Une nouvelle étude finlandaise(1) révèle des résultats prometteurs sur l’impact de l’exercice physique dans le traitement du cancer du sein. Qui l’eût cru ? Une simple séance de 30 minutes sur un vélo d’appartement pourrait augmenter significativement la proportion de globules blancs tueurs de tumeurs dans le sang des patientes atteintes de cancer du sein. Décryptage de cette découverte qui pourrait bien révolutionner notre approche du traitement de cette maladie.

Un boost pour le système immunitaire
Imaginez-vous : vous venez d’apprendre que vous avez un cancer du sein. Votre monde s’écroule. Et là, on vous dit que faire du vélo pourrait vous aider à combattre la maladie. Ça paraît fou, non ? Pourtant, c’est exactement ce que suggère cette étude menée par l’Université de Turku en Finlande.
Les chercheurs ont découvert qu’une séance d’exercice de 30 minutes suffisait à augmenter la proportion de globules blancs tueurs de tumeurs dans le sang des patientes. Mais attention, tous les globules blancs ne sont pas égaux face au cancer !
Les bons et les mauvais globules blancs
Dans notre système immunitaire, il y a du beau monde :
- Les cellules T cytotoxiques et les cellules tueuses naturelles : ce sont nos héros. Ils détruisent les cellules cancéreuses sans pitié.
- Les cellules T régulatrices et les cellules suppressives dérivées des myéloïdes : ce sont les traîtres. Elles peuvent en fait favoriser la croissance du cancer.
L’équilibre entre ces différents types de cellules est crucial. Comme le souligne Tiia Koivula, chercheuse doctorale à l’Université de Turku : “Si le nombre de cellules détruisant le cancer est supérieur à celui des cellules favorisant le cancer dans la zone tumorale, le corps est plus apte à combattre le cancer.”
L’expérience qui change la donne
Vingt patientes récemment diagnostiquées d’un cancer du sein, n’ayant pas encore commencé leur traitement, ont participé à l’étude. Le protocole ? Simple comme bonjour :
- 30 minutes de pédalage sur un vélo ergométrique ;
- Résistance choisie par les patientes elles-mêmes ;
- Prélèvements sanguins avant, pendant et après l’exercice.
Les résultats sont bluffants. Pendant l’exercice, le nombre de plusieurs types de globules blancs a augmenté dans le sang. Mais ce qui est vraiment intéressant, c’est que les cellules T cytotoxiques et les cellules tueuses naturelles (nos héros, rappelez-vous) ont connu la plus forte augmentation.
Des résultats qui font réfléchir
L’étude a également révélé des informations fascinantes sur la proportion des différents types de globules blancs :
- La proportion de cellules tueuses naturelles a significativement augmenté ;
- La proportion de cellules suppressives dérivées des myéloïdes a diminué.
C’est comme si l’exercice physique donnait un coup de boost à notre armée interne contre le cancer, tout en affaiblissant les forces ennemies. Pas mal, non ?
Le mystère post-exercice
Mais voilà, il y a un hic. Une heure après l’exercice, le nombre de presque tous les types de globules blancs est revenu à sa valeur de repos. Où sont-ils passés ? C’est la grande question.
Koivula admet : “Avec les connaissances actuelles, nous ne pouvons pas dire où vont les globules blancs après l’exercice.” Cependant, elle ajoute une note d’espoir : “Dans des études précliniques, on a observé que les cellules détruisant le cancer migraient vers la zone tumorale.”
L’impact du type de cancer
Les chercheurs ont également examiné si différents types de cancer du sein affectaient différemment la réponse des globules blancs à l’exercice. Et devinez quoi ? Ils ont trouvé des corrélations intéressantes :
- Plus la tumeur est grande, moins l’augmentation du nombre de cellules tueuses naturelles est importante ;
- Dans les cancers du sein positifs aux récepteurs d’œstrogènes et/ou de progestérone, l’augmentation du nombre de cellules T cytotoxiques était moins importante que dans les cancers négatifs aux récepteurs hormonaux.
Cependant, Koivula met en garde : “Les corrélations que nous avons trouvées n’étaient pas très fortes et, par conséquent, aucune conclusion définitive ne peut être tirée des résultats.”
Un appel à la prudence
Bien que ces résultats soient prometteurs, il est important de ne pas tirer de conclusions hâtives. L’étude a été menée sur un petit échantillon de 20 patientes, et les effets à long terme n’ont pas encore été étudiés.
De plus, chaque patient est unique. Ce qui fonctionne pour l’un peut ne pas fonctionner pour l’autre. C’est pourquoi il est crucial de toujours consulter son médecin avant de commencer un nouveau programme d’exercice, surtout pendant un traitement contre le cancer.
Le mot de la fin
Cette étude s’inscrit dans une tendance plus large en oncologie : une approche holistique du traitement du cancer. De plus en plus, les médecins reconnaissent l’importance de traiter non seulement la tumeur, mais aussi la personne dans son ensemble.
L’exercice physique fait partie de cette approche globale. Il ne remplace pas les traitements traditionnels comme la chimiothérapie ou la radiothérapie, mais il peut les compléter de manière significative.
Sources éditoriales et fact-checking
