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SangInfections et sérologiesPreuve validée

Sérologie syphilis

Aussi appelée TPHA · VDRL · RPR · Test tréponémique

La sérologie de la syphilis associe un test qui vise la bactérie elle-même et un test qui mesure l'activité de l'infection. Ensemble, ils permettent de dépister, de dater grossièrement et de suivre l'infection.

Pourquoi on la demande

  • Dépister une syphilis après une prise de risque ou lors d'un bilan d'infections sexuellement transmissibles.
  • Faire le dépistage prévu au premier examen prénatal de la grossesse.
  • Explorer un chancre, une éruption ou des signes évocateurs, avec le médecin.
  • Suivre la réponse au traitement grâce au titre du VDRL ou du RPR.
  • Rechercher une réinfection chez une personne déjà traitée.

Ce qui peut la fausser

  • Test trop précoce : la séroconversion survient en général trois à cinq semaines après l'exposition, parfois jusqu'à trois mois.
  • VDRL ou RPR faussement positifs : infections virales, mononucléose, toxoplasmose, paludisme, maladie de Lyme, lupus, polyarthrite rhumatoïde, myélome, âge avancé, grossesse.
  • Test tréponémique faussement positif : maladies auto-immunes, maladie de Lyme, usage de drogues injectables.
  • Tréponématoses non vénériennes (pian, béjel) : aucun test ne les distingue de la syphilis.
  • Suivi : VDRL et RPR ne se comparent pas entre eux ; il faut garder la même technique, si possible le même laboratoire.
  • Phénomène de zone : un VDRL peut être faussement négatif quand les anticorps sont très abondants.

Causes d’une valeur haute

  • Syphilis récente non traitée
  • Syphilis ancienne traitée : le test tréponémique reste souvent positif
  • Réinfection ou réactivation : titre du VDRL multiplié par quatre
  • Tréponématose non vénérienne contractée en zone d'endémie
  • Faux positif biologique

Prise de sangBilan d'infections sexuellement transmissibles ; premier examen prénatal ; suivi après traitement (VDRL ou RPR quantitatif).

qualitatif ; titre pour le VDRPreuve validée5 sources

Ce que mesure l’analyse

Ce test recherche les anticorps produits contre la bactérie de la syphilis. Un premier test signale un contact avec la bactérie, un second mesure l'activité de l'infection et sert à suivre l'effet du traitement.

Lire l’explication

À lire avec

Ce que mesure l’analyse

La syphilis est une infection sexuellement transmissible due à une bactérie, Treponema pallidum. Elle évolue par stades : un chancre, c’est-à-dire une petite plaie souvent indolore au point de contact, puis des éruptions, puis une phase silencieuse. Elle peut aussi se transmettre de la mère à l’enfant pendant la grossesse.

La sérologie repose sur deux familles de tests :

  • les tests tréponémiques (TPHA, TPPA, tests immunoenzymatiques dits EIA ou CMIA) détectent des anticorps dirigés contre la bactérie elle-même ;
  • les tests non tréponémiques (VDRL, RPR) détectent des anticorps qui ne visent pas directement la bactérie et apparaissent quand l’infection abîme les tissus. C’est pourquoi d’autres maladies peuvent aussi les faire apparaître.

En 2015, la HAS a recommandé de remplacer l’association systématique des deux tests par un seul test tréponémique immunoenzymatique en dépistage, confirmé, s’il est positif, par un test non tréponémique quantitatif, c’est-à-dire rendu sous forme de titre.

Comment se passe le prélèvement

C’est une prise de sang classique, sans préparation. Le moment compte. Selon Eurofins Biomnis, l’incubation dure en moyenne 21 jours (de 10 à 90 jours) et la séroconversion survient en général trois à cinq semaines après l’exposition, parfois jusqu’à trois mois. Un test trop précoce peut donc être négatif. En cas de résultats discordants, un nouveau prélèvement au moins une semaine plus tard est conseillé.

