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SangInfections et sérologiesPreuve validée

Sérologie de la maladie de Lyme

Aussi appelée Borrélia · Sérologie de Lyme · Borréliose de Lyme · ELISA et Western blot Lyme

La sérologie de Lyme recherche les anticorps contre les bactéries Borrelia transmises par les tiques. Utile pour les formes neurologiques, articulaires ou tardives, elle est souvent négative au début et ne prouve pas seule une maladie en cours.

Pourquoi on la demande

  • Confirmer une atteinte neurologique, articulaire ou cutanée tardive évocatrice de maladie de Lyme.
  • Explorer une paralysie faciale ou une atteinte des racines nerveuses après une possible piqûre de tique.
  • Explorer une arthrite du genou récidivante chez une personne exposée aux tiques.
  • Elle n'est en général pas utile devant un érythème migrant typique, qui se diagnostique à l'examen.

Ce qui peut la fausser

  • Érythème migrant récent : sérologie souvent encore négative.
  • Personnes très exposées aux tiques : anticorps possibles sans maladie active.
  • Anticorps persistants après une infection ancienne : une sérologie positive ne prouve pas une maladie en cours.
  • Stratégie en deux temps obligatoire : un ELISA positif se confirme par Western blot.
  • Techniques différentes d'un laboratoire à l'autre.

Causes d’une valeur haute

  • Contact ancien avec la bactérie, sans maladie active
  • Neuroborréliose (méningoradiculite, paralysie faciale)
  • Arthrite de Lyme
  • Acrodermatite chronique atrophiante (rare)

Prise de sangBilan de neuroborréliose ou d'arthrite de Lyme (ELISA puis Western blot) ; bilan des formes tardives.

qualitatif (ELISA puis WesternPreuve validée2 sources

Profil sportif

Les sports de nature, comme le trail, la course d'orientation ou le VTT, exposent aux tiques. Les sociétés savantes françaises (Figoni et al., 2019) placent la prévention en premier : vêtements couvrants, éventuellement répulsifs, puis inspection de la peau et retrait rapide des tiques après l'exposition. Une plaque rouge qui s'étend autour d'une piqûre se montre au médecin, sans attendre une sérologie.

Ce que mesure l’analyse

Ce test recherche les anticorps contre les bactéries de la maladie de Lyme, transmises par les tiques. Il se fait en deux étapes et sert surtout pour les atteintes des nerfs, des articulations ou de la peau qui apparaissent plusieurs semaines après la piqûre.

Lire l’explication

À lire avec

Ce que mesure l’analyse

La maladie de Lyme, ou borréliose de Lyme, est due à des bactéries du groupe Borrelia burgdorferi, transmises par la piqûre de tiques. En France, la tique en cause est Ixodes ricinus, présente dans les forêts, les prairies et les jardins. Selon les sociétés savantes françaises (Figoni et al., Médecine et Maladies Infectieuses, 2019), l’incidence est estimée à environ 53 cas pour 100 000 habitants par an.

La forme la plus fréquente est l’érythème migrant, une plaque rouge qui s’étend autour du point de piqûre, quelques jours à quelques semaines après. Plus rarement, la bactérie atteint les nerfs (moins de 15 % des cas, surtout des atteintes des racines nerveuses et des paralysies faciales), les articulations (surtout une arthrite du genou qui récidive) ou, très rarement, le cœur et les yeux.

La sérologie recherche les anticorps produits contre ces bactéries.

Comment se passe le prélèvement

C’est une prise de sang classique, sans préparation. La HAS (2018) décrit une stratégie en deux temps : un premier test de dépistage, l’ELISA, puis, s’il est positif, un test de confirmation, le Western blot, qui identifie les protéines de la bactérie reconnues par les anticorps.

Notez la date et l’endroit de la piqûre, ainsi que l’aspect de la peau dans les semaines qui suivent : ces informations aident le médecin à décider si la sérologie est utile et à l’interpréter.

Pour certaines atteintes, d’autres prélèvements sont utiles : liquide céphalorachidien pour les atteintes neurologiques, liquide articulaire ou biopsie pour les arthrites, biopsie de peau pour certaines formes cutanées.

Comment lire le résultat

Le résultat est qualitatif : négatif, douteux ou positif pour l’ELISA, puis interprétation du Western blot. Il n’existe pas de repère chiffré commun : les seuils dépendent des trousses.

Ce qui compte vraiment, c’est le moment et le contexte. Selon la HAS, à la phase de l’érythème migrant, la sérologie n’est positive que dans 30 à 40 % des cas, et dans environ 60 % si elle est refaite 4 à 6 semaines après le début des signes. Elle n’aide donc pas devant un érythème migrant typique, qui se diagnostique à l’examen.

À l’inverse, pour les formes plus tardives, la sérologie est performante. La HAS rapporte une sensibilité moyenne de 77 % pour l’ELISA dans les formes neurologiques, de 96 % dans les arthrites et de 97 % dans l’acrodermatite chronique atrophiante, une atteinte de la peau des membres, avec une spécificité de 92 à 95 %.

Une sérologie positive ne prouve pas une maladie en cours : les anticorps peuvent persister après une infection ancienne ou apparaître chez des personnes exposées sans être malades. Le diagnostic repose toujours sur les signes cliniques. Au moindre doute après une piqûre de tique, la bonne démarche est donc de montrer la peau au médecin plutôt que de demander d’emblée une sérologie.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est élevé pour la stratégie en deux temps, recommandée par la HAS et les sociétés savantes françaises. Le sujet reste pourtant débattu : la fiche de synthèse de la HAS de 2018 signale le désaccord d’une fédération sur la partie consacrée aux tests sérologiques.

Figoni et ses collègues (2019) rappellent que la prévention repose d’abord sur la protection mécanique, avec des vêtements couvrants, éventuellement complétée par des répulsifs, puis sur la détection et le retrait rapides des tiques après exposition. Selon eux, aucune situation ne justifie en France un traitement antibiotique préventif systématique après une piqûre.

Les analyses à associer

  • Protéine C réactive : pour évaluer une inflammation.
  • Sérologie syphilis et sérologie Epstein-Barr : pour écarter d’autres infections.

À retenir

  • La sérologie de Lyme se fait en deux temps : ELISA, puis Western blot si positif.
  • Elle est souvent négative au stade de l’érythème migrant, qui se diagnostique à l’examen.
  • Elle est performante pour les formes neurologiques, articulaires et cutanées tardives.
  • Une sérologie positive ne prouve pas une maladie en cours.
  • Pour les sportifs de nature, la prévention et l’inspection de la peau restent la clé.

Testez-vous

4 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Faut-il une sérologie devant un érythème migrant typique ?

  2. 02Comment se déroule la sérologie de Lyme ?

  3. 03Une sérologie positive prouve-t-elle une maladie de Lyme en cours ?

  4. 04Quelle est la principale prévention pour un traileur ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 2

  1. 1HAS. Borréliose de Lyme et autres maladies vectorielles à tiques : performances des tests diagnostiques recommandés, fiche de synthèse de la recommandation de bonne pratique, juin 2018.
  2. 2Figoni J, Chirouze C, Hansmann Y, et al. Lyme borreliosis and other tick-borne diseases. Guidelines from the French Scientific Societies (I): prevention, epidemiology, diagnosis. Med Mal Infect. 2019;49(5):318-334. PMID 31097370.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.