Ce que mesure l’analyse
Le VIH, virus de l’immunodéficience humaine, s’attaque aux défenses immunitaires, en particulier aux lymphocytes CD4. Sans prise en charge, l’infection évolue vers le sida, le stade où ces défenses sont trop affaiblies pour protéger contre certaines infections. L’infection peut rester longtemps sans symptôme : seul un test permet de la découvrir.
La sérologie VIH détecte une infection par le virus. Le test de référence en laboratoire est un test ELISA de quatrième génération. Il existe aussi des tests rapides, les TROD (tests rapides d’orientation diagnostique), et des autotests, à faire soi-même.
Comment se passe le prélèvement
En laboratoire, c’est une prise de sang classique. Selon Santé.fr, le dépistage du VIH est gratuit dans tous les laboratoires de biologie médicale, pour tous, sans ordonnance ni rendez-vous. Il est aussi gratuit dans les centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD), et certaines associations proposent gratuitement des TROD et des autotests.
Selon la HAS (2017), l’autotest se fait sur une goutte de sang prise au bout du doigt ou sur un prélèvement de salive au niveau des gencives, avec un résultat en moins de 30 minutes ; il est vendu en pharmacie depuis septembre 2015.
Comment lire le résultat
Le résultat est qualitatif : négatif ou positif. Il n’existe pas de repère chiffré à interpréter. Deux points comptent :
- le délai depuis la prise de risque : selon la HAS, la fenêtre de détection est d’environ six semaines pour le test ELISA de quatrième génération, qui peut d’ailleurs devenir positif dès deux à trois semaines après la contamination, et d’environ trois mois pour les TROD et les autotests. Un test négatif fait trop tôt ne permet donc pas de conclure ;
- la confirmation : selon la HAS, tout autotest positif doit être confirmé par un test ELISA de quatrième génération, et un TROD doit toujours être associé à un test de dépistage classique.
La HAS souligne aussi que ces délais ne doivent pas décourager de se faire tester : en cas de doute, parlez-en à un médecin ou à un centre de dépistage, qui vous dira quand refaire un test.
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est élevé : les tests de dépistage du VIH sont parmi les examens les mieux validés. L’enjeu est de toucher les personnes qui ignorent leur infection.
La HAS a réévalué la stratégie française en 2017. Elle estimait à environ 149 000 le nombre de personnes vivant avec le VIH en France en 2010, dont environ 20 % ignoraient leur séropositivité. Cette « épidémie cachée » contribue fortement à la transmission du virus. D’où sa stratégie :
- proposer un dépistage à toute la population au moins une fois dans la vie, entre 15 et 70 ans ;
- dépister de façon régulière les populations les plus exposées : tous les trois mois chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, chaque année chez les usagers de drogues injectables et chez les personnes originaires de régions à forte prévalence, notamment l’Afrique subsaharienne et les Caraïbes.
La HAS rappelle que le traitement précoce des personnes dépistées vise à réduire les complications et la transmission du virus. Elle encourage aussi le dépistage combiné du VIH et des hépatites B et C dans les populations les plus exposées. Le rapport d’experts sur les hépatites présenté par Dhumeaux recommandait de même un dépistage combiné des trois virus chez les hommes de 18 à 60 ans jamais testés.
Les analyses à associer
- Lymphocytes CD4 et rapport CD4 sur CD8 : l’état des défenses immunitaires.
- Sérologie hépatite B : un dépistage combiné encouragé.
- Sérologie syphilis : dans une démarche globale de santé sexuelle.
À retenir
- La HAS recommande à chacun un dépistage du VIH au moins une fois dans la vie.
- Le test est gratuit et sans ordonnance dans tous les laboratoires.
- La fenêtre de détection est d’environ six semaines en laboratoire et trois mois pour les tests rapides.
- Un TROD ou un autotest positif doit toujours être confirmé en laboratoire.
- Les personnes les plus exposées gagnent à se faire dépister régulièrement.