Ce que mesure l’analyse
L’épitestostérone est un stéroïde de la même famille que la testostérone. Il est produit en parallèle, notamment dans les testicules, et s’élimine dans les urines. On ne lui connaît pas de rôle hormonal majeur. Son intérêt vient d’un rapport : le rapport T/E, c’est-à-dire la testostérone urinaire divisée par l’épitestostérone urinaire.
Pourquoi ce rapport ? Quand on prend de la testostérone de l’extérieur, la testostérone urinaire monte, mais pas l’épitestostérone. Le T/E s’élève alors. C’est le principe du contrôle antidopage pour la testostérone, bien décrit par Piper et al. (2021).
Comment se passe le prélèvement
En antidopage, l’échantillon est une urine recueillie sous contrôle. Pour un bilan personnel, le test DUTCH utilise quatre échantillons d’urine répartis sur une journée, séchés sur papier filtre, avec un résultat rapporté à la créatinine.
Suivez la notice : horaires, quantité, séchage et envoi. Signalez toute prise de testostérone, de DHEA, de prohormones, de pilule ou d’alcool inhabituel. Ces éléments modifient le profil.
Comment lire le résultat
Dans le test DUTCH, l’épi-testostérone est rapportée en ng/mg de créatinine. Precision Analytical donne 25 à 115 ng/mg chez l’homme (tous âges). C’est une plage de laboratoire, fondée sur des percentiles qu’il juge « plus optimaux » : ce n’est pas une valeur de référence officielle.
Le rapport T/E est sans unité. Chez la plupart des personnes il se situe entre 0,1 et 3 ; l’AMA a fixé le seuil d’alerte à 4 en 2004. Au-delà, le résultat est atypique et déclenche des analyses complémentaires. Un T/E élevé n’est pas une preuve : l’épitestostérone peut être naturellement basse chez certains porteurs de variants du gène CYP17.
À l’inverse, un T/E bas ne prouve rien non plus. Les personnes qui n’ont aucune copie du gène UGT2B17 éliminent très peu de testostérone dans l’urine. Dans l’étude de Schulze et al. (2008), 40 % d’entre elles n’ont jamais atteint le seuil de 4 après une injection de testostérone.
Ce que dit la science
Niveau de preuve : courant en antidopage, non recommandé comme examen de santé. Le T/E est utilisé de façon standardisée depuis des décennies, mais ses limites génétiques sont connues. La fréquence de la délétion de UGT2B17 varie beaucoup selon les populations : 29 % des Suédois et 78 % des Coréens dans une étude de l’Institut Karolinska. Le passeport biologique de l’athlète répond à ce problème en fixant un seuil individuel, qui se stabilise après deux à trois prélèvements (Piper et al., 2021).
Autres points : les anti-inflammatoires (ibuprofène, diclofénac) n’ont pas modifié le T/E dans l’étude de Lundmark et al. (2013). L’alcool et la contamination bactérienne de l’échantillon, en revanche, sont des facteurs de confusion reconnus.
Les analyses à associer
- Testostérone totale : la mesure sanguine de l’hormone elle-même.
- Androstérone et étiocholanolone : les déchets des androgènes, qui complètent le profil.
- Hormone lutéinisante : le signal hypophysaire qui commande la production de testostérone.
À retenir
- Le T/E compare la testostérone à l’épitestostérone dans les urines ; au-delà de 4, le résultat est atypique en antidopage.
- Ce n’est ni un diagnostic ni une preuve de dopage.
- Un T/E bas n’exclut rien : la génétique peut masquer une prise.
- Alcool, contamination, pilule et cycle peuvent brouiller le profil.
- Faites interpréter un résultat atypique par un médecin du sport ou un endocrinologue.