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SellesInfections et sérologiesPreuve validée

Antigène Helicobacter pylori dans les selles

Aussi appelée Antigène H. pylori fécal · Test antigénique dans les selles · HpSA

Ce test recherche dans les selles des fragments de la bactérie Helicobacter pylori. Il montre si la bactérie est présente aujourd'hui, ce qui en fait un outil de diagnostic et de contrôle après traitement.

Pourquoi on la demande

  • Rechercher une infection par Helicobacter pylori avant traitement.
  • Vérifier l'éradication après traitement, surtout quand le test respiratoire est difficile à réaliser.
  • Tester un jeune enfant ou une personne qui ne peut pas suivre les consignes du test respiratoire.
  • Rechercher l'infection chez un adulte à risque, sans symptôme, dans les conditions fixées par la HAS.

Ce qui peut la fausser

  • IPP ou anti-H2 dans les deux semaines précédentes : faux négatifs.
  • Antibiotiques ou bismuth dans les quatre semaines précédentes : faux négatifs.
  • Contrôle trop tôt après le traitement : l'éradication se juge plusieurs semaines après la fin du traitement.
  • Conservation : selles analysées dans les 72 heures, gardées au réfrigérateur ; au-delà, elles doivent être congelées.
  • Selles liquides, très glaireuses ou placées dans un milieu de transport : refusées par certains laboratoires.
  • Réactifs de performance variable selon les fabricants.

Causes d’une valeur haute

  • Infection active par Helicobacter pylori
  • Échec du traitement d'éradication, si le test est fait dans les bonnes conditions

Recueil de sellesDiagnostic avant traitement ; contrôle d'éradication, notamment chez l'enfant ; alternative au test respiratoire à l'urée marquée.

qualitatif (positif ou négatifPreuve validée4 sources

Ce que mesure l’analyse

Ce test recherche dans les selles des morceaux de la bactérie Helicobacter pylori, qui vit dans l'estomac. Il indique si elle est présente maintenant, à condition d'avoir arrêté à temps certains médicaments.

Lire l’explication

À lire avec

Ce que mesure l’analyse

Helicobacter pylori est une bactérie qui vit dans l’estomac. Elle cause la gastrite chronique active et l’ulcère du duodénum, selon Mayo Clinic Laboratories. Des fragments de la bactérie, appelés antigènes, passent dans le tube digestif et se retrouvent dans les selles.

Le test détecte ces antigènes grâce à des anticorps, le plus souvent monoclonaux, c’est-à-dire tous identiques et dirigés contre une même cible. Le consensus de Maastricht VI (Malfertheiner et al., Gut, 2022) indique que les tests à anticorps monoclonaux sont supérieurs aux anciens dans les études comparatives. Contrairement à la sérologie, ce test montre une infection actuelle.

Comment se passe le prélèvement

Vous recueillez un échantillon de selles dans un flacon fourni par le laboratoire. La préparation est décisive, car certains médicaments réduisent la quantité de bactéries et donnent des faux négatifs :

  • pas d’IPP ni d’anti-H2, des médicaments contre l’acidité, dans les deux semaines précédentes, selon la HAS (2017) ;
  • pas d’antibiotiques dans les quatre semaines précédentes, selon la HAS ; Maastricht VI ajoute le bismuth, également sur quatre semaines.

Ne modifiez jamais un traitement de vous-même : voyez-le avec votre médecin. La conservation compte aussi. La HAS (2019) demande que le test soit fait au plus tard 72 heures après le recueil, sur des selles gardées au réfrigérateur entre 2 et 8 °C ; au-delà, elles doivent être congelées. Mayo refuse les selles liquides, très glaireuses ou placées dans un milieu de transport, demande au moins 5 g de selles bien mélangées, et accepte une conservation de 72 heures au réfrigérateur ou de 60 jours au congélateur.

Comment lire le résultat

Le résultat est qualitatif :

  • positif : la bactérie est présente ;
  • négatif : la bactérie n’est pas détectée, à condition que les délais d’arrêt des médicaments aient été respectés. Mayo rappelle qu’un résultat négatif n’exclut pas totalement l’infection.

Après un traitement, le moment du contrôle compte. Le consensus de Maastricht VI définit l’éradication comme l’absence de la bactérie quatre à six semaines après la fin du traitement. Un test fait trop tôt risque d’être faussement rassurant.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est élevé. La HAS (2017) juge ce test performant pour le diagnostic avant traitement comme pour le contrôle de l’éradication, au même titre que le test respiratoire à l’urée marquée. Maastricht VI le range parmi les tests non invasifs de référence, avec le test respiratoire.

En 2019, la HAS a réévalué ce test. Elle conclut qu’il peut être utilisé pour rechercher l’infection chez des adultes à risque sans symptôme, et que, pour le contrôle de l’éradication, il est surtout intéressant quand le test respiratoire ne peut pas être réalisé, par exemple chez le jeune enfant ou chez une personne qui a du mal à suivre les consignes. Elle souligne que la performance varie selon les réactifs et les conditions de transport des selles, et recommande les réactifs les plus fiables.

Les avis divergent sur le dépistage sans symptôme. Mayo Clinic Laboratories estime que tester des personnes sans symptôme n’est pas recommandé en général, faute d’utilité démontrée, alors que la HAS l’admet chez des adultes à risque. Dans tous les cas, la décision se prend avec le médecin, selon les antécédents personnels et familiaux.

Les analyses à associer

  • Test respiratoire à l’urée marquée : l’autre test direct de référence.
  • Helicobacter pylori sérologie : utile quand les médicaments faussent les tests directs.
  • Pepsinogènes I et II et ferritine : l’état de l’estomac et une carence en fer à expliquer.

À retenir

  • Ce test montre si Helicobacter pylori est présente maintenant.
  • Il faut arrêter les IPP deux semaines et les antibiotiques quatre semaines avant, avec l’accord du médecin.
  • Il sert au diagnostic et au contrôle après traitement.
  • Le contrôle d’éradication se fait plusieurs semaines après la fin du traitement.
  • Les selles doivent être analysées vite ou congelées.

Testez-vous

4 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Combien de temps après l'arrêt des IPP faire le test ?

  2. 02Et après des antibiotiques ?

  3. 03Ce test peut-il vérifier l'éradication après traitement ?

  4. 04Comment conserver les selles avant l'analyse ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 4

  1. 1HAS. Pertinence des soins : diagnostic de l'infection par Helicobacter pylori chez l'adulte, fiche, mai 2017.
  2. 2HAS. Évaluation des actes de biologie médicale relatifs à la prise en charge de l'infection à Helicobacter pylori : rapport d'évaluation, avril 2019.
  3. 3Malfertheiner P, Megraud F, Rokkas T, et al. Management of Helicobacter pylori infection: the Maastricht VI/Florence consensus report. Gut. 2022;71(9):1724-1762. PMID 35944925.
  4. 4Mayo Clinic Laboratories (Rochester, États-Unis). Helicobacter pylori Antigen, Feces, test HPSAF : immunochromatographie à anticorps monoclonal.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.