Ce que mesure l’analyse
Helicobacter pylori est une bactérie qui vit dans l’estomac. Elle cause la gastrite chronique active et l’ulcère du duodénum, selon Mayo Clinic Laboratories. Des fragments de la bactérie, appelés antigènes, passent dans le tube digestif et se retrouvent dans les selles.
Le test détecte ces antigènes grâce à des anticorps, le plus souvent monoclonaux, c’est-à-dire tous identiques et dirigés contre une même cible. Le consensus de Maastricht VI (Malfertheiner et al., Gut, 2022) indique que les tests à anticorps monoclonaux sont supérieurs aux anciens dans les études comparatives. Contrairement à la sérologie, ce test montre une infection actuelle.
Comment se passe le prélèvement
Vous recueillez un échantillon de selles dans un flacon fourni par le laboratoire. La préparation est décisive, car certains médicaments réduisent la quantité de bactéries et donnent des faux négatifs :
- pas d’IPP ni d’anti-H2, des médicaments contre l’acidité, dans les deux semaines précédentes, selon la HAS (2017) ;
- pas d’antibiotiques dans les quatre semaines précédentes, selon la HAS ; Maastricht VI ajoute le bismuth, également sur quatre semaines.
Ne modifiez jamais un traitement de vous-même : voyez-le avec votre médecin. La conservation compte aussi. La HAS (2019) demande que le test soit fait au plus tard 72 heures après le recueil, sur des selles gardées au réfrigérateur entre 2 et 8 °C ; au-delà, elles doivent être congelées. Mayo refuse les selles liquides, très glaireuses ou placées dans un milieu de transport, demande au moins 5 g de selles bien mélangées, et accepte une conservation de 72 heures au réfrigérateur ou de 60 jours au congélateur.
Comment lire le résultat
Le résultat est qualitatif :
- positif : la bactérie est présente ;
- négatif : la bactérie n’est pas détectée, à condition que les délais d’arrêt des médicaments aient été respectés. Mayo rappelle qu’un résultat négatif n’exclut pas totalement l’infection.
Après un traitement, le moment du contrôle compte. Le consensus de Maastricht VI définit l’éradication comme l’absence de la bactérie quatre à six semaines après la fin du traitement. Un test fait trop tôt risque d’être faussement rassurant.
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est élevé. La HAS (2017) juge ce test performant pour le diagnostic avant traitement comme pour le contrôle de l’éradication, au même titre que le test respiratoire à l’urée marquée. Maastricht VI le range parmi les tests non invasifs de référence, avec le test respiratoire.
En 2019, la HAS a réévalué ce test. Elle conclut qu’il peut être utilisé pour rechercher l’infection chez des adultes à risque sans symptôme, et que, pour le contrôle de l’éradication, il est surtout intéressant quand le test respiratoire ne peut pas être réalisé, par exemple chez le jeune enfant ou chez une personne qui a du mal à suivre les consignes. Elle souligne que la performance varie selon les réactifs et les conditions de transport des selles, et recommande les réactifs les plus fiables.
Les avis divergent sur le dépistage sans symptôme. Mayo Clinic Laboratories estime que tester des personnes sans symptôme n’est pas recommandé en général, faute d’utilité démontrée, alors que la HAS l’admet chez des adultes à risque. Dans tous les cas, la décision se prend avec le médecin, selon les antécédents personnels et familiaux.
Les analyses à associer
- Test respiratoire à l’urée marquée : l’autre test direct de référence.
- Helicobacter pylori sérologie : utile quand les médicaments faussent les tests directs.
- Pepsinogènes I et II et ferritine : l’état de l’estomac et une carence en fer à expliquer.
À retenir
- Ce test montre si Helicobacter pylori est présente maintenant.
- Il faut arrêter les IPP deux semaines et les antibiotiques quatre semaines avant, avec l’accord du médecin.
- Il sert au diagnostic et au contrôle après traitement.
- Le contrôle d’éradication se fait plusieurs semaines après la fin du traitement.
- Les selles doivent être analysées vite ou congelées.