Ce que mesure l’analyse
Mycoplasma pneumoniae est une bactérie qui infecte les voies respiratoires. Elle donne des bronchites et des pneumonies dites « atypiques », qui touchent beaucoup l’enfant et le jeune adulte. Selon Mayo Clinic Laboratories, elle est associée à environ 20 % des pneumonies acquises en dehors de l’hôpital. Elle peut aussi entraîner des complications hors des poumons, les plus fréquentes touchant le système nerveux et le cœur.
La sérologie recherche deux types d’anticorps : les IgM, qui apparaissent en premier, et les IgG, qui apparaissent ensuite et persistent plus longtemps.
Comment se passe le prélèvement
C’est une prise de sang classique, sans préparation. Le moment compte. Au début de la maladie, les anticorps peuvent encore être indétectables. Mayo propose alors un second prélèvement 14 à 21 jours après le premier, et un nouveau contrôle 10 à 14 jours plus tard en cas d’IgG équivoques.
Pour diagnostiquer une infection aiguë, Mayo indique que la méthode préférée est la détection moléculaire : la PCR en temps réel, qui recherche le matériel génétique de la bactérie dans un prélèvement respiratoire, est rapide et sensible.
Comment lire le résultat
Le résultat est qualitatif : positif, négatif ou équivoque. Mayo Clinic Laboratories propose cette lecture :
- IgG positives, IgM négatives : exposition passée ;
- IgG et IgM positives : exposition antérieure détectée, infection récente possible ;
- IgG et IgM négatives : une infection aiguë n’est pas exclue, les anticorps pouvant être encore trop bas.
La confirmation sérologique repose sur une hausse d’un facteur quatre des IgG entre deux prélèvements, quelques semaines après le début de la maladie. Mayo rappelle que la réponse IgM peut être variable chez l’adulte et diminuée chez la personne immunodéprimée, et que le diagnostic ne doit jamais reposer sur la seule sérologie.
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est intermédiaire : la sérologie est couramment utilisée, mais elle a des limites bien établies et la PCR lui est préférée pour l’infection aiguë.
Une limite surprend souvent : le portage sans symptôme. Spuesens et ses collègues (PLoS Medicine, 2013) ont recherché la bactérie dans les voies respiratoires hautes de 726 enfants néerlandais. Ils l’ont trouvée chez 21,2 % des enfants sans symptôme et 16,2 % des enfants malades, une différence non significative. Ni la sérologie, ni la PCR quantitative, ni la culture ne permettaient de distinguer un simple portage d’une infection. Deux microbes ou plus étaient retrouvés chez plus de la moitié des enfants, malades ou non. La bactérie pouvait persister jusqu’à quatre mois, mais la plupart des enfants suivis étaient redevenus négatifs au bout d’un mois.
La France a connu une épidémie récente. Selon Santé publique France, une épidémie d’intensité inhabituelle a touché les enfants et les jeunes adultes à partir de novembre 2023, avec un pic début janvier 2024. En ville, la proportion de sérologies IgM positives a fortement augmenté chez les 5 à 44 ans entre fin octobre 2023 et fin janvier 2024. À l’hôpital, la surveillance repose sur la PCR, dont le taux de positivité a fortement augmenté entre octobre 2023 et la mi-janvier 2024 ; les passages aux urgences et les visites de SOS Médecins pour pneumonie ont, eux, nettement monté de fin octobre à fin décembre 2023. Fin mars 2024, les indicateurs se stabilisaient, mais restaient au-dessus des niveaux d’avant la pandémie de covid-19.
Les analyses à associer
- Sérologie Chlamydia pneumoniae : une autre cause de pneumonie atypique.
- Protéine C réactive, procalcitonine et globules blancs : l’intensité de l’inflammation et de l’infection.
À retenir
- Mycoplasma pneumoniae est une cause fréquente de pneumonie chez l’enfant et le jeune adulte.
- Pour une infection aiguë, la PCR est préférée à la sérologie.
- Une seule sérologie conclut rarement : deux prélèvements espacés sont souvent utiles.
- Une hausse des IgG d’un facteur quatre confirme l’infection.
- Le portage sans symptôme est fréquent chez l’enfant.