Ce que mesure l’analyse
Chlamydia pneumoniae est une bactérie qui vit à l’intérieur des cellules et infecte les voies respiratoires. Elle donne des infections respiratoires, dont des pneumonies dites atypiques. Selon Mayo Clinic Laboratories, elle est responsable d’environ 10 % des pneumonies. C’est une espèce différente de Chlamydia trachomatis, la bactérie sexuellement transmissible, que ce test ne recherche pas.
La sérologie recherche les IgM, qui apparaissent au début de l’infection, et les IgG, qui apparaissent plus tard et persistent. La technique recommandée est la microimmunofluorescence (MIF) : on dépose le sérum dilué sur des lames portant la bactérie, puis on repère au microscope la dernière dilution où les anticorps se fixent encore. Le résultat est un titre, par exemple 64 ou 512.
Comment se passe le prélèvement
C’est une prise de sang classique, sans préparation. Un prélèvement trop précoce peut ne pas encore contenir d’anticorps. Mayo conseille un second prélèvement 10 à 21 jours après le premier, analysé en même temps que lui, ce qui permet de comparer les deux titres dans les mêmes conditions.
Comment lire le résultat
Mayo Clinic Laboratories (test CHLAP) donne ces repères pour Chlamydia pneumoniae :
- IgM : négatives sous un titre de 10 ; un titre de 10 ou plus est un argument en faveur d’une infection ;
- IgG : négatives sous 64 ; de 64 à 512 sur un seul prélèvement, infection à une date indéterminée ; 512 ou plus, infection en cours présumée ;
- deux prélèvements : une multiplication du titre par quatre, ou un second titre d’au moins 512, indique une infection en cours.
Le titre se lit comme une dilution : un titre de 512 signifie que les anticorps sont encore détectés quand le sérum est dilué 512 fois. Le panel de Mayo rend aussi les résultats pour Chlamydia psittaci, une bactérie transmise par les oiseaux, avec un seuil différent : pour cette espèce, des IgG dès 64 sont déjà un argument en faveur d’une infection en cours.
Trois pièges compliquent la lecture. Ces anticorps sont fréquents : Mayo les détecte chez 25 à 45 % des adultes testés. Les IgG persistent des années, d’où l’importance de l’histoire clinique. Enfin, au début d’une infection, les anticorps peuvent réagir avec plusieurs espèces de Chlamydia.
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est intermédiaire. La sérologie est utilisée, mais sa standardisation a longtemps posé problème. En 2001, le CDC américain et le laboratoire national canadien ont publié des recommandations (Dowell et al., Clinical Infectious Diseases). Elles ne retiennent que la microimmunofluorescence, proposent des définitions standardisées de l’« infection aiguë » et de l’« exposition passée », et déconseillent d’utiliser un titre isolé d’IgG pour affirmer une infection aiguë, ou les IgA pour affirmer une infection chronique.
Ces auteurs rappellent aussi que Chlamydia pneumoniae a été associée à l’athérosclérose et à d’autres maladies chroniques, mais que les résultats des laboratoires variaient beaucoup, faute de méthode de référence. Une sérologie positive ne permet donc pas de rattacher une maladie chronique à cette bactérie.
Les mêmes recommandations se sont penchées sur la détection directe de la bactérie. Sur 18 techniques de PCR publiées, seules 4 remplissaient les critères de validation proposés, et une culture positive devait être confirmée par PCR ou par repiquage de la souche. La qualité des laboratoires reste donc un enjeu, quelle que soit la méthode.
Les analyses à associer
- Sérologie Mycoplasma pneumoniae : une autre cause de pneumonie atypique.
- Protéine C réactive et procalcitonine : l’intensité de l’inflammation et de l’infection.
À retenir
- La technique recommandée est la microimmunofluorescence, rendue en titres.
- Beaucoup d’adultes ont des anticorps, témoins d’infections passées.
- Chez Mayo, des IgG à 512 ou plus évoquent une infection en cours.
- Deux prélèvements espacés, avec une hausse d’un facteur quatre, sont plus fiables qu’un taux isolé.
- Une sérologie positive ne prouve pas un lien avec une maladie chronique.