Ce que mesure l’analyse
Le test DUTCH (de l’anglais « Dried Urine Test for Comprehensive Hormones ») dose, dans des urines séchées, des hormones et leurs métabolites, c’est-à-dire leurs produits d’élimination. Il couvre en général les androgènes (testostérone, DHEA-S, androstérone, étiocholanolone, 5α-androstanediol), les œstrogènes et leurs métabolites, les métabolites de la progestérone, le cortisol libre, la cortisone, le cortisol métabolisé et la mélatonine (6-sulfatoxymélatonine). La version DUTCH Plus ajoute un cortisol salivaire au réveil.
Son nom français, « profil hormonal urinaire sur 24 heures », ne signifie pas que toutes les urines de la journée sont collectées. Le test prend plusieurs échantillons répartis sur une journée pour représenter le rythme des hormones.
Comment se passe le prélèvement
Vous recueillez quatre échantillons d’urine à des moments précis de la journée (par exemple au réveil, en milieu de journée, au dîner, au coucher). Chaque échantillon est déposé sur un papier filtre, séché, puis envoyé. Le laboratoire rapporte les résultats à la créatinine, un déchet musculaire stable, pour corriger la concentration de l’urine.
Chez la femme réglée, le moment du cycle compte : les rapports types précisent qu’un recueil en phase lutéale est prévu pour la progestérone. Notez tous vos traitements et compléments : DHEA, mélatonine, progestérone orale, œstrogènes, pilule, corticoïdes. Ils changent les résultats, et le laboratoire adapte certaines plages (par exemple pour la progestérone orale).
Comment lire le résultat
Chaque marqueur a sa plage, sa propre unité (le plus souvent ng/mg de créatinine) et parfois des plages par âge. Les plages sont celles de Precision Analytical. Le laboratoire précise qu’elles reposent sur des percentiles choisis pour représenter ce que la médecine fonctionnelle juge plus « optimal », et non sur les bornes classiques. Ce ne sont donc pas des valeurs de référence officielles.
Quelques repères pour s’y retrouver :
- commencez par le contexte : âge, symptômes, cycle, traitements ;
- regardez les groupes cohérents (par exemple androgènes et leurs voies 5α/5β) plutôt qu’un chiffre isolé ;
- confirmez par une prise de sang tout résultat qui pourrait conduire à un traitement : le laboratoire le recommande lui-même pour une testostérone basse.
Les valeurs de chaque hormone sont détaillées dans les fiches des analyses correspondantes.
Ce que dit la science
Niveau de preuve : émergent. Le test est très utilisé en médecine fonctionnelle, mais aucune autorité de santé ne le recommande pour décider d’un traitement. Les plages ne reposent pas sur des seuils de décision validés par des essais cliniques. Le compte rendu comporte des commentaires et des suggestions de lecture qui ne remplacent pas un avis médical : le laboratoire écrit lui-même que le rapport n’est pas destiné à diagnostiquer.
Chaque marqueur a sa propre solidité. Les androgènes et le cortisol libre sont bien étudiés. Pour d’autres, comme les ratios de métabolites d’œstrogènes, la signification clinique reste discutée. Un même profil peut aussi varier d’un recueil à l’autre : sommeil, stress, effort et alimentation modifient notamment le cortisol.
Les analyses à associer
- Cortisol métabolisé : la production totale de cortisol, lue dans ce même test.
- Réponse du cortisol au réveil : un marqueur salivaire ajouté dans DUTCH Plus.
- Testostérone totale : à confirmer par une prise de sang.
- Œstradiol : le dosage sanguin de référence pour confirmer un résultat urinaire.
À retenir
- Le DUTCH utilise plusieurs échantillons d’urine séchés, répartis sur une journée.
- Il offre une vue d’ensemble de plusieurs hormones, avec des plages propres au laboratoire.
- Son intérêt clinique n’est pas validé par les autorités de santé.
- Compléments, traitements et cycle modifient les résultats : signalez-les.
- Faites lire le compte rendu par un médecin, avec des examens de confirmation si nécessaire.