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Étude · Régimes alimentaires

Le secret n°1 pour qu’un homme perde du poids durablement

Par · Diététicienne nutritionnistePublié le
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le secret n1 pour quun homme perde du poids durablement
Crédit photo © Docteur-Fitness.com
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En Angleterre, 70 % des hommes sont en surpoids ou obèses. C’est plus que les femmes (62 %). Et pourtant, quand on parle de “régime”, on pense immédiatement à un sujet féminin.

Publicités ciblées, influenceuses “healthy”, magazines remplis de programmes minceur : tout est pensé pour un public de femmes.

Les hommes, eux, restent sur le bord de la route. Ils essaient, échouent, recommencent et re-échouent. Un cercle vicieux que personne n’avait vraiment étudié.

Jusqu’à maintenant.

Une équipe de chercheurs de l’université Anglia Ruskin (Cambridge, Angleterre) vient de publier la première étude scientifique consacrée à cette question : comment les hommes perçoivent-ils les régimes et la perte de poids ? Les résultats, parus dans la revue PLOS ONE(1), sont très concrets.

Surtout, ils révèlent quel est LE facteur qui permet aux hommes de tenir sur le long terme.

Mais avant d’y arriver, il faut comprendre pourquoi ça coince.

L’étude en brefÉtude observationnelle

Comment les hommes vivent-ils les tentatives de perte de poids ?

  • Participants24 hommes adultes britanniques
  • Publiée dansPLOS One

Ce qu’elle montre

Les participants percevaient généralement les régimes comme restrictifs et associés à un univers féminin. Le soutien d’un partenaire, d’un mentor ou d’un « buddy » était identifié comme important pour maintenir les changements.

Ses limites

Petit échantillon, recrutement par convenance et étude qualitative : les résultats décrivent les expériences des participants mais ne démontrent pas qu’un type de soutien provoque à lui seul une perte de poids durable.

“Faire un régime, c’est un truc de femmes”

C’est la conclusion la plus nette de cette étude. Pour la grande majorité des hommes interrogés, le mot “régime” appartient à un univers féminin.

24 hommes britanniques de plus de 30 ans (âge moyen : 46 ans, IMC moyen : 28,5) ont été interrogés en groupes de discussion. Tous avaient une expérience concrète du surpoids ou des tentatives de perte de poids.

Pour eux, un régime c’est “restriction, restriction, restriction”. Un truc qu’on subit, pas qu’on choisit. Les réseaux sociaux, la publicité : tout renvoie l’image que surveiller son poids, c’est une affaire de femmes.

Les hommes préfèrent parler de sport, de challenge, de performance. Pas de “régime”.

Et plutôt que d’admettre que le sujet les concerne aussi, beaucoup préfèrent tout simplement… ne rien faire.

Vrai ou faux ?

Les hommes interrogés rejettent toute démarche de perte de poids.

C’est faux.

Non. Les participants avaient tous une expérience de tentatives de perte de poids. Ce qu’ils rejetaient surtout était l’image restrictive et féminisée associée au mot « régime ».

Le piège du “un écart et c’est foutu”

Le plus ironique dans tout ça, c’est que malgré cette aversion pour le mot “régime”, ces hommes ont TOUS essayé d’en faire. Certains depuis leurs 18 ans. South Beach, SlimFast, Slimming World, jeûne intermittent 5:2 ou 16:8, régime végétarien… La liste est longue.

Mais à chaque fois, le même scénario se répète.

Les psychologues appellent ça “l’effet de violation de l’abstinence”. En clair : quand on se fixe un objectif strict et qu’on craque une seule fois, le cerveau considère que c’est un échec total. Pas un faux pas. Un échec.

Un des participants l’explique sans filtre : quand la tentation est trop forte, “je lâche tout mentalement et tout s’écroule”.

Un beignet en entraîne un deuxième. Puis un troisième. Et quelques semaines plus tard, retour à la case départ. Un des hommes interrogés raconte avoir beaucoup maigri. Dès l’arrêt du régime, il est remonté exactement à son poids d’origine.

Ce n’est pas un manque de volonté. C’est un mode de pensée binaire : soit on est “à fond”, soit on a tout lâché. Il n’y a pas d’entre-deux. Et ce fonctionnement est redoutable.

Les deux obstacles que personne ne voit

On ne sait pas ce qu’on mange

Quand les chercheurs ont demandé à ces hommes quel était leur plus grand obstacle, la réponse numéro un n’était ni le prix de la nourriture saine, ni le manque de temps.

C’est le manque de connaissances.

Certains utilisent des applications comme MyFitnessPal sans même comprendre ce qu’est une calorie. D’autres dépendent entièrement de leur conjointe pour savoir quoi manger, en quelle quantité et comment le préparer.

