Ce que mesure l’analyse
Helicobacter pylori est une bactérie qui vit dans l’estomac. Selon Mayo Clinic Laboratories, elle est reconnue comme la cause de la gastrite chronique active, de l’ulcère du duodénum et de certaines dyspepsies, c’est-à-dire des douleurs ou gênes du haut du ventre. Le consensus européen de Maastricht VI (Malfertheiner et al., Gut, 2022) la considère comme une maladie infectieuse à part entière.
La sérologie recherche dans le sang les IgG dirigées contre la bactérie. Elle montre un contact avec H. pylori, mais ne dit pas si la bactérie est encore présente.
Comment se passe le prélèvement
C’est une prise de sang classique, sans préparation. C’est un avantage réel : contrairement au test respiratoire et à l’antigène dans les selles, la sérologie n’est pas faussée par les médicaments qui diminuent l’acidité de l’estomac (inhibiteurs de la pompe à protons, ou IPP) ni par des antibiotiques récents. La HAS (2017) la recommande d’ailleurs quand des antibiotiques ont été pris dans les quatre semaines ou des IPP dans les deux semaines précédentes.
Comment lire le résultat
Le résultat est qualitatif : positif ou négatif, avec un seuil propre à chaque trousse. La HAS demande d’utiliser des réactifs dont la sensibilité et la spécificité atteignent au moins 90 %.
- positif : contact avec la bactérie ; la HAS indique qu’un résultat positif doit conduire à une gastroscopie, avec des biopsies ;
- négatif : infection peu probable avec un réactif performant.
La gastroscopie permet ensuite de confirmer l’infection directement. La HAS recommande des biopsies systématiques : au moins cinq pour l’examen des tissus et deux pour la culture, avec un antibiogramme qui teste la sensibilité de la bactérie aux antibiotiques.
Le point essentiel : les anticorps persistent des mois, voire des années, après l’élimination de la bactérie. La sérologie ne sert donc jamais à vérifier l’efficacité d’un traitement. La HAS le dit clairement : il est inutile de répéter une sérologie.
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est élevé pour les indications reconnues. La HAS (2017) précise quand rechercher la bactérie chez l’adulte :
- ulcère de l’estomac ou du duodénum, actuel ou passé ;
- avant un traitement par anti-inflammatoires ou aspirine à faible dose, en cas d’antécédent d’ulcère ;
- dyspepsie chronique avec une gastroscopie normale ;
- anémie par carence en fer sans cause trouvée ou résistante au fer par voie orale, carence en vitamine B12 inexpliquée ;
- risque de cancer de l’estomac : parent du premier degré atteint, syndrome de Lynch, lésions précancéreuses ;
- lymphome du MALT de l’estomac, chirurgie de l’obésité qui isole une partie de l’estomac, purpura thrombopénique immunologique.
Le consensus de Maastricht VI confirme que la sérologie a une valeur particulière en cas d’ulcère qui saigne, de lymphome du MALT, de cancer ou d’atrophie de l’estomac, ou de prise récente d’antibiotiques ou d’IPP : autant de situations où les tests qui détectent directement la bactérie peuvent être faussement négatifs. Il rappelle aussi qu’elle ne peut pas servir à contrôler l’éradication, mission réservée au test respiratoire à l’urée marquée et à la recherche d’antigène dans les selles. Le test respiratoire au carbone 13 y est décrit comme largement utilisé, pour le diagnostic comme pour ce contrôle ; la HAS juge ces deux tests performants avant traitement.
Les analyses à associer
- Antigène Helicobacter pylori dans les selles et test respiratoire à l’urée marquée : la présence actuelle de la bactérie.
- Pepsinogènes I et II : l’état de la muqueuse de l’estomac.
- Ferritine : une carence en fer à expliquer.
À retenir
- La sérologie montre un contact avec H. pylori, présent ou passé.
- Elle n’est pas faussée par les IPP ni par les antibiotiques récents.
- Elle ne sert jamais à vérifier l’éradication : les anticorps persistent longtemps.
- Un résultat positif conduit à une gastroscopie, selon la HAS.
- La HAS demande des réactifs d’au moins 90 % de sensibilité et de spécificité.