Pendant la grossesse, le dépistage de la syphilis fait partie du premier examen prénatal, comme le rappelle la HAS (2009) en citant le code de la santé publique.

Comment lire le résultat

Le test tréponémique est rendu positif ou négatif. Le VDRL ou le RPR est rendu en titre : la plus forte dilution du sérum qui reste positive, par exemple au 1/8 ou au 1/32. Eurofins Biomnis résume la lecture des profils, d’après la Société française de dermatologie :

  • les deux tests positifs : tréponématose, active ou ancienne selon le contexte et le titre ;
  • test tréponémique seul positif : syphilis ancienne traitée, syphilis tout juste débutante ou faux positif ;
  • VDRL seul positif : faux positif biologique ou syphilis débutante, à contrôler ;
  • les deux négatifs : pas de syphilis, sauf infection très récente.

Pour le suivi, le CDC (2021) rappelle qu’un changement n’est significatif qu’à partir d’un facteur quatre, soit deux dilutions, par exemple de 1/16 à 1/4. Il faut garder la même technique : le VDRL et le RPR ne se comparent pas, le RPR donnant souvent des titres un peu plus élevés. Selon Eurofins Biomnis, une baisse d’un facteur quatre ou une négativation témoigne d’une bonne réponse au traitement ; une hausse d’un facteur quatre évoque une réinfection.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est élevé : la stratégie en deux temps est recommandée par la HAS et par le CDC. Le CDC précise que la plupart des tests tréponémiques restent positifs à vie, mais que 15 à 25 % des personnes traitées au stade du chancre redeviennent négatives après deux à trois ans. Le titre des tests tréponémiques ne prédit pas la réponse au traitement.

La syphilis progresse en France. Selon Santé publique France, environ 6 500 personnes ont été diagnostiquées en 2024 d’après les données de l’Assurance maladie. L’incidence a augmenté de 12 % entre 2022 et 2024, plus fortement chez les femmes (+24 %) que chez les hommes (+10 %). Les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes restent majoritaires, mais la hausse chez les femmes fait craindre davantage de transmissions de la mère à l’enfant.

Les analyses à associer

  • Sérologie VIH et sérologie hépatite B : le même bilan d’infections sexuellement transmissibles.
  • Anticorps antiphospholipides : pour comprendre un VDRL positif sans syphilis.
  • Sérologie de la maladie de Lyme : une source de réactions croisées.

À retenir

  • Le dépistage commence par un test tréponémique, confirmé par un VDRL ou un RPR quantitatif.
  • Le test tréponémique reste le plus souvent positif à vie, même après traitement.
  • Le titre du VDRL ou du RPR sert au suivi : seul un changement d’un facteur quatre compte.
  • Un test trop précoce peut être négatif : la séroconversion prend plusieurs semaines.
  • La syphilis augmente en France, notamment chez les femmes.

Testez-vous

5 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Après une syphilis traitée, le test tréponémique…

  2. 02Quel test sert à suivre la réponse au traitement ?

  3. 03Quelle baisse du VDRL est significative ?

  4. 04Un VDRL positif seul suffit-il à affirmer une syphilis ?

  5. 05Un test fait quelques jours après une prise de risque est négatif. Est-ce rassurant ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 5

  1. 1HAS. Modification de la Nomenclature des actes de biologie médicale pour la recherche de Treponema pallidum, bactérie responsable de la syphilis, 2015 — résumé INAHTA Brief 2015/013.
  2. 2Workowski KA, Bachmann LH, Chan PA, et al. Sexually Transmitted Infections Treatment Guidelines, 2021. MMWR Recomm Rep. 2021;70(4):1-187. PMID 34292926.
  3. 3Eurofins Biomnis. Précis de biopathologie, analyses médicales spécialisées : Syphilis, 2015 (interprétation d'après Janier M., Société française de dermatologie).
  4. 4Santé publique France. VIH et IST bactériennes en France : bilan 2024, publié le 23 octobre 2025.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.