Ce que mesure l’analyse
Le virus de l’hépatite A (VHA) infecte le foie. Selon Santé publique France (2025), il se transmet surtout d’une personne à l’autre par voie féco-orale, c’est-à-dire par des mains, de l’eau ou des aliments contaminés par des selles. Les coquillages, les crudités ou un aliment préparé par une personne infectée peuvent être en cause. Les épidémies touchent souvent les collectivités, comme les crèches et les écoles.
La sérologie recherche deux types d’anticorps :
- les IgM anti-VHA, premiers anticorps produits, qui signalent une infection récente ;
- les anticorps totaux, qui regroupent IgM et IgG, et montrent une infection, récente ou passée, ou une vaccination.
Comment se passe le prélèvement
C’est une prise de sang classique. Selon Mayo Clinic Laboratories (États-Unis), les anticorps sont en général détectables dès les premiers symptômes, qui apparaissent 15 à 45 jours après la contamination. Santé publique France donne une incubation de 15 à 50 jours, de 30 jours en moyenne.
Signalez une supplémentation en biotine à forte dose : pour sa technique, Mayo demande de l’arrêter au moins 12 heures avant le prélèvement. Signalez aussi une injection récente d’immunoglobulines ou une transfusion, qui peuvent apporter des anticorps passagers.
Comment lire le résultat
Le résultat est qualitatif, positif ou négatif. Mayo Clinic Laboratories propose cette lecture :
- IgM positives : infection aiguë ou récente ; selon Mayo, elles deviennent en général indétectables dans les six mois ;
- anticorps totaux positifs, IgM négatives : immunité, par une infection passée ou par la vaccination ; le test ne permet pas de distinguer les deux ;
- anticorps totaux négatifs : pas de contact avec le virus ni de protection ; ce résultat n’exclut pas une infection tout juste débutante.
Les anticorps totaux seuls ne suffisent jamais à confirmer une hépatite A récente : c’est le rôle des IgM. Mayo précise enfin que les performances de sa trousse ne sont pas établies chez les personnes immunodéprimées ni chez les enfants de moins de deux ans.
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est élevé : selon Santé publique France, le diagnostic de l’hépatite A repose sur la détection des IgM anti-VHA.
La maladie est souvent discrète. Santé publique France indique qu’elle passe fréquemment inaperçue ou reste peu symptomatique. Quand elle s’exprime, elle donne de la fièvre, une grande fatigue, parfois des nausées, des douleurs du ventre, puis une jaunisse. Dans les pays où l’hygiène est bonne, elle touche plus souvent les adultes, qui ont plus souvent des symptômes et parfois des formes sévères. Les décès restent rares, et le virus ne provoque pas d’hépatite chronique.
L’hépatite A est une maladie à déclaration obligatoire en France. Santé publique France rapporte environ 1 200 cas déclarés par an en moyenne depuis 2006, et 423 cas en 2021, une baisse observée depuis le début de la pandémie de covid-19. Environ 40 % des cas sont contractés lors d’un séjour dans un pays où le virus circule davantage.
La prévention repose sur l’hygiène, en particulier le lavage des mains au savon, et sur la vaccination. Selon Santé publique France, le vaccin est disponible depuis 1992 ; la protection commence environ deux semaines après l’injection et dure probablement toute la vie après un schéma complet. Il est recommandé à plusieurs groupes, dont les voyageurs vers des pays où le virus est fréquent. Le médecin décide avec vous si une sérologie préalable est utile.
Les analyses à associer
- Alanine aminotransférase et bilirubine totale : l’atteinte du foie et la jaunisse.
- Taux de prothrombine : pour repérer une forme sévère.
- Sérologie hépatite E : une cause proche d’hépatite aiguë.
À retenir
- Le virus de l’hépatite A se transmet surtout par les mains, l’eau ou les aliments contaminés.
- Les IgM confirment une infection récente.
- Des anticorps totaux positifs sans IgM traduisent une protection.
- L’hépatite A ne devient jamais chronique.
- L’hygiène des mains et la vaccination sont les deux piliers de la prévention.