Aller au contenu

SangInfections et sérologiesPreuve courante

Candida albicans sérologie

Aussi appelée Anticorps anti-Candida · Anticorps anti-mannane · Sérologie candidose

Les repères

  • Négatif (seuil du fabricant, Platelia Candida Antibody) moins de 5 UA/mL (ELISA anti-mannane)
  • Indéterminé 5 à 10 UA/mL (ELISA anti-mannane)
  • Positif plus de 10 UA/mL (ELISA anti-mannane)

Source : Mikulska M et al., Crit Care 2010 (ECIL-3) : seuils du fabricant pour le test Platelia Candida Antibody (Bio-Rad), ELISA, en unités arbitraires par mL. Les repères de votre laboratoire priment : ils dépendent de sa méthode et de son unité.

La sérologie Candida recherche les anticorps contre une levure qui vit normalement sur nos muqueuses. Elle aide au diagnostic des candidoses invasives graves à l'hôpital, mais ne permet pas d'affirmer une « candidose intestinale » chez une personne en bonne santé.

Pourquoi on la demande

  • Aider au diagnostic d'une candidose invasive chez un patient à risque, en réanimation ou en hématologie.
  • Compléter la recherche de l'antigène mannane, l'association des deux étant plus performante.
  • Aider au diagnostic d'une candidose hépatosplénique, une atteinte du foie et de la rate chez le patient d'hématologie.
  • Orienter le médecin en attendant les résultats des cultures, souvent négatives ou tardives.

Ce qui peut la fausser

  • Porteur sain : des anticorps sont possibles, même à taux élevés, sans infection.
  • Colonisation par Candida : anticorps détectables chez environ un patient non infecté sur trois dans certaines études.
  • Immunodépression : production d'anticorps parfois faible, d'où des faux négatifs.
  • Espèce en cause : sensibilité plus faible pour certaines espèces que pour Candida albicans.
  • Techniques anciennes (hémagglutination, immunofluorescence, électrosynérèse) : manuelles, moins standardisées que l'ELISA.

Causes d’une valeur haute

  • Candidose invasive (candidémie, candidose profonde ou hépatosplénique)
  • Colonisation des muqueuses sans infection invasive
  • Porteur sain

Prise de sangBilan de candidose invasive en réanimation et en hématologie, avec l'antigène mannane et parfois le bêta-D-glucane.

UA/mL (ELISA anti-mannane)Preuve courante2 sources

Ce que mesure l’analyse

Ce test recherche les anticorps contre Candida, une levure présente chez beaucoup de personnes en bonne santé. Il aide à repérer une infection grave chez des patients fragiles, mais ne distingue pas un simple portage d'une maladie.

Lire l’explication

À lire avec

  • Mannane et anti-mannaneL'association de l'antigène et des anticorps est plus performante que chaque test seul.
  • Bêta-D-glucaneC'est un autre marqueur sanguin des infections fongiques invasives.
  • Candida dans les sellesIl montre la présence de la levure dans l'intestin, sans prouver une maladie.
  • ArabinoseC'est un autre marqueur proposé pour les levures, dont l'intérêt reste discuté.

Ce que mesure l’analyse

Candida albicans est une levure, un champignon microscopique, qui vit normalement sur la peau et les muqueuses de nombreuses personnes, notamment dans le tube digestif. Chez la plupart, elle ne cause aucune maladie : on parle de portage ou de colonisation. Chez des patients fragiles, en réanimation ou traités pour un cancer du sang, elle peut passer dans le sang et les organes : c’est la candidose invasive, une infection grave.

La sérologie recherche les anticorps dirigés contre Candida. Selon la HAS (2017), les anticorps recherchés sont surtout ceux dirigés contre le mannane, un sucre de la paroi de la levure. La HAS retient la technique ELISA, automatisable ; les anciennes techniques manuelles (hémagglutination, immunofluorescence, électrosynérèse) sont de moins en moins employées.

