDS (le 99e percentile du moins de 40 U GPL/mL (IgG) ou U MPL/mL (Ig
  • Titre modéré (anticardiolipine ou anti-bêta-2-glycoprotéine 40 à 80 U GPL/mL (IgG) ou U MPL/mL (Ig
  • Titre élevé (anticardiolipine ou anti-bêta-2-glycoprotéine I plus de 80 U GPL/mL (IgG) ou U MPL/mL (Ig

Source : HAS, PNDS Syndrome des anti-phospholipides de l'adulte et de l'enfant, octobre 2022 (anticardiolipine IgG/IgM par ELISA standardisé) ; Critères de classification ACR/EULAR 2023 du SAPL (Barbhaiya et al., Arthritis Rheumatol 2023), seuils ELISA rapportés par Žigon et al., Clin Chem Lab Med 2024. Les repères de votre laboratoire priment : ils dépendent de sa méthode et de son unité.

Les anticorps antiphospholipides sont des auto-anticorps recherchés après une thrombose ou certaines complications de grossesse. Leur dosage, confirmé à distance, aide à reconnaître un syndrome des antiphospholipides.

Pourquoi on la demande

  • Explorer une thrombose veineuse inexpliquée, surtout avant 50 ans, ou dans un site inhabituel.
  • Explorer un accident vasculaire cérébral avant 60 ans ou une thrombose artérielle avant 50 ans.
  • Rechercher une cause après certaines complications de grossesse : mort fœtale inexpliquée, fausses couches précoces répétées, prématurité liée à une prééclampsie sévère.
  • Compléter le bilan d'un lupus systémique ou d'une autre maladie auto-immune.
  • Comprendre un TCA allongé inexpliqué ou une sérologie de la syphilis dissociée.

Ce qui peut la fausser

  • Infection récente : des anticorps transitoires peuvent apparaître.
  • Prise de certains médicaments : anticorps parfois transitoires.
  • Résultat isolé : la positivité doit être confirmée à au moins 12 semaines d'intervalle.
  • Méthode (ELISA ou chimiluminescence) : chaque technique a ses propres seuils.
  • Unités non comparables d'un laboratoire à l'autre : comparez avec les repères du laboratoire.
  • État inflammatoire ou thrombose récente : confirmer le résultat à distance.

Causes d’une valeur haute

  • Syndrome des antiphospholipides, quand des manifestations cliniques sont présentes
  • Lupus systémique ou autre maladie auto-immune
  • Infection (anticorps souvent transitoires)
  • Certains médicaments (anticorps souvent transitoires)

Prise de sangBilan du syndrome des antiphospholipides (avec l'anticoagulant circulant lupique) ; bilan de thrombophilie ; bilan de fausses couches répétées ou de lupus.

U GPL/mL (IgG) ou U MPL/mL (IgPreuve validée4 sources

Ce que mesure l’analyse

Ces auto-anticorps sont dirigés contre des protéines liées aux graisses des membranes cellulaires. Lorsqu'ils persistent et s'accompagnent de thromboses ou de complications de grossesse, ils signent un syndrome des antiphospholipides.

Lire l’explication

À lire avec

Ce que mesure l’analyse

Les anticorps antiphospholipides sont des auto-anticorps, c’est-à-dire des anticorps dirigés contre des éléments de son propre organisme. Malgré leur nom, ils visent surtout des protéines qui se lient aux phospholipides, les graisses des membranes cellulaires. La principale cible est la bêta-2-glycoprotéine I.

Deux dosages immunologiques sont utilisés, chacun pour les IgG et les IgM, deux classes d’anticorps :

  • les anticorps anticardiolipine, la cardiolipine étant un phospholipide ;
  • les anticorps anti-bêta-2-glycoprotéine I.

Un troisième test, l’anticoagulant circulant lupique, est un test de coagulation qui fait l’objet d’une fiche à part. Ensemble, ces trois tests servent à rechercher un syndrome des antiphospholipides (SAPL). Cette maladie auto-immune associe ces anticorps à des thromboses, veineuses ou artérielles, et/ou à des complications de grossesse.

Comment se passe le prélèvement

C’est une prise de sang classique, sans préparation particulière. Les anticorps sont dosés par ELISA ou par chimiluminescence, deux techniques immunologiques.

Le moment compte. Le protocole national de diagnostic et de soins (PNDS) de la HAS sur le SAPL, publié en 2022, rappelle que ces anticorps sont souvent transitoires lors d’une infection ou de la prise de certains médicaments. Un résultat positif doit donc être confirmé à au moins deux reprises, à 12 semaines d’intervalle. Le PNDS conseille aussi de confirmer les résultats à distance d’une thrombose ou d’un état inflammatoire.

Comment lire le résultat

Les anticorps anticardiolipine s’expriment en unités GPL pour les IgG et MPL pour les IgM. Selon le PNDS, un titre est significatif au-dessus de 40 GPL ou MPL, ou au-dessus du 99e percentile du laboratoire, par une technique ELISA standardisée. Pour les anti-bêta-2-glycoprotéine I, le seuil retenu est le 99e percentile. Le 99e percentile est la valeur dépassée par seulement 1 % des personnes en bonne santé testées par le laboratoire.

