Ce que mesure l’analyse
L’étiocholanolone est, avec l’androstérone, l’un des principaux déchets des androgènes éliminés dans les urines. On parle de métabolite. Elle vient de la voie dite 5β, qui se déroule surtout dans le foie. Les produits de cette voie sont nettement moins androgéniques que leurs équivalents de la voie 5α (Precision Analytical, test DUTCH). Le laboratoire les décrit comme des métabolites d’élimination hépatiques.
L’étiocholanolone sert à deux choses. D’abord, elle entre dans le calcul de la « production totale de DHEA » (sulfate de DHEA + étiocholanolone + androstérone), un indice global de l’activité des androgènes. Ensuite, son rapport avec l’androstérone permet d’estimer l’activité de la 5α-réductase : plus l’androstérone domine, plus la voie 5α est active.
En contrôle antidopage, l’étiocholanolone figure parmi les stéroïdes quantifiés dans l’urine des athlètes (Piper et al., 2021).
Comment se passe le prélèvement
Dans le test DUTCH, vous recueillez quatre échantillons d’urine répartis sur une journée. Chacun est déposé sur un papier filtre, séché, puis envoyé au laboratoire. Le résultat est rapporté à la créatinine pour corriger la concentration de l’urine.
Suivez à la lettre la notice : horaires, quantité, séchage, conditionnement. Notez vos traitements et compléments (DHEA, testostérone, pilule, corticoïdes), car ils changent les chiffres. Chez une femme réglée, la phase du cycle est à préciser.
Comment lire le résultat
L’unité est le ng/mg de créatinine. Les plages de Precision Analytical, tous âges confondus, vont de 400 à 1 500 ng/mg chez l’homme et de 200 à 1 000 ng/mg chez la femme. Le compte rendu propose aussi des plages par âge.
Ces plages viennent du laboratoire, de sa méthode et de sa population. Il les établit avec des percentiles qu’il juge plus « optimaux » que les bornes classiques : ce ne sont donc pas des valeurs de référence officielles. Ne les comparez pas à celles d’un autre laboratoire.
Pour lire un résultat :
- regardez d’abord le rapport avec l’androstérone, plus informatif qu’une valeur seule ;
- comparez avec la testostérone et le sulfate de DHEA ;
- tenez compte de l’âge, du cycle et des traitements.
Une étiocholanolone un peu haute ou un peu basse n’a pas de sens médical isolée.
Ce que dit la science
Niveau de preuve : émergent. Le dosage des stéroïdes urinaires est standardisé en antidopage : l’AMA a abaissé le seuil du rapport testostérone/épitestostérone à 4 en 2004 et révisé son document technique en 2018 (Piper et al., Int J Sports Med 2021). Ce cadre sert à repérer une administration d’hormones, non à décider d’un traitement.
En dehors du sport, aucune autorité de santé ne recommande l’étiocholanolone pour une décision clinique. Les plages DUTCH ne s’appuient pas sur des seuils validés par des essais. Le laboratoire conseille de confirmer une testostérone basse par une prise de sang.
Plusieurs facteurs brouillent la lecture : alcool, contamination bactérienne de l’échantillon, contraceptifs, cycle (Piper et al.). Un métabolite reflète la production et l’élimination, pas l’effet de l’hormone dans les tissus.
Les analyses à associer
- Androstérone : l’autre métabolite, de la voie 5α, pour le rapport.
- Sulfate de DHEA : il complète l’indice de production totale de DHEA.
- DHEA : le précurseur des androgènes.
- Testostérone totale : l’androgène de départ.
À retenir
- L’étiocholanolone est un déchet d’androgènes de la voie 5β, peu androgénique.
- Elle ne prend de sens que lue avec l’androstérone et les autres androgènes.
- Les plages DUTCH sont propres au laboratoire et non officielles.
- Compléments hormonaux, pilule et cycle modifient le résultat.
- Un chiffre isolé ne justifie aucune décision : parlez-en à votre médecin.