Ce que mesure l’analyse
La progestérone est une hormone produite surtout par l’ovaire après l’ovulation, par les glandes surrénales et, en petite quantité, par le testicule. Elle prépare l’utérus à une éventuelle grossesse. Le foie la transforme ensuite en plusieurs molécules éliminées dans l’urine. Le métabolite principal est le 5β-prégnane-3α,20α-diol, appelé bêta-prégnanediol ou, plus simplement, « prégnanediol » : c’est le plus abondant des deux prégnanediols dosés par Precision Analytical (l’autre est l’alpha-prégnanediol).
Le dosage urinaire donne donc une image indirecte de la production de progestérone sur plusieurs heures. Dans l’étude de Newman (2019), les concentrations urinaires suivent la même évolution que celles du sang au cours du cycle chez quatre femmes.
Comment se passe le prélèvement
Chez Precision Analytical (DUTCH), vous déposez l’urine sur un papier filtre à quatre moments d’une journée : au réveil, deux heures plus tard, au dîner et au coucher. L’urine séchée est extraite, hydrolysée (les formes liées sont libérées) puis dosée par spectrométrie de masse (GC-MS/MS), et le résultat est rapporté à la créatinine. Consignes : pas d’œstrogènes oraux ni de prégnénolone dans les 72 heures précédentes, pas de DHEA orale dans les 48 heures, pas de pilule sautée sans l’accord de votre prescripteur. La progestérone orale se prend, selon le laboratoire, après l’échantillon du coucher. Évitez caféine, alcool et effort intense le jour du recueil.
Chez la femme réglée, le repère « lutéal » correspond à un recueil entre les jours 19 et 22 d’un cycle de 28 jours. Avec la formule Cycle Mapping, des prélèvements du premier matin sont faits tout au long du cycle, et c’est l’échantillon au bêta-prégnanediol le plus élevé qui sert aux autres dosages.
Comment lire le résultat
Le résultat s’exprime en ng/mg de créatinine. Les repères DUTCH utilisés ici sont :
- homme : de 75 à 400 ;
- femme réglée, phase lutéale : de 600 à 2000 ;
- femme réglée, phases folliculaire ou ovulatoire : de 100 à 300 ;
- femme ménopausée : de 60 à 200.
Chez les femmes sous progestérone orale, le laboratoire applique un repère spécifique, de 2000 à 9000. Ces valeurs changent d’une version de rapport à l’autre : utilisez celles de votre propre compte rendu.
Ce qui compte vraiment : le moment du prélèvement. Une valeur basse en début de cycle est normale, puisque la progestérone ne monte qu’après l’ovulation. Une valeur basse en phase lutéale évoque une ovulation absente ou faible : c’est une piste, à confirmer par un dosage sanguin de progestérone et à discuter avec un médecin. La pilule contraceptive freine l’ovulation et fait donc baisser la valeur.
Ce que dit la science
Le dosage de métabolites urinaires de la progestérone est étudié depuis longtemps. L’étude de Newman (2019), réalisée par le laboratoire qui commercialise le test mais analysée par un tiers indépendant, conclut que le dosage sur urine séchée est un bon substitut du dosage sanguin pour la progestérone chez la femme préménopausée et ménopausée.
Un autre travail porte sur une mesure voisine mais différente. Ecochard (2013) a étudié le prégnanediol-3α-glucuronide (PdG), mesuré par immunodosage dans l’urine du premier matin : trois jours consécutifs au-dessus de 5 µg/mL après le premier test LH positif ou après la fin de la glaire fertile confirmaient l’ovulation avec 100 % de spécificité. Ce résultat ne s’applique pas au β-prégnanediol du DUTCH, dosé après hydrolyse et rapporté à la créatinine. La référence pour confirmer l’ovulation reste la progestérone sanguine : dans l’étude de Leiva (2019), l’ovulation était confirmée par une progestérone sérique d’au moins 5 ng/mL.
Aucune autorité de santé ne recommande ce dosage urinaire en première intention, à notre connaissance. Les repères viennent du laboratoire.
Les analyses à associer
L’alpha-prégnanediol est le second métabolite de la progestérone. La progestérone sanguine est la référence pour l’ovulation. L’œstradiol et l’hormone lutéinisante situent le cycle.
À retenir
- Le bêta-prégnanediol est le principal métabolite urinaire de la progestérone.
- Ses repères DUTCH dépendent du sexe, de la phase du cycle et de la ménopause.
- Il ne s’interprète qu’en connaissant le jour du cycle et la prise éventuelle de progestérone ou de pilule.
- Le prégnanediol glucuronide des bandelettes est une autre mesure : ne les comparez pas.
- Un résultat bas en phase lutéale se confirme par une progestérone sanguine et se discute avec un médecin.