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SangCoagulationPreuve validée

D-dimères

Aussi appelée DDi · D-dimer · Dimères D

Les repères

  • Sous le seuil conventionnel : embolie pulmonaire écartée si moins de 500 µg/L FEU
  • Au-dessus du seuil : test non concluant, examens complémenta plus de 500 µg/L FEU

Source : Righini M et al., étude ADJUST-PE, JAMA 2014 (seuil conventionnel de 500 µg/L, dosage hautement sensible). Les repères de votre laboratoire priment : ils dépendent de sa méthode et de son unité.

Les D-dimères sont des fragments libérés quand un caillot de fibrine se dissout. Un résultat bas aide à écarter une phlébite ou une embolie, un résultat élevé n'est pas un diagnostic.

Pourquoi on la demande

  • Écarter une embolie pulmonaire quand la probabilité clinique n'est pas forte.
  • Écarter une thrombose veineuse profonde (phlébite) dans les mêmes conditions.
  • Rechercher et suivre une coagulation intravasculaire disséminée (CIVD).
  • Compléter le bilan d'une coagulation activée en urgence (infection grave, traumatisme), sans valeur diagnostique isolée.

Ce qui peut la fausser

  • Âge : les D-dimères augmentent avec l'âge, d'où un seuil ajusté à partir de 50 ans.
  • Grossesse : ils augmentent à chaque trimestre.
  • Chirurgie, traumatisme ou hospitalisation récents.
  • Infection, inflammation ou cancer.
  • Effort d'endurance prolongé : hausse transitoire après un marathon.
  • Traitement anticoagulant déjà commencé : il peut faire baisser les D-dimères et rendre le test faussement rassurant.
  • Unité et réactif : µg/L FEU ou autres unités selon les laboratoires ; les seuils ne sont pas interchangeables.

Causes d’une valeur haute

  • Thrombose veineuse profonde ou embolie pulmonaire
  • Coagulation intravasculaire disséminée
  • Chirurgie, traumatisme, hématome
  • Infection, sepsis, inflammation
  • Cancer
  • Grossesse et suites de couches
  • Âge avancé
  • Effort d'endurance prolongé (transitoire)

Prise de sangDémarche diagnostique d'une suspicion de phlébite ou d'embolie pulmonaire, avec un score de probabilité clinique (Wells ou Genève) ; bilan de CIVD.

µg/L FEUPreuve validée4 sources

Profil sportif

Un effort prolongé active la coagulation et la fibrinolyse. Après un marathon, les D-dimères avaient plus que triplé juste après la course, avec un retour à la base en 48 heures (Prisco et al., 1998). Un dosage fait dans les deux jours qui suivent une épreuve longue doit donc être interprété avec ce contexte, à signaler au médecin.

Ce que mesure l’analyse

Les D-dimères sont des fragments qui apparaissent quand l'organisme dissout un caillot. Un taux bas, avec une probabilité clinique faible, permet d'écarter une phlébite ou une embolie pulmonaire. Un taux élevé reste peu spécifique.

Lire l’explication

À lire avec

Ce que mesure l’analyse

Quand un caillot se forme, le fibrinogène se transforme en fibrine. Les brins de fibrine sont ensuite liés entre eux par un facteur de coagulation, le facteur XIII. Dès qu’un caillot existe, l’organisme commence à le dissoudre : c’est la fibrinolyse. Une enzyme, la plasmine, découpe alors la fibrine en fragments.

Les D-dimères sont l’un de ces fragments. Ils ne se forment que si de la fibrine liée a été dégradée. Leur présence signale donc qu’un caillot s’est formé puis a commencé à se dissoudre, quelque part dans l’organisme. Ils ne disent ni où, ni pourquoi.

C’est ce qui fait leur force et leur faiblesse. Un taux bas rend un caillot récent peu probable. Un taux élevé est peu spécifique, car de nombreuses situations font monter les D-dimères.

Comment se passe le prélèvement

Le sang est prélevé sur un tube au citrate de sodium, comme pour les autres tests de coagulation. Le dosage est rapide et souvent réalisé aux urgences. Pour écarter une thrombose, on utilise des méthodes dites hautement sensibles.

Signalez une grossesse, une intervention récente, une infection, un cancer, un traitement anticoagulant déjà commencé ou une épreuve sportive longue dans les jours précédents.

Comment lire le résultat

L’unité la plus courante est le microgramme par litre en unités équivalent fibrinogène (µg/L FEU). Certains réactifs expriment le résultat autrement : un seuil n’est valable que pour la méthode et l’unité du laboratoire.

