Ce que mesure l’analyse
Le virus de l’hépatite E (VHE) infecte le foie. Selon Santé publique France (2025), c’est en France l’une des causes les plus fréquentes d’hépatite virale aiguë, alors qu’elle reste moins connue que les autres. Le virus circule de façon permanente dans le pays, surtout sous la forme du génotype 3, un type de virus transmis de l’animal à l’homme.
En France, la contamination vient surtout de la viande d’animaux infectés mal cuite, en particulier le foie de porc cru : figatelli, saucisses de foie sèches, viande et abats de sanglier ou de cerf. L’eau contaminée, les crudités souillées ou les coquillages sont plus rarement en cause, comme, très rarement, une transfusion ou une greffe.
La sérologie recherche les IgM et les IgG anti-VHE. La recherche directe du matériel génétique du virus, l’ARN, dans le sang ou les selles, complète souvent le bilan.
Comment se passe le prélèvement
C’est une prise de sang classique, sans préparation. Mayo Clinic Laboratories (États-Unis) refuse les sérums très hémolysés, très riches en graisses ou très jaunes pour son test des IgG.
Le moment compte. L’incubation dure de deux à huit semaines, une quarantaine de jours en moyenne, selon Santé publique France. Mayo précise qu’un résultat négatif n’exclut pas une infection de moins de deux mois et qu’un contrôle des IgM et des IgG un à deux mois plus tard est nécessaire pour affirmer une infection récente.
Comment lire le résultat
Le résultat est qualitatif. Santé publique France donne les règles de lecture :
- l’infection aiguë se définit par la présence d’IgM ou du virus dans le sang ou les selles ;
- des IgG isolées traduisent une exposition passée.
Selon Mayo, les IgG persistent en général plusieurs années après l’infection, ce qui en fait le test de choix pour savoir si une personne a déjà été exposée. Un résultat limite peut correspondre à une infection récente avec des IgG qui montent, ou à une réaction croisée : Mayo conseille un nouveau dosage quatre à six semaines plus tard.
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est élevé : le diagnostic repose sur la sérologie et la recherche du virus, définies par Santé publique France et appuyées par le Centre national de référence, qui caractérise les souches.
La maladie est le plus souvent silencieuse : 65 à 95 % des infections ne donnent aucun symptôme. Quand elle s’exprime, elle ressemble à l’hépatite A : fièvre, fatigue, nausées, perte d’appétit, douleurs du ventre, et une jaunisse dans 68 à 86 % des formes avec symptômes. Le virus peut aussi toucher d’autres organes, notamment les nerfs, avec par exemple un syndrome de Guillain-Barré.
La plupart des cas disparaissent seuls en trois à cinq semaines. Les formes graves surviennent surtout chez les personnes qui ont déjà une maladie chronique du foie. Chez les personnes immunodéprimées, comme les greffés, le génotype 3 peut devenir chronique et évoluer rapidement vers une cirrhose. Le génotype 1, présent dans d’autres régions du monde, est grave chez la femme enceinte.
La prévention passe par la cuisine. Santé publique France recommande de cuire les produits à base de foie de porc à cœur, à 71 °C pendant 5 minutes, ou 20 minutes pour les produits complexes comme les figatelli ; le séchage n’est pas considéré comme efficace. Les personnes immunodéprimées, celles qui ont une maladie chronique du foie et les femmes enceintes doivent éviter ces produits, même cuits. Aucun vaccin n’est commercialisé en France.
Les analyses à associer
- Alanine aminotransférase et bilirubine totale : l’atteinte du foie et la jaunisse.
- Sérologie hépatite A et sérologie hépatite B : pour écarter d’autres causes virales.
À retenir
- L’hépatite E est l’une des causes les plus fréquentes d’hépatite aiguë en France.
- Elle vient surtout de la viande de porc ou de gibier mal cuite, en particulier le foie cru.
- Des IgM ou le virus détecté signent une infection aiguë ; des IgG isolées, une exposition passée.
- Elle peut devenir chronique chez les personnes immunodéprimées.
- La cuisson à cœur est la principale prévention.