Ce que mesure l’analyse
La maladie de Lyme, ou borréliose de Lyme, est due à des bactéries du groupe Borrelia burgdorferi, transmises par la piqûre de tiques. En France, la tique en cause est Ixodes ricinus, présente dans les forêts, les prairies et les jardins. Selon les sociétés savantes françaises (Figoni et al., Médecine et Maladies Infectieuses, 2019), l’incidence est estimée à environ 53 cas pour 100 000 habitants par an.
La forme la plus fréquente est l’érythème migrant, une plaque rouge qui s’étend autour du point de piqûre, quelques jours à quelques semaines après. Plus rarement, la bactérie atteint les nerfs (moins de 15 % des cas, surtout des atteintes des racines nerveuses et des paralysies faciales), les articulations (surtout une arthrite du genou qui récidive) ou, très rarement, le cœur et les yeux.
La sérologie recherche les anticorps produits contre ces bactéries.
Comment se passe le prélèvement
C’est une prise de sang classique, sans préparation. La HAS (2018) décrit une stratégie en deux temps : un premier test de dépistage, l’ELISA, puis, s’il est positif, un test de confirmation, le Western blot, qui identifie les protéines de la bactérie reconnues par les anticorps.
Notez la date et l’endroit de la piqûre, ainsi que l’aspect de la peau dans les semaines qui suivent : ces informations aident le médecin à décider si la sérologie est utile et à l’interpréter.
Pour certaines atteintes, d’autres prélèvements sont utiles : liquide céphalorachidien pour les atteintes neurologiques, liquide articulaire ou biopsie pour les arthrites, biopsie de peau pour certaines formes cutanées.
Comment lire le résultat
Le résultat est qualitatif : négatif, douteux ou positif pour l’ELISA, puis interprétation du Western blot. Il n’existe pas de repère chiffré commun : les seuils dépendent des trousses.
Ce qui compte vraiment, c’est le moment et le contexte. Selon la HAS, à la phase de l’érythème migrant, la sérologie n’est positive que dans 30 à 40 % des cas, et dans environ 60 % si elle est refaite 4 à 6 semaines après le début des signes. Elle n’aide donc pas devant un érythème migrant typique, qui se diagnostique à l’examen.
À l’inverse, pour les formes plus tardives, la sérologie est performante. La HAS rapporte une sensibilité moyenne de 77 % pour l’ELISA dans les formes neurologiques, de 96 % dans les arthrites et de 97 % dans l’acrodermatite chronique atrophiante, une atteinte de la peau des membres, avec une spécificité de 92 à 95 %.
Une sérologie positive ne prouve pas une maladie en cours : les anticorps peuvent persister après une infection ancienne ou apparaître chez des personnes exposées sans être malades. Le diagnostic repose toujours sur les signes cliniques. Au moindre doute après une piqûre de tique, la bonne démarche est donc de montrer la peau au médecin plutôt que de demander d’emblée une sérologie.
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est élevé pour la stratégie en deux temps, recommandée par la HAS et les sociétés savantes françaises. Le sujet reste pourtant débattu : la fiche de synthèse de la HAS de 2018 signale le désaccord d’une fédération sur la partie consacrée aux tests sérologiques.
Figoni et ses collègues (2019) rappellent que la prévention repose d’abord sur la protection mécanique, avec des vêtements couvrants, éventuellement complétée par des répulsifs, puis sur la détection et le retrait rapides des tiques après exposition. Selon eux, aucune situation ne justifie en France un traitement antibiotique préventif systématique après une piqûre.
Les analyses à associer
- Protéine C réactive : pour évaluer une inflammation.
- Sérologie syphilis et sérologie Epstein-Barr : pour écarter d’autres infections.
À retenir
- La sérologie de Lyme se fait en deux temps : ELISA, puis Western blot si positif.
- Elle est souvent négative au stade de l’érythème migrant, qui se diagnostique à l’examen.
- Elle est performante pour les formes neurologiques, articulaires et cutanées tardives.
- Une sérologie positive ne prouve pas une maladie en cours.
- Pour les sportifs de nature, la prévention et l’inspection de la peau restent la clé.