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SangCoagulationPreuve validée

Taux de prothrombine

Aussi appelée TP · INR · Temps de Quick · Temps de prothrombine

Les repères

  • TP abaissé moins de 70 %
  • INR sans traitement anticoagulant 0,9 à 1,3 INR (sans unité)
  • Sous AVK : zone visée dans la plupart des indications (cible 2 à 3 INR (sans unité)
  • Sous AVK : au-dessus de la zone 2–3, à signaler au médecin ( plus de 3 INR (sans unité)
  • TP normal (sans traitement anticoagulant) 70 à 100 %

Source : Laboratoire de biologie médicale de l'ICO (site d'Angers), valeurs adultes, automate STA Satellite (Stago), données fournisseur, document ENP0146 v14 (2026) ; ANSM, Bon usage des médicaments antivitamine K, actualisation juillet 2012. Les repères de votre laboratoire priment : ils dépendent de sa méthode et de son unité.

Le taux de prothrombine et l'INR expriment le même test : le temps que met le plasma à coaguler. Le TP explore le foie et la vitamine K, l'INR sert à surveiller les antivitamines K.

Pourquoi on la demande

  • Surveiller un traitement par antivitamine K (AVK), comme la warfarine ou la fluindione, grâce à l'INR.
  • Évaluer la capacité du foie à fabriquer les facteurs de coagulation (hépatite sévère, cirrhose).
  • Explorer un saignement inexpliqué, ou faire un bilan avant une intervention quand l'interrogatoire le justifie.
  • Rechercher une carence en vitamine K : malabsorption, antibiotiques prolongés, dénutrition.
  • Suivre une coagulation intravasculaire disséminée (CIVD), où les facteurs de coagulation sont consommés.

Ce qui peut la fausser

  • Tube citraté mal rempli : le rapport entre sang et anticoagulant du tube est faussé.
  • Tube coagulé ou acheminé trop tard au laboratoire.
  • Hématocrite très élevé : la quantité de citrate du tube n'est plus adaptée.
  • Anticoagulants oraux directs (rivaroxaban surtout) : ils modifient le TP sans que l'INR mesure leur effet.
  • Sous AVK, changement d'alimentation : plus d'aliments riches en vitamine K fait baisser l'INR, moins le fait monter.
  • Sous AVK, médicaments associés : anti-inflammatoires, certains antibiotiques et antifongiques, millepertuis.
  • Réactif utilisé : le TP en % varie d'un laboratoire à l'autre, d'où l'usage de l'INR sous AVK.

Causes d’une valeur haute

  • INR au-dessus de la zone visée sous AVK : interaction médicamenteuse, baisse des apports en vitamine K, erreur de prise ou maladie intercurrente
  • INR élevé sans AVK : mêmes causes qu'un TP abaissé (foie, vitamine K, CIVD)

Causes d’une valeur basse

  • TP abaissé sous AVK : effet attendu du traitement
  • Carence en vitamine K : malabsorption, antibiotiques prolongés, dénutrition, nouveau-né
  • Insuffisance hépatique : hépatite sévère, cirrhose
  • Coagulation intravasculaire disséminée (CIVD)
  • Anticoagulant oral direct anti-Xa, surtout le rivaroxaban
  • Déficit héréditaire en facteur II, V, VII ou X (rare)

Prise de sangBilan d'hémostase standard (avec TCA et plaquettes) ; bilan préopératoire ciblé ; surveillance des AVK ; bilan hépatique.

%Preuve validée4 sources

Ce que mesure l’analyse

Ce test mesure le temps de coagulation du plasma et explore plusieurs facteurs de coagulation fabriqués par le foie. Il s'exprime en taux de prothrombine, ou en INR pour surveiller un traitement par antivitamine K.

Lire l’explication

À lire avec

Ce que mesure l’analyse

La coagulation repose sur une cascade de protéines, les facteurs de coagulation, qui s’activent les uns après les autres jusqu’à former un caillot. Le temps de Quick mesure le temps de coagulation du plasma après ajout d’un réactif riche en facteur tissulaire (la thromboplastine) et de calcium. Il explore la voie dite « extrinsèque » et la voie commune : facteurs II (prothrombine), V, VII et X, ainsi que le fibrinogène.

Ce temps, mesuré en secondes, est converti de deux façons :

  • le taux de prothrombine (TP), en pourcentage d’un plasma normal. Plus le temps s’allonge, plus le TP baisse ;
  • l’INR (International Normalized Ratio), un rapport corrigé selon la sensibilité du réactif. Il permet de comparer les résultats d’un laboratoire à l’autre. Plus le sang coagule lentement, plus l’INR monte.

Trois des facteurs explorés, les facteurs II, VII et X, ont besoin de la vitamine K pour être actifs. Le test reflète donc à la fois la fonction du foie, qui fabrique ces facteurs, et l’effet des antivitamines K (AVK), des médicaments qui fluidifient le sang en bloquant la vitamine K.

Comment se passe le prélèvement

Le sang est prélevé sur un tube au citrate de sodium, souvent à bouchon bleu. Le citrate empêche la coagulation dans le tube en captant le calcium. Le rapport entre sang et citrate doit être exact : le tube doit être rempli jusqu’au trait. Un tube mal rempli ou coagulé donne un résultat faux.

