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Étude · Physiologie

Et si vos bactéries intestinales décidaient de brûler vos graisses ?

Ingénieur en biologie moléculaire et cellulaireRelu et validé le 
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Crédit photo © Docteur-Fitness.com
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Perdre de la graisse est souvent présenté comme une question simple : manger moins, bouger plus.

Pourtant, depuis plusieurs années, la recherche accumule des résultats qui compliquent cette équation. Certaines personnes prennent du poids plus facilement que d’autres. Certaines brûlent plus d’énergie au repos. Et certains régimes semblent fonctionner pour quelques individus mais pas pour d’autres.

De plus en plus d’indices pointent vers un acteur inattendu : les bactéries intestinales.

Ces milliards de micro-organismes vivent dans le tube digestif et participent à de nombreux processus : digestion, système immunitaire, production de molécules actives… Mais leur influence pourrait aller encore plus loin.

Car selon de nouvelles recherches1, elles pourraient aussi modifier la manière dont le corps stocke… ou brûle… les graisses.

Une graisse qui ne sert pas seulement à stocker

Toutes les graisses corporelles ne se ressemblent pas.

La plupart des cellules graisseuses sont appelées graisses blanches. Leur rôle principal est de stocker l’énergie sous forme de lipides.

Mais il existe d’autres types de graisse :

  • La graisse brune, qui brûle des calories pour produire de la chaleur ;
  • La graisse beige, une forme intermédiaire capable de consommer de l’énergie.

Ces graisses dites « thermogéniques » intéressent énormément les chercheurs. Si le corps pouvait transformer une partie de sa graisse blanche en graisse beige ou brune, il brûlerait davantage de calories.

Le problème est que ce phénomène reste limité chez l’adulte.

Depuis des années, les scientifiques cherchent donc à comprendre comment déclencher cette transformation.

Et c’est là que l’intestin entre en scène.

Un indice venu d’un régime particulier

Les chercheurs ont observé un phénomène étrange chez des souris.

Lorsqu’elles étaient nourries avec un régime très pauvre en protéines, leurs tissus graisseux changeaient d’aspect. Certaines cellules graisseuses blanches commençaient à exprimer des gènes typiques de la graisse beige, associés à la production de chaleur et à l’activité mitochondriale.

Autrement dit, leur graisse devenait plus « active ».

Mais l’expérience a pris une tournure inattendue.

Lorsque ces mêmes souris étaient élevées sans microbiote intestinal, ce changement ne se produisait plus.

Le régime seul ne suffisait donc pas.

Il fallait autre chose.

Les chercheurs cherchent les responsables

Pour comprendre ce qui se passait, l’équipe a essayé d’identifier les bactéries impliquées.

Les scientifiques ont analysé le microbiote de volontaires humains et ont repéré quelques individus possédant naturellement de la graisse beige active.

À partir de là, ils ont isolé certaines bactéries intestinales et les ont transférées dans des souris dépourvues de microbiote.

Le résultat a été frappant.

Avec quatre souches bactériennes spécifiques, les animaux ont commencé à transformer leur graisse blanche en graisse beige, mais uniquement lorsqu’ils recevaient aussi le régime pauvre en protéines.

Les souris ont alors présenté :

  • Plus de graisse beige ;
  • Une meilleure tolérance au glucose ;
  • Moins de prise de poids ;
  • Un cholestérol plus bas.

Les bactéries semblaient donc capables de modifier directement le fonctionnement du tissu adipeux.

Un mécanisme en plusieurs étapes

Les chercheurs ont ensuite tenté de comprendre comment ces microbes agissaient.

Et la réponse est plus complexe qu’un simple signal.

Les bactéries intestinales déclenchent en réalité deux messages biologiques différents :

  1. Elles modifient certaines acides biliaires, qui circulent ensuite dans l’organisme et influencent les cellules graisseuses.
  2. Elles stimulent le foie à produire une hormone appelée FGF21, connue pour augmenter la dépense énergétique.

Ces deux signaux doivent agir ensemble. Si l’un des deux est bloqué, la transformation de la graisse ne se produit plus.

Autrement dit, les bactéries agissent comme un système de relais biologique entre l’alimentation et le métabolisme.

Faut-il manger moins de protéines pour brûler plus de graisse ?

C’est la question qui vient immédiatement.

Et la réponse est non.

Le régime utilisé dans l’étude contient environ 7 % de protéines, ce qui est bien en dessous des recommandations nutritionnelles pour l’humain.

Les chercheurs eux-mêmes insistent : leurs résultats ne doivent pas être appliqués directement à l’alimentation humaine.

De plus, toutes les expériences ont été réalisées chez la souris.

L’intérêt principal de cette découverte est ailleurs.

Une piste pour de futurs traitements

Ce que révèle réellement l’étude, c’est que :

  • Certaines bactéries intestinales peuvent influencer la transformation des graisses ;
  • Elles le font en produisant des molécules capables d’activer des voies métaboliques précises.

Plutôt que de modifier radicalement l’alimentation ou de prendre des probiotiques, les chercheurs pensent que les voies biologiques activées par ces bactéries pourraient devenir de nouvelles cibles pour des traitements contre l’obésité ou le diabète.

Autrement dit, ce ne sont peut-être pas les bactéries elles-mêmes qui seront utilisées un jour… mais les signaux qu’elles produisent.

Et cela pourrait changer la manière dont on comprend la gestion du poids.

Car dans cette histoire, la question n’est plus seulement ce que l’on mange.

Mais aussi ce que nos bactéries décident d’en faire.

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Sources éditoriales et fact-checking1 source vérifiée1 étude[+]

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