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Épitestostérone

Aussi appelée Épi-testostérone · Epitestosterone · Rapport T/E · Rapport testostérone/épitestostérone

L'épitestostérone est un stéroïde de la même famille que la testostérone, sans rôle hormonal connu. Son intérêt vient du rapport T/E, utilisé en antidopage pour repérer une prise de testostérone.

Recueil d’urinesFamille : hormones sexuelles et fertilitéPreuve courante

Testez-vous en 5 questions

Le cadran

  • DUTCH, épitestostérone : sous la plage du laboratoire moins de 25 ng/mg de créatinine
  • Rapport T/E habituel dans la population (la plupart des pers 0,1 à 3 rapport
  • DUTCH, épitestostérone : dans la plage du laboratoire 25 à 115 ng/mg de créatinine
  • DUTCH, épitestostérone : au-dessus de la plage du laboratoir plus de 115 ng/mg de créatinine

Homme · Source des repères : Precision Analytical (test DUTCH, urine séchée, rapport à la créatinine), rapport type hommes du 20/05/2025 ; Anal Bioanal Chem 2014 (contrôle antidopage, mesures isotopiques du carbone), DOI 10.1007/s00216-014-8374-7.

Les seuils changent d’un laboratoire à l’autre : ceux de votre compte rendu passent avant. Rien n’est envoyé, le calcul se fait dans votre navigateur.

En bref

L'épitestostérone est un stéroïde apparenté à la testostérone, éliminé dans les urines. Elle sert surtout à calculer le rapport testostérone/épitestostérone, critère de référence du contrôle antidopage, avec ses limites génétiques.

À lire avec

Recueil d’urinesPasseport biologique de l'athlète (module stéroïdien) ; profil stéroïdien urinaire en laboratoire antidopage ; profil hormonal urinaire (test DUTCH, Precision Analytical).

ng/mg de créatininePreuve courante6 sources

Profil sportif

Le T/E est le critère historique du contrôle antidopage pour la testostérone : au-delà de 4, le résultat est atypique et déclenche des examens complémentaires. Avec le passeport biologique, le seuil devient individuel après quelques prélèvements. Les compléments de prohormones et l'alcool peuvent brouiller le profil.

Pourquoi on la demande

  • Calculer le rapport testostérone/épitestostérone (T/E), pilier du contrôle antidopage pour la testostérone.
  • Suivre le profil stéroïdien d'un athlète dans le temps (passeport biologique).
  • Mettre en regard la testostérone urinaire dans un profil hormonal fonctionnel (test DUTCH).
  • Comprendre un T/E atypique relevé lors d'un contrôle.

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur basse

  • Épitestostérone naturellement basse (variants du gène CYP17), qui élève le T/E sans prise d'hormones.
  • Production d'androgènes réduite.
  • Excrétion faible de testostérone (délétion UGT2B17), qui abaisse le T/E.

Causes d’une valeur haute

  • Épitestostérone urinaire élevée sous l'effet de variants génétiques (CYP17) ou d'un apport d'épitestostérone.
  • Production d'androgènes élevée.
  • Recueil réalisé à un autre moment que celui prévu.

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Délétion du gène UGT2B17, fréquente dans certaines populations : elle réduit l'élimination urinaire de la testostérone et peut masquer une prise de testostérone.
  • Variants du gène CYP17, qui modifient l'épitestostérone urinaire et donc le T/E.
  • Prise de testostérone, de prohormones ou d'épitestostérone (masquage).
  • Alcool et contamination microbienne de l'échantillon (facteurs de confusion décrits en antidopage).
  • Contraception hormonale et cycle menstruel chez la femme.
  • Anti-inflammatoires : l'ibuprofène et le diclofénac ne modifient pas le T/E dans l'étude de Lundmark.
  • Mode de recueil : horaires, quantité, séchage ou envoi non conformes.

Ce que mesure l’analyse

L’épitestostérone est un stéroïde de la même famille que la testostérone. Il est produit en parallèle, notamment dans les testicules, et s’élimine dans les urines. On ne lui connaît pas de rôle hormonal majeur. Son intérêt vient d’un rapport : le rapport T/E, c’est-à-dire la testostérone urinaire divisée par l’épitestostérone urinaire.

Pourquoi ce rapport ? Quand on prend de la testostérone de l’extérieur, la testostérone urinaire monte, mais pas l’épitestostérone. Le T/E s’élève alors. C’est le principe du contrôle antidopage pour la testostérone, bien décrit par Piper et al. (2021).