Comment se passe le prélèvement

C’est une prise de sang classique, sans préparation. À l’hôpital, le dosage peut être répété et associé à la recherche de l’antigène mannane. La HAS reconnaît toutefois que la stratégie optimale de prélèvement, en particulier leur fréquence, n’est pas encore établie.

Comment lire le résultat

Avec le test Platelia Candida Antibody de Bio-Rad, le plus utilisé en Europe, la revue de l’ECIL-3 (Mikulska et al., Critical Care, 2010) rapporte les seuils du fabricant : positif à partir de 10 UA/mL (unités arbitraires par millilitre), indéterminé de 5 à 10 UA/mL. D’autres trousses ont d’autres seuils.

Un résultat positif ne suffit pas. La HAS rappelle que des anticorps peuvent exister chez un porteur sain, y compris à des taux élevés, et que chez une personne à l’immunité normale, le test ne distingue pas une colonisation d’une infection. À l’inverse, les personnes immunodéprimées produisent parfois peu d’anticorps. Mikulska et ses collègues citent une colonisation à l’origine d’anticorps détectables chez environ 30 % des patients non infectés.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve dépend de la situation, et c’est ce qu’il faut retenir.

Ce qui est démontré. Dans la candidose invasive, chez des patients à risque, la revue de 14 études par Mikulska et ses collègues trouve, pour les anticorps anti-mannane seuls, une sensibilité de 59 % et une spécificité de 83 %. Associés à l’antigène mannane, la sensibilité monte à 83 % et la spécificité atteint 86 %. Chez 73 % de 45 patients avec une candidémie, au moins un des deux tests était positif avant les cultures. Les experts de l’ECIL-3 recommandent donc l’association des deux plutôt que chaque test seul. La HAS (2017) situe l’examen dans ce cadre : candidémie, candidose profonde ou hépatosplénique, chez les patients d’oncohématologie et de réanimation. La même revue note que la sensibilité est la plus élevée pour Candida albicans et plus faible pour certaines autres espèces, et que, chez 21 patients avec une candidose hépatosplénique, 18 avaient un test positif une quinzaine de jours avant que l’imagerie ne montre les lésions.

Ce qui ne l’est pas. La HAS précise que la recherche dans les candidoses superficielles ne présente pas d’intérêt pratique. Rien dans ces sources ne valide la sérologie pour diagnostiquer une « candidose intestinale chronique » ou un « syndrome de prolifération des levures » chez une personne en bonne santé : comme le test ne distingue pas portage et infection, un résultat positif dans ce contexte ne permet aucune conclusion.

Les analyses à associer

  • Mannane et anti-mannane : l’association la plus performante.
  • Bêta-D-glucane : un autre marqueur des infections fongiques invasives.
  • Candida dans les selles et arabinose : des marqueurs de la présence de levures, dont l’interprétation reste discutée.

À retenir

  • Candida albicans vit normalement chez de nombreuses personnes en bonne santé.
  • La sérologie aide au diagnostic des candidoses invasives chez les patients à risque.
  • Avec le test Platelia, le seuil de positivité est de 10 UA/mL.
  • Des anticorps, même élevés, peuvent exister sans infection.
  • Elle n’est pas validée pour diagnostiquer une « candidose intestinale » chez une personne en bonne santé.

Testez-vous

5 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Avec le test Platelia (Bio-Rad), des anticorps anti-mannane à 10 UA/mL ou plus sont…

  2. 02Entre 5 et 10 UA/mL, le résultat est…

  3. 03Des anticorps anti-Candida chez une personne en bonne santé prouvent-ils une candidose ?

  4. 04Dans quelle situation la HAS retient-elle cet examen ?

  5. 05Quelle stratégie est la plus performante ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 2

  1. 1HAS. Actualisation des actes de biologie médicale relatifs au diagnostic des candidoses invasives : argumentaire, octobre 2017.
  2. 2Mikulska M, Calandra T, Sanguinetti M, et al. The use of mannan antigen and anti-mannan antibodies in the diagnosis of invasive candidiasis: recommendations from the Third European Conference on Infections in Leukemia. Crit Care. 2010;14(6):R222. PMID 21143834.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.