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Régimes alimentaires

Cette analyse de 3 000 études montre l’effet du régime végétarien sur l’inflammation

Diététicienne nutritionnisteRelu et validé le 
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effet regime vegetarien inflammation
Crédit photo © Docteur-Fitness.com
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Des légumes, des fruits, des céréales complètes. Et si c’était suffisant pour faire baisser un marqueur sanguin directement lié aux maladies cardiovasculaires, au diabète de type 2 et à certains cancers ?

Une équipe de chercheurs de l’Université de Warwick (Royaume-Uni) vient de publier une méta-analyse dans la revue Nutrition, Metabolism and Cardiovascular Diseases1. Son objectif : déterminer si un régime végétarien (c’est-à-dire basé sur les plantes, sans viande ni produits animaux, ou très peu) peut réduire un marqueur bien précis dans le sang.

Ce marqueur, c’est la protéine C-réactive (CRP). Peu connue du grand public, elle est pourtant surveillée de près par les médecins. Son rôle : signaler au corps qu’une inflammation est en cours. Plus son taux est élevé, plus l’inflammation est importante.

Et ce n’est pas une inflammation visible, comme un genou gonflé ou une gorge rouge. C’est une inflammation silencieuse, chronique, invisible. Les chercheurs l’appellent « inflammaging » (contraction de « inflammation » et « aging », vieillissement en anglais). En clair : le corps s’enflamme de l’intérieur, à bas bruit, pendant des années. Sans symptôme apparent. Jusqu’au jour où les dégâts deviennent concrets.

Ce que les chercheurs ont fait

L’équipe de Luke Bell, étudiant à la Warwick Medical School, a passé au crible près de 3 000 études. Parmi elles, seules 7 répondaient aux critères les plus exigeants de la recherche scientifique : des essais contrôlés randomisés (le « gold standard » de la médecine fondée sur les preuves).

En clair : des études où les participants sont répartis au hasard dans deux groupes, l’un suivant un régime végétarien, l’autre un régime omnivore classique. C’est la méthode la plus fiable pour établir un lien de cause à effet.

Au total, 541 personnes ont été analysées, avec un âge médian de 55 ans. Les régimes testés incluaient des alimentations véganes, végétariennes et à base d’aliments complets d’origine végétale.

Le résultat qui change tout

La CRP a baissé en moyenne de 1,13 mg/L chez les personnes ayant adopté un régime végétarien par rapport à celles qui mangeaient de façon omnivore.

Ce chiffre peut sembler abstrait. Mais en médecine, il a un sens très concret. Un taux de CRP inférieur à 1 mg/L est considéré comme un risque cardiovasculaire faible. Au-dessus de 3 mg/L, le risque est élevé. Une baisse de 1,13 mg/L peut donc suffire à faire passer une personne d’une catégorie de risque à une autre.

Le rôle de l’activité physique

Les chercheurs ont aussi voulu savoir si le sport pouvait biaiser les résultats. Certaines des études incluses combinaient en effet régime végétarien et programme d’exercice physique.

En excluant ces études, la baisse de CRP restait significative : 0,94 mg/L. Moins forte, mais toujours présente. Le régime seul a donc un effet mesurable.

Mais c’est la combinaison alimentation végétale et activité physique qui produisait la baisse la plus importante. Joshua Gibbs, co-auteur de l’étude et superviseur du projet, souligne que les changements de mode de vie semblent avoir le plus grand impact lorsqu’ils sont adoptés ensemble.

Pourquoi ça fonctionne (probablement)

Les régimes végétaux sont naturellement riches en :

  • Fibres alimentaires ;
  • Antioxydants ;
  • Graisses insaturées (présentes dans les noix, les graines, les huiles végétales).

À l’inverse, ils contiennent moins de graisses saturées, souvent associées aux produits d’origine animale. Ces éléments pourraient expliquer, au moins en partie, l’effet anti-inflammatoire observé.

Mais les auteurs restent prudents. L’hétérogénéité entre les études était élevée (les protocoles, les populations et les durées variaient beaucoup). Et le niveau de certitude global des résultats est qualifié de « faible » par les chercheurs eux-mêmes.

Ce que cette étude ne dit pas

Et c’est peut-être le point le plus important. Cette méta-analyse ne prouve pas que manger végétal protège de toutes les maladies. Elle montre qu’un marqueur d’inflammation baisse. C’est une piste, pas une conclusion définitive.

Le Professeur Francesco Cappuccio, co-auteur de l’étude, le dit clairement : sur les près de 3 000 études identifiées au départ, seules 7 ont pu être retenues. Le nombre d’essais de grande envergure reste trop faible pour tirer des certitudes absolues.

Ce qu’il faut retenir

  • La CRP est un marqueur clé de l’inflammation chronique silencieuse ;
  • Les régimes végétaux (végan, végétarien, aliments complets) sont associés à une baisse significative de ce marqueur ;
  • L’effet est amplifié lorsque l’alimentation est combinée à l’exercice physique ;
  • Le niveau de preuve reste modeste : davantage d’essais cliniques de grande taille sont nécessaires.

L’alimentation végétale n’est pas un remède miracle. Mais dans un contexte où l’inflammation chronique est de plus en plus pointée du doigt comme moteur du vieillissement et des maladies qui l’accompagnent, ces résultats méritent d’être pris au sérieux.

La vraie question n’est peut-être pas « faut-il devenir végan ? ». C’est plutôt : « combien de fruits, de légumes et de légumineuses mange-t-on chaque jour, en remplacement de ce qu’on pourrait manger autrement ? »

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