Comment se passe le prélèvement

En antidopage, l’échantillon est une urine recueillie sous contrôle. Pour un bilan personnel, le test DUTCH utilise quatre échantillons d’urine répartis sur une journée, séchés sur papier filtre, avec un résultat rapporté à la créatinine.

Suivez la notice : horaires, quantité, séchage et envoi. Signalez toute prise de testostérone, de DHEA, de prohormones, de pilule ou d’alcool inhabituel. Ces éléments modifient le profil.

Comment lire le résultat

Dans le test DUTCH, l’épi-testostérone est rapportée en ng/mg de créatinine. Precision Analytical donne 25 à 115 ng/mg chez l’homme (tous âges). C’est une plage de laboratoire, fondée sur des percentiles qu’il juge « plus optimaux » : ce n’est pas une valeur de référence officielle.

Le rapport T/E est sans unité. Chez la plupart des personnes il se situe entre 0,1 et 3 ; l’AMA a fixé le seuil d’alerte à 4 en 2004. Au-delà, le résultat est atypique et déclenche des analyses complémentaires. Un T/E élevé n’est pas une preuve : l’épitestostérone peut être naturellement basse chez certains porteurs de variants du gène CYP17.

À l’inverse, un T/E bas ne prouve rien non plus. Les personnes qui n’ont aucune copie du gène UGT2B17 éliminent très peu de testostérone dans l’urine. Dans l’étude de Schulze et al. (2008), 40 % d’entre elles n’ont jamais atteint le seuil de 4 après une injection de testostérone.

Ce que dit la science

Niveau de preuve : courant en antidopage, non recommandé comme examen de santé. Le T/E est utilisé de façon standardisée depuis des décennies, mais ses limites génétiques sont connues. La fréquence de la délétion de UGT2B17 varie beaucoup selon les populations : 29 % des Suédois et 78 % des Coréens dans une étude de l’Institut Karolinska. Le passeport biologique de l’athlète répond à ce problème en fixant un seuil individuel, qui se stabilise après deux à trois prélèvements (Piper et al., 2021).

Autres points : les anti-inflammatoires (ibuprofène, diclofénac) n’ont pas modifié le T/E dans l’étude de Lundmark et al. (2013). L’alcool et la contamination bactérienne de l’échantillon, en revanche, sont des facteurs de confusion reconnus.

Les analyses à associer

À retenir

  • Le T/E compare la testostérone à l’épitestostérone dans les urines ; au-delà de 4, le résultat est atypique en antidopage.
  • Ce n’est ni un diagnostic ni une preuve de dopage.
  • Un T/E bas n’exclut rien : la génétique peut masquer une prise.
  • Alcool, contamination, pilule et cycle peuvent brouiller le profil.
  • Faites interpréter un résultat atypique par un médecin du sport ou un endocrinologue.

Testez-vous 5 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Un rapport T/E supérieur à 4 en contrôle antidopage signifie…

  2. 02Un T/E bas prouve-t-il qu'il n'y a pas de dopage ?

  3. 03Les anti-inflammatoires comme l'ibuprofène modifient-ils le T/E ?

  4. 04À quoi sert le passeport biologique de l'athlète ?

  5. 05L'alcool ou une contamination bactérienne peuvent-ils fausser le profil ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 6

  1. 1Piper T, Geyer H, Haenelt N, Huelsemann F, Schänzer W, Thevis M. Current Insights into the Steroidal Module of the Athlete Biological Passport. Int J Sports Med 2021;42:863-878. DOI 10.1055/a-1481-8683, PMID 34049412 — (texte libre
  2. 2Schulze JJ, Lundmark J, Garle M, Skilving I, Ekström L, Rane A. Doping test results dependent on genotype of uridine diphospho-glucuronosyl transferase 2B17, the major enzyme for testosterone glucuronidation. J Clin Endocrinol Metab 2008;93(7):2500-2506. DOI 10.1210/jc.2008-0218, PMID 18334593
  3. 3Karolinska Institutet (archive ouverte). Genetics of androgen disposition : implications for doping tests (polymorphismes UGT2B17 et CYP17)
  4. 4Lundmark J, Gårevik N, Thörngren JO, Garle M, Ekström L, Rane A, Schulze JJ. Non-steroidal anti-inflammatory drugs do not influence the urinary testosterone/epitestosterone glucuronide ratio. Front Endocrinol 2013;4:51. DOI 10.3389/fendo.2013.00051

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.