Ce que mesure l’analyse
Le virus d’Epstein-Barr (EBV) est un virus de la famille de l’herpès, très répandu. La plupart des adultes l’ont rencontré, souvent sans s’en rendre compte. Chez l’adolescent et le jeune adulte, la première infection peut donner une mononucléose infectieuse : fièvre, angine, ganglions, grande fatigue. Comme tous les virus de cette famille, il reste ensuite dans l’organisme toute la vie, sous une forme dormante.
La sérologie recherche plusieurs anticorps, chacun dirigé contre une partie du virus et apparaissant à un moment différent :
- les IgM anti-VCA (antigène de la capside virale) : signe d’une infection aiguë ou récente ;
- les IgG anti-VCA : signe d’une infection, récente ou ancienne ;
- les IgG anti-EBNA (antigène nucléaire) : selon Mayo Clinic Laboratories, ils apparaissent 6 à 8 semaines après la première infection et restent détectables toute la vie.
Comment se passe le prélèvement
C’est une prise de sang classique, sans préparation. Le moment compte : Mayo signale qu’un prélèvement trop précoce peut ne pas encore contenir d’anticorps détectables. Un second dosage, une à deux semaines plus tard, peut alors être utile.
Signalez au laboratoire un traitement ou une maladie qui affaiblit l’immunité : le profil des anticorps peut alors être modifié.
Il existe aussi un test rapide de mononucléose, qui recherche des anticorps dits hétérophiles. Il est simple mais limité : selon Mayo, ces anticorps ne se développent pas chez environ 10 % des adultes, ni chez plus de 75 % des enfants de moins de 4 ans.
Comment lire le résultat
Le résultat est qualitatif : chaque anticorps est positif ou négatif, parfois avec un indice. C’est la combinaison qui compte. Mayo Clinic Laboratories propose cette lecture :
- tout négatif : pas de contact antérieur avec le virus ;
- IgM et IgG anti-VCA, sans anti-EBNA : infection récente ;
- IgG anti-VCA et anti-EBNA, sans IgM : infection ancienne, le profil le plus fréquent chez l’adulte ;
- tout négatif, mais symptômes évocateurs : un second prélèvement dix à quatorze jours plus tard peut être conseillé ;
- tous positifs : rétablissement récent ou réactivation possible.
Plusieurs pièges existent. Le facteur rhumatoïde peut donner de faux résultats positifs. Chez une personne immunodéprimée, les anti-EBNA peuvent baisser, voire devenir indétectables, ce qui rend les profils plus difficiles à lire. Mayo précise enfin que la recherche des IgM ne doit pas servir de dépistage en population générale : elle se demande devant des symptômes.
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est élevé : la sérologie EBV est l’examen de référence pour confirmer et dater une mononucléose, en complément de l’examen clinique et de la numération. Elle n’est pas validée pour diagnostiquer les cancers associés au virus, comme certains lymphomes ou le cancer du nasopharynx, selon Mayo.
Chez le sportif, la question pratique est la reprise. Becker et Smith (Sports Health, 2014) soulignent que la maladie, fréquente chez les jeunes athlètes, a une évolution variable et peut toucher plusieurs organes. La rate grossit souvent, et l’examen clinique la repère mal ; l’échographie a elle aussi ses limites. Les auteurs n’ont pas trouvé que l’exercice exposait à une fatigue chronique, mais il reste difficile de prévoir qui gardera des symptômes. Faute de recommandation fondée sur des preuves solides, la reprise se décide au cas par cas avec le médecin.
Les analyses à associer
- Lymphocytes et frottis sanguin : augmentation et aspect particulier des lymphocytes.
- Alanine aminotransférase : atteinte fréquente du foie.
- Sérologie cytomégalovirus : une autre cause de tableau proche.
À retenir
- La sérologie EBV combine plusieurs anticorps pour dater l’infection.
- Des IgM anti-VCA évoquent une infection récente ; des anti-EBNA, une infection ancienne.
- Le test rapide de mononucléose est souvent négatif chez le jeune enfant.
- Un prélèvement trop précoce peut être faussement négatif.
- Chez le sportif, la reprise se décide au cas par cas, à cause du risque pour la rate.