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SangCoagulationPreuve validée

Protéine S

Aussi appelée PS · Protéine S libre · Protéine S totale · Activité de la protéine S

Les repères

  • Abaissée : déficit possible, à confirmer hors grossesse, con moins de 65 %
  • Valeurs de référence (activité, protéine S libre et totale) 65 à 140 %

Adulte · Source : Eurofins Biomnis, Précis de biopathologie « Protéine S », activité, protéine S libre et totale, % (2012). Les repères de votre laboratoire priment : ils dépendent de sa méthode et de son unité.

La protéine S aide la protéine C à freiner la coagulation. Son dosage recherche un déficit qui favorise les thromboses, mais grossesse, pilule, AVK et inflammation suffisent à l'abaisser.

Pourquoi on la demande

  • Rechercher une thrombophilie héréditaire après une thrombose veineuse, dans les situations retenues par le médecin.
  • Tester les apparentés d'une personne porteuse d'un déficit connu, notamment avant une contraception.
  • Classer un déficit en type I ou II grâce aux dosages de la forme libre, de la forme totale et de l'activité.
  • Explorer une thrombose ou un purpura fulminans chez un nouveau-né, situation exceptionnelle.

Ce qui peut la fausser

  • Grossesse : la protéine S baisse dès la 10e semaine ; dosage conseillé 6 à 8 semaines après l'accouchement.
  • Contraception œstroprogestative : baisse ; attendre deux cycles après l'arrêt.
  • Traitement par antivitamine K : attendre au moins 2 à 3 semaines après l'arrêt.
  • Inflammation : la hausse de la C4b-BP, qui fixe la protéine S, fait baisser la forme libre.
  • Anticoagulants oraux directs (dabigatran, rivaroxaban) : résultats faussés.
  • Facteur V Leiden, facteur VIII très élevé, héparines ou certains anticoagulants lupiques : interférences sur le test d'activité.
  • Sexe et âge : valeurs un peu plus basses chez la femme non ménopausée.
  • Thrombose récente : doser à distance de l'événement.

Causes d’une valeur basse

  • Grossesse et suites de l'accouchement
  • Contraception œstroprogestative
  • Traitement par antivitamine K
  • Syndrome inflammatoire (forme libre abaissée)
  • Carence en vitamine K
  • Insuffisance hépatique
  • Anticorps anti-protéine S, après une varicelle ou au cours d'un lupus
  • Traitement par L-asparaginase
  • Déficit héréditaire de type I ou II

Prise de sangBilan de thrombophilie (avec antithrombine, protéine C, facteur V Leiden, mutation G20210A et anticorps antiphospholipides).

%Preuve validée3 sources

Ce que mesure l’analyse

La protéine S est une protéine du sang qui aide la protéine C à freiner la coagulation ; seule sa forme libre est active. Un manque favorise les caillots dans les veines, mais beaucoup de situations courantes la font baisser sans déficit.

Lire l’explication

À lire avec

Ce que mesure l’analyse

La protéine S est une protéine fabriquée surtout par le foie, qui dépend de la vitamine K. Elle sert de cofacteur à la protéine C activée : elle l’aide à inactiver les facteurs V et VIII activés, deux accélérateurs de la coagulation. Sans assez de protéine S, ce frein naturel fonctionne moins bien.

Dans le sang, la protéine S existe sous deux formes. Une partie est fixée à une protéine de transport, la C4b-BP, qui appartient au système du complément. L’autre partie circule libre : c’est elle qui est active. Cette distinction explique beaucoup de pièges, car l’inflammation fait monter la C4b-BP et baisser la forme libre.

Selon le Précis de biopathologie d’Eurofins Biomnis, trois dosages existent : l’activité anticoagulante (test de coagulation), l’antigène libre et l’antigène total (méthodes immunologiques). Leur combinaison classe un déficit :

  • type I, le plus fréquent : activité, forme libre et forme totale toutes abaissées ;
  • type II, rare : activité abaissée, avec une forme totale normale.

Comment se passe le prélèvement

Le sang est prélevé sur tube au citrate de sodium. C’est sans doute le dosage du bilan de thrombophilie le plus sensible au contexte. Biomnis conseille de le faire :

  • à distance d’une thrombose ;
  • au moins 2 à 3 semaines après l’arrêt d’un traitement par antivitamine K (AVK) ;
  • en dehors de la grossesse, idéalement 6 à 8 semaines après l’accouchement ;
  • deux cycles après l’arrêt d’une contraception œstroprogestative.