Et il y a un problème supplémentaire : les hommes n’aiment pas admettre qu’ils ne savent pas. Un participant résume la situation : “On pense tout savoir, on n’aime pas qu’on nous dise quoi faire et on n’aime pas admettre qu’on ne sait pas.”

Le mode de vie qui sabote tout

Après 8 ou 9 heures de travail physique, l’envie de préparer un repas équilibré est proche de zéro. La solution par défaut : les pâtes. Rapide, copieux, pas cher.

Et même quand l’effort est fait (salade, pomme de terre au four, haricots), la sensation de faim revient une demi-heure après. De quoi décourager n’importe qui.

Les horaires décalés, les journées de 12 heures, les obligations du soir : tout s’accumule et rend chaque tentative un peu plus difficile que la précédente.

Et vous ?

Pour perdre du poids, quel soutien vous aiderait le plus ?

Votez pour voir les réponses des autres lecteurs.

Ce qui pousse vraiment les hommes à maigrir

On pourrait s’attendre à ce que la peur de la maladie soit le déclencheur principal. Diabète, maladies cardiovasculaires, espérance de vie…

Ce n’est pas le cas.

Le déclencheur numéro un, celui qui revient dans tous les groupes de discussion sans exception, c’est l’apparence physique.

Se regarder dans le miroir et ne pas se reconnaître. Détester ses photos. Réaliser que le costume ne va plus. Un participant raconte s’être regardé et avoir pensé qu’il était “au plus gros qu’il n’avait jamais été”.

L’anecdote la plus parlante : un des hommes interrogés a subi une opération à coeur ouvert en urgence. Un “signal d’alarme” selon ses propres mots. Mais quand on lui demande ce qui l’a vraiment poussé à changer, sa réponse est sans appel : une photo de lui. La photo l’a davantage motivé que la chirurgie cardiaque.

L’apparence bat la santé. À chaque fois.

Et le paradoxe est de taille : ces mêmes hommes, motivés par leur physique, considèrent que se soucier de son apparence c’est un “comportement de femme”. Ils le font. Mais ils refusent de l’admettre.

Le facteur n°1 de réussite (et personne n’en parle)

L’étude identifie trois piliers de soutien qui font la différence entre un énième régime raté et un vrai changement durable :

  • Le “buddy” : un partenaire de régime ou d’entraînement, quelqu’un qui traverse la même chose et avec qui on peut se challenger ;
  • Le mentor : un coach ou un professionnel qui vérifie les progrès, fixe des objectifs et apporte les connaissances qui manquent ;
  • Le ou la conjointe : la personne qui partage le quotidien, et de très loin le pilier le plus puissant.

Le soutien du conjoint ou de la conjointe est le facteur numéro un de réussite chez les hommes pour une perte de poids durable. C’est le résultat principal de cette étude.

Pourquoi ? Parce que dans la majorité des cas, c’est la conjointe qui fait les courses, prépare les repas et structure le plan alimentaire au quotidien. Quand elle achète des pommes plutôt que des barres chocolatées, l’environnement change. Quand elle prépare un repas équilibré le soir pendant que l’autre rentre tard du travail, les chances de succès montent en flèche.

Un participant a été très clair : “Sans elle, je n’aurais pas réussi. C’est elle qui achète la nourriture, elle qui cuisine le soir parce que je ne rentre pas assez tôt. Sans ça, je n’aurais jamais tenu.”

Les hommes sont prêts à accepter de l’aide, mais uniquement de la part de personnes de confiance (un ami proche, un coach, la conjointe). Les programmes commerciaux impersonnels ne fonctionnent pas. La relation de confiance, si.

Ce que les chercheurs recommandent

Le professeur Justin Roberts, co-auteur de l’étude et spécialiste en physiologie nutritionnelle à l’université Anglia Ruskin, tire plusieurs conclusions.

“Pour que les programmes de perte de poids parlent aux hommes, il faut des victoires rapides, des récompenses précoces et un certain degré de compétition sociale autour de l’apparence, avant les considérations de santé.”

Il ajoute : “Le vocabulaire doit éviter les termes ‘régime’ et ‘régimes’. La perte de poids doit être présentée comme un défi personnel positif.”

Dernière recommandation, et peut-être la plus concrète : “Nos résultats suggèrent que les initiatives ciblant les couples pourraient être particulièrement efficaces.”

En résumé : si un homme veut perdre du poids, la meilleure chose à faire n’est peut-être pas de s’inscrire seul à un programme minceur. C’est d’embarquer sa moitié dans l’aventure.

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