Signalez tout traitement anticoagulant, avec son nom et l’heure de la dernière prise. Sous AVK, l’ANSM recommande un INR au minimum une fois par mois, et plus souvent au début du traitement ou en cas de changement. Après l’ajout ou l’arrêt d’un médicament, elle conseille un contrôle 3 à 4 jours plus tard.

Comment lire le résultat

Pour une personne sans traitement anticoagulant, le laboratoire de l’Institut de Cancérologie de l’Ouest (ICO), à Angers, donne sur automate Stago STA Satellite un TP de 70 à 100 % et un INR de 0,9 à 1,3. L’ANSM indique, de son côté, qu’une personne non traitée a un INR inférieur ou égal à 1,2. Ces écarts tiennent aux réactifs et aux laboratoires.

Sous AVK, c’est l’INR qui compte. Pour la plupart des indications, l’ANSM fixe une zone thérapeutique entre 2 et 3, avec une cible de 2,5. Pour certaines valves cardiaques mécaniques, la cible peut monter jusqu’à 4, selon le risque de la prothèse et du patient. C’est votre médecin qui fixe votre cible.

  • INR sous votre zone : effet anticoagulant insuffisant, risque de caillot.
  • INR au-dessus : effet excessif, risque de saignement.

Un INR hors de votre zone se signale à votre médecin, sans modifier seul la dose.

Sans AVK, un TP bas fait penser à une carence en vitamine K, à une maladie du foie, à une coagulation intravasculaire disséminée (CIVD, consommation des facteurs dans tout l’organisme) ou, plus rarement, à un déficit héréditaire en un facteur. Le TP n’est pas adapté au suivi des anticoagulants oraux directs : certains le modifient, sans qu’il reflète leur niveau d’effet.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est élevé. Le suivi de l’INR sous AVK est encadré par l’ANSM. Il est crucial, car les AVK ont une marge étroite entre efficacité et saignement. Leur effet dépend de nombreux facteurs : alimentation, médicaments associés, maladies intercurrentes.

L’ANSM insiste sur deux points concrets. D’abord, la stabilité de l’alimentation, en particulier pour les aliments riches en vitamine K comme les brocolis, les épinards, les choux ou le chou-fleur. Il ne s’agit pas de les supprimer, mais d’en garder une consommation régulière. Ensuite, la vigilance sur les associations : anti-inflammatoires, certains antibiotiques et antifongiques, ou le millepertuis, une plante vendue sans ordonnance.

Avant une opération, le TP n’est pas un examen systématique. La Société française d’anesthésie et de réanimation (SFAR) recommande de ne pas prescrire de bilan d’hémostase systématique chez une personne sans antécédent de saignement ni maladie qui perturbe la coagulation (Molliex et al., 2012 ; Bonhomme et al., European Journal of Anaesthesiology, 2013). Ces tests ont une faible valeur prédictive du risque de saignement dans la population générale.

Les analyses à associer

  • Temps de céphaline activée : explore l’autre voie de la coagulation.
  • Fibrinogène : protéine qui forme la trame du caillot.
  • Plaquettes : cellules qui amorcent la coagulation.
  • Facteur V : aide à distinguer une maladie du foie d’une carence en vitamine K, car il ne dépend pas de la vitamine K.

À retenir

  • Le TP et l’INR traduisent le même temps de coagulation, exprimé de deux façons.
  • Sans traitement, l’ICO donne un TP de 70 à 100 % et un INR de 0,9 à 1,3.
  • Sous AVK, la zone la plus fréquente est un INR entre 2 et 3, selon l’ANSM.
  • Une alimentation régulière en vitamine K et la vigilance sur les médicaments aident à stabiliser l’INR.
  • Un résultat hors zone se discute avec le médecin, sans changer seul la dose.

Testez-vous

4 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Un TP entre 70 et 100 % chez une personne sans traitement anticoagulant, c'est…

  2. 02Sous AVK, quelle zone d'INR est visée dans la plupart des indications ?

  3. 03Pourquoi suit-on l'INR plutôt que le TP sous AVK ?

  4. 04Sous AVK, manger beaucoup plus de légumes verts peut-il changer l'INR ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 4

  1. 1Institut de Cancérologie de l'Ouest (ICO), laboratoire de biologie médicale, site d'Angers. Valeurs de référence, document ENP0146, version 14, application 17/03/2026 : hémostase adulte sur automate STA Satellite (Stago), données fournisseur.
  2. 2ANSM. Bon usage des médicaments antivitamine K (AVK). Rapport, actualisation de juillet 2012.
  3. 3Bonhomme F, Ajzenberg N, Schved JF, Molliex S, Samama CM. Pre-interventional haemostatic assessment: guidelines from the French Society of Anaesthesia and Intensive Care. Eur J Anaesthesiol. 2013;30(4):142-162. PMID 23435255.
  4. 4Molliex S, Pierre S, Bléry C, Marret E, Beloeil H. Examens préinterventionnels systématiques (recommandations SFAR). Ann Fr Anesth Reanim. 2012;31(9):752-763. PMID 22925941.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.