Les critères de classification ACR/EULAR de 2023 vont plus loin. Ils distinguent un titre modéré, de 40 à 79 unités, et un titre élevé, d’au moins 80 unités, pour l’anticardiolipine et l’anti-bêta-2-glycoprotéine I mesurés par ELISA (Barbhaiya et al., 2023 ; seuils rapportés par Žigon et al., 2024).

Le profil compte autant que le chiffre. Le PNDS considère comme à haut risque de thrombose :

  • la présence d’un anticoagulant circulant lupique ;
  • une double ou une triple positivité, c’est-à-dire plusieurs tests positifs ;
  • un titre élevé et persistant d’un seul anticorps.

À l’inverse, un anticardiolipine ou un anti-bêta-2-glycoprotéine I isolé, à titre faible ou modéré, correspond à un profil à faible risque.

Surtout, des anticorps seuls ne font pas un SAPL. Le diagnostic demande aussi des manifestations cliniques, évaluées par le médecin.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est élevé : ces dosages font partie des critères internationaux et des recommandations françaises. Les critères de Sydney, publiés par Miyakis et ses collègues en 2006, ont longtemps servi de référence. Les critères ACR/EULAR de 2023, élaborés avec des équipes françaises, sont plus stricts : dans la cohorte de validation, leur spécificité atteint 99 % contre 86 % pour les critères de 2006, au prix d’une sensibilité de 84 % contre 99 %. Ces critères servent d’abord à la recherche ; le diagnostic individuel reste une décision médicale.

Le PNDS liste les situations où la recherche est utile : thrombose veineuse inexpliquée, surtout avant 50 ans ou dans un site inhabituel ; accident vasculaire cérébral avant 60 ans ; thrombose artérielle avant 50 ans ; certaines complications de grossesse ; lupus ou autre maladie auto-immune ; TCA allongé inexpliqué ; sérologie de la syphilis dissociée. Selon ce document, environ 20 % des personnes atteintes de lupus ont un SAPL.

Les limites tiennent aux techniques. Les seuils varient selon les réactifs. Une étude slovène (Žigon et al., Clinical Chemistry and Laboratory Medicine, 2024) montre que le passage de l’ELISA à la chimiluminescence oblige à établir des seuils équivalents.

Les analyses à associer

  • Anticoagulant circulant lupique : le troisième test du bilan, le plus associé au risque de thrombose.
  • Temps de céphaline activée : souvent allongé en présence d’un anticoagulant lupique.
  • Anticorps antinucléaires : pour rechercher un lupus associé.
  • Plaquettes : une baisse peut accompagner le SAPL.

À retenir

  • Les anticorps antiphospholipides sont des auto-anticorps recherchés par deux dosages, en IgG et en IgM.
  • Le PNDS retient un anticardiolipine significatif au-dessus de 40 unités ou du 99e percentile.
  • Un résultat positif se confirme à 12 semaines d’intervalle.
  • Une infection ou un médicament peuvent donner des anticorps transitoires.
  • Des anticorps sans manifestations cliniques ne suffisent pas à parler de SAPL.

Testez-vous

5 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Un anticardiolipine au-dessus de 40 unités sur un seul prélèvement suffit-il ?

  2. 02Selon les critères ACR/EULAR 2023, un titre d'au moins 80 unités est…

  3. 03Une infection peut-elle rendre le test positif ?

  4. 04Quel profil le PNDS considère-t-il à haut risque de thrombose ?

  5. 05Avoir ces anticorps, est-ce forcément avoir un syndrome des antiphospholipides ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 4

  1. 1HAS, Centre de référence du lupus, du syndrome des anticorps antiphospholipides et autres maladies auto-immunes rares (Pitié-Salpêtrière), centre RAISE, filière FAI²R. Protocole national de diagnostic et de soins (PNDS) Syndrome des anti-phospholipides de l'adulte et de l'enfant. Octobre 2022.
  2. 2Barbhaiya M, Zuily S, Naden R, et al. The 2023 ACR/EULAR Antiphospholipid Syndrome Classification Criteria. Arthritis Rheumatol. 2023;75(10):1687-1702. PMID 37635643.
  3. 3Žigon P, Boštic N, Ambrožič A, et al. Establishment of ELISA-comparable moderate and high thresholds for anticardiolipin and anti-β2 glycoprotein I chemiluminescent immunoassays according to the 2023 ACR/EULAR APS classification criteria and evaluation of their diagnostic performance. Clin Chem Lab Med. 2024;63(1):164-176. PMID 39044613.
  4. 4Miyakis S, Lockshin MD, Atsumi T, et al. International consensus statement on an update of the classification criteria for definite antiphospholipid syndrome (APS). J Thromb Haemost. 2006;4(2):295-306. PMID 16420554.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.