Signalez aussi un traitement par dabigatran ou rivaroxaban, qui peut fausser le résultat. Un facteur V Leiden, un facteur VIII très élevé, les héparines ou certains anticoagulants lupiques perturbent aussi le test d’activité. Enfin, un déficit ne se retient jamais sur un seul résultat.

Comment lire le résultat

Le résultat s’exprime en pourcentage d’un plasma normal. Biomnis donne des valeurs de référence de 65 à 140 % pour l’activité, la protéine S libre et la protéine S totale. Les hommes ont des taux un peu plus élevés ; les femmes ménopausées sans traitement hormonal rejoignent les valeurs masculines.

Les recommandations publiées par l’hôpital Cochin (Horellou et Flaujac, Feuillets de Biologie, 2013) détaillent les limites basses de la protéine S libre selon le sexe et l’âge : 60 % chez l’homme, 50 % chez la femme de moins de 50 ans et 55 % chez la femme de plus de 50 ans.

La grossesse change tout. Biomnis décrit une baisse dès la 10e semaine. Entre la 30e et la 40e semaine, la protéine S libre se situe entre 41 et 59 %. Une valeur basse pendant la grossesse est donc attendue et ne permet pas de conclure à un déficit.

Chez le nouveau-né à terme, les taux vont de 12 à 60 %. Les valeurs adultes sont atteintes entre 6 mois et un an.

En dehors de ces situations physiologiques, une baisse peut venir d’un traitement par AVK, d’une carence en vitamine K, d’une maladie du foie, d’une inflammation, de la L-asparaginase ou d’anticorps anti-protéine S apparus après une varicelle ou au cours d’un lupus.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est élevé pour le dosage, mais l’interprétation est délicate. Selon Biomnis, un déficit hétérozygote en protéine S est retrouvé chez 4 à 8 % des patients ayant un antécédent personnel de thrombose. Les déficits sévères, très rares, peuvent se révéler chez le nouveau-né par un purpura fulminans, une atteinte grave de la peau et des petits vaisseaux.

Le déficit en protéine S fait partie des thrombophilies que les recommandations de l’American Society of Hematology (Middeldorp et al., 2023) proposent de rechercher chez les apparentés d’une personne porteuse, dans des situations précises comme le choix d’une contraception. Pour la population générale, elles déconseillent fortement le dépistage avant une pilule œstroprogestative.

La principale limite est le risque de faux déficit. Grossesse, pilule, inflammation ou AVK suffisent à abaisser la protéine S. Un résultat isolé, obtenu dans l’un de ces contextes, ne suffit jamais.

Les analyses à associer

  • Protéine C : la protéine S agit comme son cofacteur.
  • Antithrombine : l’autre frein naturel du bilan.
  • Facteur V Leiden : il peut perturber le test d’activité de la protéine S.
  • Protéine C réactive : pour repérer une inflammation qui abaisse la forme libre.

À retenir

  • La protéine S aide la protéine C à freiner la coagulation ; seule sa forme libre est active.
  • Biomnis donne des valeurs de référence de 65 à 140 %.
  • La grossesse, la pilule, les AVK et l’inflammation la font baisser.
  • Le dosage se fait hors de ces contextes et se confirme sur un second prélèvement.
  • Un résultat bas pendant la grossesse est attendu et n’est pas un diagnostic.

Testez-vous

5 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Une protéine S entre 65 et 140 %, c'est…

  2. 02Pendant la grossesse, la protéine S…

  3. 03La pilule œstroprogestative peut-elle fausser le dosage ?

  4. 04Une protéine S libre sous 60 % chez un homme, c'est…

  5. 05Une inflammation peut-elle abaisser la protéine S libre ?

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Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 3

  1. 1Eurofins Biomnis. Précis de biopathologie, analyses médicales spécialisées : Protéine S (activité, antigène libre et total). 2012.
  2. 2Horellou MH, Flaujac C (service d'hématologie biologique, hôpital Cochin, Paris). Recommandations de recherche de facteurs biologiques de risque de maladie thromboembolique veineuse. À propos d'une observation. Feuillets de Biologie. 2013;LIV(310):45-49. Copie
  3. 3Middeldorp S, Nieuwlaat R, Baumann Kreuziger L, et al. American Society of Hematology 2023 guidelines for management of venous thromboembolism: thrombophilia testing. Blood Adv. 2023;7(22):7101-7138. PMID 37195076.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.