Le seuil conventionnel est de 500 µg/L. Il n’a de sens que dans une démarche précise :

  • le médecin évalue d’abord la probabilité clinique d’embolie pulmonaire ou de phlébite, avec un score validé (Wells ou Genève) ;
  • si cette probabilité n’est pas forte et que les D-dimères sont sous le seuil, le diagnostic peut être écarté sans imagerie ;
  • si les D-dimères dépassent le seuil, le test n’est pas concluant et une imagerie se discute ;
  • si la probabilité clinique est forte, on passe directement à l’imagerie : les D-dimères ne suffisent pas à rassurer.

Chez la personne âgée, les D-dimères sont plus souvent au-dessus du seuil, ce qui limite l’intérêt du test. L’étude ADJUST-PE (Righini et al., JAMA, 2014) a validé un seuil ajusté à partir de 50 ans : l’âge multiplié par 10, en µg/L. À 80 ans, le seuil devient ainsi 800 µg/L. Votre laboratoire et votre médecin indiquent le seuil appliqué.

Pendant la grossesse, le seuil classique est peu utile. Kline et ses collègues (Clinical Chemistry, 2005) ont suivi des femmes en bonne santé : les D-dimères augmentaient à chaque trimestre, et aucune des 23 femmes suivies jusqu’au troisième trimestre n’était sous 0,50 mg/L, soit 500 µg/L.

Au-dessus du seuil, la liste des causes possibles est longue : phlébite ou embolie, mais aussi chirurgie, traumatisme, infection, inflammation, cancer, grossesse, âge ou effort prolongé. Un résultat élevé n’est donc pas un diagnostic.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est élevé. Le dosage des D-dimères, associé à un score clinique, fait partie des stratégies validées pour écarter une embolie pulmonaire ou une phlébite.

L’étude ADJUST-PE a inclus 3 346 patients suspects d’embolie pulmonaire dans 19 centres européens, dont plusieurs en France. Chez les patients dont les D-dimères se situaient entre 500 µg/L et leur seuil ajusté à l’âge, laissés sans anticoagulant, un seul sur 331 a présenté un événement thromboembolique à trois mois, soit 0,3 %. Chez les 75 ans et plus avec une probabilité clinique non forte, le seuil ajusté a permis d’écarter l’embolie chez 29,7 % d’entre eux, contre 6,4 % avec le seuil fixe, sans faux négatif supplémentaire.

Chez le sportif, Prisco et ses collègues (Thrombosis Research, 1998) ont mesuré une hausse de 215 % des D-dimères juste après un marathon, avec un retour à la base en 48 heures. Une étude plus récente chez 67 marathoniens (Zadow et al., European Journal of Applied Physiology, 2018) retrouve une activation de la coagulation et de la fibrinolyse chez tous les coureurs, moins marquée pour les D-dimères chez ceux qui portaient des chaussettes de compression.

Les analyses à associer

  • Fibrinogène : sa baisse associée oriente vers une consommation, comme dans une CIVD.
  • Plaquettes : même logique, et surveillance sous héparine.
  • Taux de prothrombine : complète le bilan d’une coagulation activée.
  • Protéine C réactive : situe une inflammation qui peut expliquer des D-dimères élevés.

À retenir

  • Les D-dimères proviennent de la dégradation d’un caillot de fibrine.
  • Sous 500 µg/L, avec une probabilité clinique non forte, une embolie ou une phlébite peut être écartée.
  • À partir de 50 ans, un seuil ajusté (âge multiplié par 10) est validé.
  • Un taux élevé n’est pas un diagnostic : âge, grossesse, infection, chirurgie ou effort le font monter.
  • Ce test s’interprète toujours avec le médecin et un score clinique.

Testez-vous

5 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Des D-dimères sous 500 µg/L, avec une probabilité clinique non forte, permettent…

  2. 02Des D-dimères au-dessus de 500 µg/L prouvent-ils une phlébite ?

  3. 03Pourquoi le seuil peut-il être ajusté chez une personne âgée ?

  4. 04Pendant la grossesse, les D-dimères…

  5. 05Un marathon peut-il faire monter les D-dimères ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 4

  1. 1Righini M, Van Es J, Den Exter PL, et al. Age-adjusted D-dimer cutoff levels to rule out pulmonary embolism: the ADJUST-PE study. JAMA. 2014;311(11):1117-1124. PMID 24643601.
  2. 2Kline JA, Williams GW, Hernandez-Nino J. D-dimer concentrations in normal pregnancy: new diagnostic thresholds are needed. Clin Chem. 2005;51(5):825-829. PMID 15764641.
  3. 3Prisco D, Paniccia R, Bandinelli B, et al. Evaluation of clotting and fibrinolytic activation after protracted physical exercise. Thromb Res. 1998;89(2):73-78. PMID 9630310.
  4. 4Zadow EK, Adams MJ, Wu SSX, et al. Compression socks and the effects on coagulation and fibrinolytic activation during marathon running. Eur J Appl Physiol. 2018;118(10):2171-2177. PMID 30043183.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.